Niamey s’est réveillée dans un calme et un silence assourdissants. On apprend que Hama Amadou se trouverait au centre de détention de Filingué, une prison coloniale. L’on déplore un mort accidentel lié aux événements d’hier. Mais faudrait-il préciser que le mort d’hier n’est pas du tout le jeune ensanglanté et exposé sur les réseaux sociaux.

Si vous êtes curieux, Google recherche vous convaincra que le jeune en question est mort il y a un an de cela. Tout comme l’agent des FDS qui frappait son collègue qu’on voudrait présenter comme des nigériens n’est que de la supercherie. Ce sont des éléments burkinabè.

L’on déplore également une dizaine des leaders du parti Lumana Fa arrêtés subséquemment à la manifestation du 14 Novembre dans le cadre du retour au forceps de Hama Amadou. Le moins qu’on puisse dire les autorités avaient mis hors d’Etat de nuire ceux qui avaient promis d’instaurer un état d’insurrection en défiant l’autorité de l’Etat si jamais le mandat d’arrêt contre leur mentor devait être exécuté.

Dans ce match à hauts risques d’hier, c’est fait un, Hama Amadou est rentré comme promis tout comme il est mis aux arrêts comme Hassoumi Massaoudou l’a également certifié.

Par ricochet, nous observons le triomphe de l’autorité de l’Etat mise à rude épreuve si le mandat d’arrêt n’était pas exécuté. C’est un principe républicain élémentaire que nul n’est au-dessus de la loi. Dans le monde entier l’exécution d’un mandat d’arrêt ne souffre d’aucune polémique. Nous avons vu des célèbres personnalités du monde menottées dans ce sens. Le cas de Dominique Strauss Khan, ancien patron du FMI à New York en dit long.

D’aucuns voient un manque « d’élégance » du président Issoufou en voulant faire le parallèle  avec Tandja. C’est bien une confusion qu’on voudrait créer en lisant l’histoire en diagonale. A l’époque Issoufou sous mandat d’arrêt conscient de son innocence, il était rentré illico presto se mettre à la disposition du juge.

Quant à Hama Amadou, il a préféré fuir pour revenir sous un ultimatum de son parti. Et étant sous un mandat d’arrêt et qui plus est, dans des circonstances qu’il a bien voulu aggraver car pendant un an, sans répit, Hama a ourdi une véritable campagne d’intoxication et de dénigrement d’institutions de son pays. Le monde entier est témoin. Tout comme le monde entier observe le sens de l’Etat des tenants du pouvoir de Niamey.

C’est dire que l’arrestation de Hama Amadou comme mise en œuvre d’un mandat d’arrêt contre lui n’est qu’un épiphénomène. Bien au contraire, quand un individu ou un groupe voudrait défier l’autorité de l’Etat, il faudrait sans faiblesse les maitriser au nom de l’intérêt général. Tel est le sens républicain du contrat social.

Que nul ne soit au-dessus de la loi, c’est cela une valeur cardinale de la République. C’est aussi des valeurs républicaines le fait de se soumettre à la justice de son pays, le fait de ne pas choisir soi-même comment on doit être jugé ou même vouloir être jugé par un autre Etat tierce.

Après cet exercice républicain, ça n’offusquerait aucun citoyen que Hama Amadou soit libéré ici et maintenant. Mais pour l’essentiel on retient que l’autorité de l’Etat a été respectée. C’est justement le lieu de saluer le professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité d’avoir géré cette situation sans bavure.

Pour le reste, qu’il s’agisse de Hama Amadou ou des autres leaders, la justice ne tardera pas à donner suite à leur situation. Et nul doute que seront libérés ceux qui n’ont rien fait et jugés ceux qui devraient l’être.

Ironie du sort, Hama Amadou séjournerait alors selon des sources concordantes à cette maison d’arrêt de Filingué, ce bagne que notre confrère Omar Keita Lalo avait gardé au temps de la gloriole de Sieur Hama Amadou.

A l’époque Keita, Directeur de la rédaction du Républicain et Maman Abou son Directeur de publication en dénonçant les impairs de la gestion de qui l’on sait – ces fameuses LAPs et PSOPs – avaient été condamnés en lieu et place des délinquants mis en cause par la volonté du tandem Hama et Maty Elh. Moussa.

Que justice donc soit rendue à Hama Amadou maintenant qu’il est disposé à se soumettre à son examen. Et à ce sujet de la justice, Antoine de Rivarol a peut-être de la pertinence lorsqu’il dit « : La justice ainsi que la haine, l’amour, le vice et la vertu naquirent dès qu’il y eut plus d’un homme sur la terre. N’y en eût-il que deux, ce qui serait utile à tous les deux serait un sujet de dispute avant de leur paraître la justice Car on peut croire qu’ils commenceraient plutôt par se nuire que par se servir, à cause que la nature ne leur a donné que l’amour de soi ; il arriverait donc qu’ils ne parviendraient aux idées du juste que par l’expérience de l’injustice.

ems