C’est un truisme de dire que ces trois vertus font cruellement défaut dans le débat démocratique nigérien. Au lieu de faire un débat d’idées, beaucoup de mes concitoyens optent pour la facilité à savoir les attaques personnelles, les insultes et autres reflexes grégaires.

« L’altérité est un concept philosophique forgé par le philosophe français Emmanuel Levinas, qui aspirait à une manière nouvelle de penser, plus ouverte, plus créatrice pour échapper aux modèles du XXe siècle. Sa philosophie est une recherche sur la relation avec autrui. Altérité signifie « le caractère de ce qui est autre » ou la reconnaissance de l’autre dans sa différence, aussi bien culturelle que religieuse ».

De ce point de vue, mon approche vis-à-vis de l’autre ou autrui devrait être forcément dialogique. Le dialogue signifie par essence au moins deux sujets différents en interaction. Et on le sait, pour que l’échange soit possible il faut de la tolérance, l’écoute et le respect de l’Autre. Autrement aucune vie sociale ne serait possible.

Quant à l’empathie, le blog des rapports humains nous dit ceci : « D’après Jean Decety, neurobiologiste, professeur à l’université de Washington, et directeur du laboratoire Social Cognitive Neuroscience à Seattle, l’empathie ne peut s’envisager que lorsque la personne fait l’expérience d’une réponse émotionnelle face à l’émotion d’autrui. De plus, la personne doit être capable d’effectuer une distinction entre soi et autrui et de réguler ses propres réponses émotionnelles. Voici donc une définition de l’empathie : Trait de personnalité caractérisé par la capacité de ressentir une émotion appropriée en réponse à celle exprimée par autrui, d’effectuer une distinction entre soi et autrui (c’est-à-dire être conscient de la source de l’émotion et pouvoir décoder l’émotion d’autrui) et de réguler ses propres réponses émotionnelles. »

Ainsi rappelés, un effort doit être fait pour que ces vertus soient prises en compte dans nos débats. Sans ces valeurs, nos joutes « démocratiques » se transformeront en batailles rangées et conflits identitaires. Déjà l’ignorance aidant, on entend des insultes gênantes médiatisées en lieu et place d’arguments ou débats d’idées. Dans ce contexte, vous avez beau raisonné, vous êtes voué aux gémonies ou traité de tous les noms d’oiseaux d’Israël. Importe peu votre qualité (journaliste, universitaire etc.), il y a toujours de « pauvres cons », comme dirait Sarkozy à vouloir vous faire la leçon sur des sujets ou domaines qu’ils ne sont pas habilités à discuter avec vous.

Il faut simplement dire non à ces « lyncheurs en série » qui au lieu de faire entendre leur cause par le bon sens et la bonne communication, préfèrent montre de « bêtise humaine ». Vous ne pouvez pas taire ceux qui ont choisi comme métier d’informer les citoyens. Même lorsque leurs idées ou opinions ne vous plaisent pas, faites montre de plus d’imagination pour formuler vos répliques.

Karl Marx, grand reporteur de son époque écrivait « Quand nous avons choisi l’arme qui nous permet le mieux d’agir pour le bien de l’humanité, les charges ne sauraient nous abattre. »

ems

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