La majorité et l’opposition ont fumé le calumet de la paix, à l’occasion de la session du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) tenue, mercredi 25 novembre, sous la présidence du Premier ministre, président du CNDP, Brigi Rafini.

Une détente politique a été observée entre les différents acteurs et qui présageait d’une prise de conscience de la classe politique, sur la nécessité de parvenir à un consensus autour des élections. Il y a eu d’abord la visite du chef de file de l’opposition, Seini Oumarou, au centre national de traitement des données du Comité du Fichier Electoral Biométrique (CFEB). Au sortir de cette visite qui l’a visiblement enrichi, il avait dit toute sa satisfaction quant au professionnalisme des équipes qu’il a trouvées à pied d’œuvre. De même, il avait rejeté les positions de ceux qui ne voulaient pas du fichier électoral alors qu’il n’était pas encore fini d’être élaboré.

Puis, il y a eu la requête de l’opposition tendant à demander la tenue de la session du CNDP sur les préparatifs des élections.

De bonnes sources, nous apprenons que la session du CNDP, qui a duré jusqu’en début d’après midi, a permis d’aboutir à un consensus fort entre la majorité, l’opposition et les partis non affiliés. Désormais, les rejets systématiques par l’opposition du chronogramme des élections élaboré par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) relativement à la séquence des élections, et du fichier électoral ne sont plus à l’ordre du jour. Tous les acteurs, toutes tendances confondues, acceptent d’aller aux élections. En rappel, l’élection présidentielle et les législatives se tendront le 21 février 2016.

Ce qui reste, c’est la finalisation du fichier électoral. Dans cette perspective, une réunion du Conseil National du Fichier Electoral (CNF), qui réunit tous les partis politiques légalement reconnus, est prévue le 2 décembre. La remise du fichier corrigé interviendra quelques jours après. Tous les délais seront respectés.

Après plusieurs boycotts, l’opposition reprend sa place au sein du CNDP. Une source proche d’un parti parmi les plus en vue de l’opposition nous apprend que cette situation avait eu pour origine les divergences au sein de l’opposition entretenues par certains petits partis dont les dirigeants seraient issus du PNDS. Sinon, l’opposition n’a jamais suspendu sa participation au processus d’élaboration du fichier. Ses militants ont continué à siéger au CFEB et à la CENI, et dirigent des délégations de supervision dans les régions.

A présent que tout est rentré dans l’ordre, chacun va fourbir ses armes pour aller à la conquête des suffrages des électeurs.

Gorel Harouna ( Le Républicain du 26 Novembre 2015 )