Annoncé avec fastes à plusieurs reprises, le retour du Fugitif s’est finalement confirmé le samedi 14 novembre 2015 à bord d’un vol Air France en provenance de Paris, un vol qui avait pris un léger retard suite aux sanglants attentats terroristes qui ont frappé la capitale française la veille.

Trois jours auparavant, au cours d’une interview accordée à la chaîne de télé ‘’Vox Africa’’, le Fugitif confirmait son retour au Niger non sans une peur bleue au ventre, sur un ton pathétique qui est le propre de Tawaye Baba à chaque fois qu’il se trouve dans une mauvaise passe. Ainsi, après un peu plus d’une année passée en exil en France, le Fugitif, visiblement lassé de vivre loin de sa famille et des militants du Lumana/FA et visé par une plainte en France pour harcèlement sexuel, s’est résolu à rentrer au bercail et se constituer prisonnier.

Au niveau du Lumana, pour ce retour inespéré, on avait voulu voir les choses en grand pour célébrer cet événement historique à graver de d’une pierre blanche dans la mémoire collective de tous les hamistes, avec la confection de tee-shirts, des casquettes, des écharpes et autres gadgets frappés à l’effigie du Fugitif. Il était prévu un accueil grandiose à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey à la gloire de Tawèye Baba, suivi d’une grande parade dans les rues de la capitale pour clore avec un méga meeting au siège du Lumana.

La veille de l’événement, Soumana Sanda, le coordonnateur régional Lumana de Niamey, était sur les plateaux des télés privées de la place pour annoncer, sur un ton martial et avec des airs gonflés, le déroulé des festivités et défier les autorités publiques quant aux intentions de ces dernières d’interdire toutes manifestations susceptibles de troubler l’ordre public.

Malheureusement pour les lumanistes, la grande fête projetée n’a pas pu avoir lieu, car dès le vendredi soir, tous les ténors du parti ont été interpellés par la Police et conduits à la cellule anti-terroriste. Très tôt dans la matinée, les forces de l’ordre se sont déployées sur les principaux axes menant à l’aéroport, anéantissant ainsi la volonté insurrectionnelle des fous de Hama Amadou, ‘’le Sékou’’ (un gourou sectaire) des lumanistes, qui ne voulaient rien voir et rien entendre. Dispersés à coups de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre, les aficionados de Sékou Hama Amadou n’étaient plus qu’une cohorte disparate de gamins, de badauds et autres curieux qui prennent habituellement du plaisir à ‘’taquiner’’ les forces de l’ordre uniquement pour assouvir le penchant anarchiste qui sommeille en chacun de nous.

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Les cerveaux de l’insurrection (Soumana Sanda et consorts) ayant été mis hors d’état de nuire, tout s’est finalement effondré comme un château de cartes, la suite ne fut qu’une question d’improvisation vouée d’avance à l’échec. Il conviendrait ici de tirer un grand chapeau au Ministre de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou, affectueusement appelé Mass, qui a promis et tenu parole lorsqu’il affirmait, répondant aux affabulations du Fugitif sur son retour au Niger, que Hama Amadou serait arrêté dès qu’il aurait foulé le sol nigérien. On aura fait couler beaucoup de salive et d’encre à propos du retour au Niger du Fugitif.

Tout et son contraire avaient été avancés à propos de l’arrivée du Fugitif sur certains médias, sur les réseaux sociaux, dans des meetings politiques. D’après toutes ces professions de foi, non seulement Hama Amadou rentrerait ‘’tranquillos’’ au Niger, mais en plus, il serait triomphalement accueilli par ses fans comme un héros de guerre, escorté dès sa descente d’avion par ses affidés jusqu’à son douillet palais de Yantala 12 et rien, strictement rien, dans leur entendement ne pouvait empêcher cela, pas même Mass le ministre de l’Intérieur, ‘’May bindiga’’ !

Pourquoi diable voulait-on, à tout prix, faire rentrer quelqu’un qui était parti par une ‘’petite porte’’ par une grande porte aujourd’hui ?

Tout le paradoxe de la situation de Hama Amadou était-là, dans cette fuite en avant pour exiger, à tort, un statut de héros pour un individu confondu dans une sordide affaire de trafic de bébés, une infraction de droit commun, somme toute ! En fait, objectivement, si Hama Amadou était sincère dans son désir de rentrer au pays pour régler son passif judiciaire, avait-il réellement besoin de tout ce folklore qui a conduit aujourd’hui des pères de familles et autres badauds en prison pour obstruction à l’exécution d’un mandat d’arrêt et rébellion contre la loi ?

En effet, comme l’a dit le Bureau du Procureur de la République, dans un communiqué rendu public, les mandats d’arrêt sont des actes régulièrement émis par les juridictions nigériennes et exécutés au quotidien dans la plus grande discrétion sans que cela donne lieu aux scènes auxquelles l’on avait assisté la semaine dernière aux abords de l’aéroport. En tout état de cause, la mystification n’a pas pu aboutir face au répondant des autorités publiques chargées d’assurer l’ordre public et la paix sociale, car dès la passerelle, Hama Amadou fut cueilli par des agents de la Gendarmerie Nationale qui lui notifièrent, poliment, le mandat d’arrêt et il s’engouffra dans une ‘’Citroën’’ qui prit la direction de Fillingué où il devait être écroué au camp pénal de cette localité tel que signifié sur le mandat d’arrêt. L’oiseau est enfin dans la cage, Dieu merci !

Zak (OPINIONS N° 279 DU 25 NOVEMBRE 2015)