Un adage de chez nous ne dit-il pas : « Quand Dieu veut tuer un chien, il lui provoque une plaie sur la tête ». Cet animal, dans ces circonstances, n’a aucune possibilité de gratter la plaie, qui finira par gangrener l’ensemble de l’organisme.

C’est l’un des présages les plus éloquents du début de la fin.

Cette image peut être transposée sur le champ politique, sur des acteurs dont la trajectoire politique est aujourd’hui des plus incertaines. Comme acteurs, les exemples les plus vivants sont ceux de Hama Amadou, ex-président de l’Assemblée nationale et président du parti Moden Fa-Lumana, Mahamane Ousmane, ex-président de la république et ex président du parti CDS Rahama et Amadou Boubacar Cissé, ex-ministre du Plan et président de l’UDR Tabbat. Il y a une semaine, Hama Amadou a brusquement interrompu son exil volontaire en France. Sous le coup d’une plainte pour harcèlement d’une femme de ses relations, il a discrètement fui pour poser momentanément sa valise à Abidjan, avant de rejoindre, selon certaines sources, la capitale togolaise. Le commissariat de police qui a reçu la plainte était sur le point de décerner un mandat d’amener contre Hama après deux convocations restées sans suite. Pourtant, c’est le même Hama, dans une logique de dénigrement de la justice nigérienne, qu’il dit inféodée au régime en place, qui claironnait sur tous les toits sa confiance en la justice fran- çaise. Une fois de plus, il prend ses jambes à son cou pour ne pas répondre à la loi.

Tout retour sur le territoire français est compromis à moins qu’il ne daigne, enfin, faire face à ses responsabilités. Mahamane Ousmane est lui aussi en conflit avec la loi, en raison de son refus de respecter les décisions de justice. Coup sur coup, en l’espace de 48 heures, eu égard à l’urgence déclarée, le Tribunal de grande instance et la Cour d’appel de Zinder, lui ont signifié qu’il n’a aucun droit à revendiquer la légitimité de la direction du CDS. De fait, le congrès du CDS qu’il a voulu organiser à Zinder est nul et de nul effet. Le plus grave, c’est que, nonobstant ces décisions de justice, ses partisans ont voulu défier la loi en organisant même des manifestations de protestation. Pour un ancien président de la république et ancien président de l’Assemblée nationale, cet acte est indigne.

Que dire enfin de Amadou Boubacar Cissé, qui a passé de longs moments à chercher le soutien des milieux politiques français et qui a fini, selon notre confrère L’Événement, par se faire prendre par un charlatan ?

En effet, ce dernier a voulu lui faire croire qu’il était possible de rallier tous les Nigériens à sa cause. L’essentiel est de débourser les moyens financiers né- cessaires. Résultat : ces démarches, tant en France que chez le charlatan se sont soldées par de cinglants échecs. Hama, Ousmane et Cissé pourront-ils encore prétendre à un destin national ?

O.Sanda (Le Républicain du 12 Novembre 2015)

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