La rupture semble être désormais consommée  entre le Président nigérien M. M. Mahamadou Issoufou et son ancien ministre d’état M. Amadou Boubacar Cissé, qui vise désormais la présidence de la République et se pose en principal challenger du président sortant. Dans une interview au vitriol parue dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, le président de l’Union pour la Démocratie et la République (UDR-Tabbat) a réglé ses comptes avec le président actuel et son régime. «Mahamadou Issoufou doit comprendre que la stabilité n’est pas seulement l’affaire des urnes. C’est aussi un climat apaisé et respectueux des forces politiques entre elles. La dérive autocratique du président et de son groupe est un facteur d’instabilite» a estimé l’ancien ministre

Ni avec le pouvoir, ni avec l’opposition

«Mon objectif est de me placer au centre, ni avec le pouvoir, ni avec l’opposition, mais dans une posture de rassemblement avec ceux qui veulent construire le Niger. »  a ajouté M. Cissé.

Mais si le bilan du régime actuel est mauvais, l’ancien ministre d’état est certainement pour beaucoup de choses. Avec le super ministère d’Etat du Plan, de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, M. Amadou Boubacar Cissé avait la «coquille» la plus pleine du gouvernement Brigi Rafini et les cadres de son parti faisaient la pluie et le beau temps après le départ du FA-Lumana  et de son président M. Hama Amadou de la mouvance présidentielle.

Pourquoi avoir attendu quatre bonnes années pour rompre avec le président Issoufou ? Si les membres du principal parti au pouvoir. Le PNSD-Tarayya lui mettaient les bâtons dans les roues et l’empêchaient «de faire son travail », pourquoi n’avoir pas choisi de démissionner de lui-même pour marquer son profond désaccord avec les pratiques du régime? Pourquoi aussi même après le limogeage de son président, l’UDR-Tabbat avait  choisi de continuer à soutenir les actions du président à travers la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN), N’est-ce pas une façon pour les cadres de ce parti de continuer à jouir des avantages du pouvoir et des positions acquises au nom de l’appartenance de leur parti à la majorité présidentielle ?

«J’aurais d’ailleurs pu démissionner mais je ne l’ai pas fait pour montrer que la rupture venait du PNDS et pas de moi » a expliqué M. Amadou Boubacar Cissé pour se défendre, une explication qui n’a guère convaincue. A la tête de son super ministère, M. Cissé privilégiait plus les commissions à toucher que l’intérêt supérieur du Nigérien et contribuait à endetter lourdement le pays estime-t-on dans le camp présidentiel.

A la tête d’un «petit parti », Cissé vise très haut

Dans tous les cas certains observateurs estiment que M. Amadou Boubacar Cissé n’est pas un homme nouveau sur la scène politique nationale et ne peut aussi facilement se faire une certaine virginité  politique. Exclu du Mouvement National pour la Société de Développement en 1996 pour avoir accepté le poste de premier ministre (offert par Mahamane Ousmane) contre l’avis de son parti, M. Cisse avait rejoint le parti du feu président Baré Mianassara, le RDP-Jamat. Battu à plat couture en 1998 par le Docteur Hamid Algabit à la présidence de ce parti, M. Amadou Boubacar Cissé avait alors décide  de lancer sa propre formation politique, l’UDR-Tabbat. Malgré les moyens colossaux déployés, cette petite formation politique peine à s’imposer sur la scène nationale. Entendre le président de l’UDR-Tabbat s’autoproclamer (comme par coup de baguette magique) «principal challenger » du président sortant le président Mahamadou Issoufou étonne plus d’un observateur. Mais le jour dit-on chez nous ne ment pas et en Février prochain, on saura vraiment combien pèse ABC.

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