Un spectacle est rarement plus affligeant que celui que nous a montré M. Mahamane Ousmane ces derniers jours : un ancien président élu de la République qui, oubliant toute dignité et tout passé, faisant fi de tout respect à l’égard de lui-même et des autres, se lâche comme s’il n’avait pas été à l’école et n’avait rien été. Se comporte comme un rustre ; pire, disons-le net, comme un badaud.

Un homme d’un tel background politique et intellectuel qui, la bave de colère à la bouche, défie dans la rue les Institutions et la Justice, prétend contre vents et marées organiser une réunion interdite par la loi, et menace de coups de poing (et de morsures) tout celui qui se mettrait en travers de sa route ! Il a vraiment failli nous le faire oublier, Mahamane Ousmane avait été président de la République avant d’être chassé du palais par son chef d’état-major, pour mauvaise gestion de la cohabitation avec Hama Amadou ; plus tard, il a été président de l’Assemblée nationale pendant près de dix ans, sous le régime de Tandja, avant d’être renvoyé « à d‘autres fonctions » dans l’épilogue du « tazarcé » ; aujourd’hui, il est dans la mouvance de l’opposition, mais est-ce donc une raison pour perdre… la raison et se muer en irresponsable ?
S’il vous plaît, Monsieur le Président, épargnez-nous ce vaude-ville tropical de mauvais goût !
A l’image de Mahamane Ousmane, notre opposition politique est sujette à de terribles et graves convulsions, qui ont pour origine le vertigo ; elle donne maintenant des signes inquiétants de troubles visuels et auditifs. Comme chacun le sait, MM. Mahamane Ousmane, Hama Amadou et Seyni Oumarou n’ont rien vu et rien entendu, par exemple, des constructions de routes passant juste à côté de leurs portes. Pour l’un (Hama), c’est pardonnable, cela fait si longtemps qu’il nous a quittés et promet sans cesse de revenir ; mais il faudra bien qu’il revienne un jour, solder ses comptes avec la justice et faire face enfin à cette réalité qu’il nie sans connaître.
S’agissant des deux autres, leur mauvaise foi est bien connue, ainsi que leur propension maladive à recourir au mensonge et au dilatoire pour promouvoir leur carrière politique… de la plus mauvaise des manières. Ainsi, c’est avec beaucoup d’hypocrisie que ces «leaders » apprécient le bilan du président Issoufou, sous le magistère duquel pourtant, retiendra l’histoire, les campagnes nigériennes ont été sillonnées par des centaines de kilomètres de pistes rurales et de routes bitumées, et parsemées d’écoles, de centres de santé, de forages et de terres irriguées ; c’est grâce à la vision et à la capacité d’anticipation du président Issoufou que le Niger est resté un îlot de paix et de stabilité dans une sous-région troublée, ce qui permet aux Seyni Oumarou et Salatou de vaquer tranquillement à leurs occupations préférées que sont l’insulte et la sape du régime et de ses Institutions, quand ils ne trafiquent pas les diplômes et les CV.
Notre pays va aux élections, et plus celles-ci s’approchent, plus le ton monte à l’opposition, d’oùl’on entend même fuser du « baba bandé ! »La Cour constitutionnelle, disent les opposants, est récusée par eux, mais c’est au président de la République d’accepter, pour leur plaisir, d’enfreindre la loi en dissolvant cette cour; la CENI et le CFEB ne leur plaisent pas, bien que leurs délégués y siègent régulièrement, et que toutes ces instances soient fondées sur les textes et lois concoctés avec eux ; donc il faut les recomposer, reprendre tout leur travail et ainsi, fouler au pied les délais légaux du mandat. Dans quel but non avoué ? Seule l’opposition le sait…
Telle un être atteint de fièvre dans certains cas, l’opposition délire. Elle veut tout. Puis, non, elle ne veut rien. Et finalement, elle ne sait plus ce qu’elle veut. Elle ferait mieux de guérir rapidement de ses petites maladies et se préparer enfin à aller aux élections.
Maï Riga