Le président de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI), M. Ibrahim Boubé, a présidé hier matin dans la salle de réunion de ladite institution sise au quartier Any Koira, la session plénière de la CENI. C’était en présence des membres de la Commission.

Quatre (4) points étaient inscrits à l’ordre du jour de cette session. Il s’agit de l’adoption du procès verbal de la dernière plénière qui s’est tenue le 1er octobre dernier ; des informations sur les activités de la CENI ; des informations sur les activités du CFEB à travers le Comité de suivi ; et enfin des questions diverses dont l’interpellation de la CENI par le chef de file de l’Opposition sur la circulation de spécimen de bulletins de vote d’un parti politique.

En prenant la parole à l’ouverture de la plénière, le président de la CENI a d’abord rappelé que les échéances électorales s’approchent inexorablement. Aussi, a-t-il demandé aux membres de la CENI d’œuvrer positivement pour que ces élections soient des plus transparentes et des plus crédibles possibles. Il leur a également demandé d’éviter tout comportement susceptible de créer la division au sein de la CENI, sachant que tous les regards sont braqués sur cette institution. C’est pourquoi il a rappelé quelques dispositions de la loi électorale qui doivent amener tous les acteurs, partis politiques et structures de la société civile compris, à prendre définitivement acte du fait qu’il n’est plus matériellement et juridiquement possible de modifier la séquence des élections au risque de plonger notre pays dans un vide institutionnel.

En effet, a indiqué M. Ibrahim Boubé, la loi électorale prévoit que, pour les élections régionales et municipales, le corps électoral soit convoqué 90 jours avant la date du scrutin.
C’est dire, a-t-il ajouté, que s’il faut revenir sur la séquence des élections et pouvoir respecter les délais constitutionnels notamment, ceux des présidentielles et des législatives, le corps électoral aurait dû être convoqué depuis le 14 septembre 2015; les déclarations de candidatures, l’examen et la transmission des dossiers de candidatures aux gouverneurs et préfets devaient être faits entre le 29 septembre et le 9 octobre 2015 ; la transmission aux Tribunaux de Grandes Instances pour la validation des candidatures aurait dû être faite à partir de mi-octobre 2015, et la distribution des cartes d’électeurs aurait dû commencer à partir du 13 novembre 2015.
Le président de la CENI a noté qu’aujourd’hui, toutes ces dates sont dépassées et que le débat sur la question doit être également dépassé.  »Le constat est clair, nous n’avons pas encore le fichier électoral qui constitue la colonne vertébrale du processus. Mais je voudrai rassurer et souligner que l’indisponibilité du fichier électoral au 31 octobre 2015 ne remettra pas en cause le chronogramme des élections que nous avons adopté », a souligné M. Ibrahim Boubé.
En outre, il a indiqué que le comité créé pour suivre les activités du CEFEB, dont l’autonomie et l’indépendance dans l’élaboration du fichier électoral ont été intégralement respectées, a presque terminé les opérations de correction des données. Ainsi, à Agadez, Diffa et Maradi, ces opérations de correction sont déjà terminées ; à Tillaberi, Zinder et Niamey, les travaux sont prévus pour finir hier jeudi ; tandis que les opérations de correction des données de Dosso et Tahoua sont attendues aujourd’hui vendredi.
Il a par ailleurs rassuré que le constat est que, sauf événement imprévisible et insurmontable, le fichier sera remis à temps, ce qui permettra à la CENI d’exécuter normalement son chronogramme.
Sur un tout autre plan, le président de la CENI, M. Ibrahim Boubé, a lancé un appel à tous les acteurs intervenant dans le processus électoral pour leur faire comprendre que les élections ne sont pas seulement l’affaire des formations politiques, elles engagent tous les Nigériens, et à ce titre, ils doivent jouer leur partition en vue de garantir des scrutins libres, crédibles et respectés de tous.
Il a appelé également au sens patriotique de tous les acteurs, en particulier les partis politiques et les organisations de la société civile pour qu’ils jouent un rôle positif et constructif afin d’éviter des épreuves néfastes à notre cher pays, le NIGER.  »C’est aussi le lieu de rappeler que la CENI est une institution qui assure un service public.
Elle est ouverte à tous les Nigériens, en particulier aux acteurs intervenant dans le processus électoral. De ce fait, il leur est loisible de vérifier auprès d’elle toute information qui la concerne. Cela permettra d’éviter de donner du crédit à des allégations infondées, nuisibles à la crédibilité du processus et de ce fait, à la quiétude sociale », a-t-il déclaré.
Revenant sur les activités réalisées depuis la dernière plénière, il a entre autres évoqué le lancement, dans le cadre du partenariat avec le PNUD, des commandes du matériel électoral, dont la réception est prévue pour le 15 décembre 2015 ; une mission de sensibilisation effectuée par les membres de la sous-commission Communication dans les huit (8) régions du pays; la tenue de deux (2) réunions du Comité ad hoc de suivi des travaux du CEFEB sur l’élaboration du fichier ; le lancement des travaux de la mise en place d’une plate-forme web de diffusion d’informations qui aura pour objectifs de renforcer la transparence des opérations électorales, d’informer plus rapidement le grand public notamment la diaspora nigérienne ; la tenue de la 1ère réunion du Comité de pilotage du PACEN couronnée par la signature des deux (2) conventions avec le Luxemburg et la Suisse ; et plusieurs missions d’études et de recherche de financement.
Il a souligné que la CENI a été invitée à assister aux deux réunions du CNDP en vue d’apporter certains éclaircissements relatifs au processus électoral, tout en restant totalement indépendante dans sa mission d’organisation des élections.
M. Ibrahim Boubé a assuré que les activités de la CENI vont se poursuivre davantage. Il a, à cet effet, annoncé, le début très prochain des formations à l’intention des partis politiques et des candidats indépendants sur la composition des dossiers des candidatures ainsi que la constitution des listes des candidats.

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