»Tous les responsables identifiés de ce projet de conspiration ont été arrêtés », a annoncé samedi dernier, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Hassoumi Massoudou, assurant l’intérim de son homologue de la Défense nationale, lors d’une conférence de presse qu’il a animée à Niamey. Ils sont au total neuf officiers impliqués dans le projet selon le ministre de la Défense nationale par intérim qui a également annoncé l’ouverture d’une enquête dans le cadre d’une procédure devant le tribunal militaire.

Les neufs officiers arrêtés sont le Général Salou Souleymane, Inspecteur général des armées et de la Gendarmerie nationale au moment des faits, le Colonel Idi Dan Haoua, commandant de la base aérienne 101, le Lieutenant-colonel Tahirou Zarma de l’armée de l’air, le Lieutenant-colonel Narey Maidoka, commandant du Bataillon d’artillerie de Tillabéri, Commandant Issoufou Oumarou, commandant le groupe d’intervention de la DGSE, une force spéciale antiterroriste logée à la Présidence, le Capitaine Amadou Chékaraou, commandant une unité d’élite antiterroriste basée à Ouallam, le Capitane Issa Amadou Kountché, le Lieutenant Koraou du Bataillon d’artillerie de Tillabéri et le Sous-lieutenant Ousmane Awal Hambali.

Ce dernier a été déjà cité dans un projet similaire en 2011 mais libéré par un juge pour insuffisance de preuves.  »Pour cette fois-ci, il s’est enfui au début, mais s’est rendu après quand il s’est rendu compte que sa position a été identifiée », a expliqué le ministre de la Défense nationale. Pour les autres officiers qui occupent des postes, ils ont été automatiquement remplacés à leurs postes de commandement et leurs remplaçants ont déjà pris fonction.  »Comme on le voit, de par les unités qu’ils commandaient, et au regard de la puissance de feu qu’ils ont à leur disposition, les responsables de cette conspiration déjouée ont la capacité de déstabiliser notre pays et de l’entrainer dans l’incertitude dans un environnement lourd de menaces », a déclaré M. Hassoumi Massoudou.

Le ministre de la Défense nationale par intérim a déploré le fait qu’au moment où des militaires et agents de forces de défense et de sécurité se battent pour préserver notre territoire et protéger les populations, d’autres projetaient d’entrainer notre pays dans l’incertitude.  »Ce situation aurait dû favoriser l’ennemi contre lequel notre pays se bat », a estimé le ministre de la Défense nationale par intérim, qui annonce que les  »conspirateurs » ont projeté de leur mettre leur plan à exécution le 18 décembre au retour du Président de la République de la fête tournante à Maradi. Ils ont ensuite décidé d’avancer la date au 17 décembre.  »Ils ont été suivis depuis près d’un mois. On attendait qu’ils arrivent à la fin de leurs préparatifs pour agir » a confié M. Massoudou, précisant que le gouvernement a pu conjurer cette conspiration  »grâce au patriotisme et à la loyauté de certains officiers et sous-officiers qui ont régulièrement rendu compte de la progression du projet à leurs hiérarchies ».
Le ministre de la Défense nationale par intérim a salué le patriotisme, la loyauté et le sens de responsabilité des officiers et sous-officiers qui ont permis de déjouer cette tentative.  »Dès lors nous avons une alternative : ou anticiper ou attendre le début d’exécution du projet. Mais choisir la 2ème option c’est prendre des risques de morts même si des dispositions sécuritaires ont été prises en conséquence. Nous avons décidé d’anticiper » a-t-il expliqué. C’est ainsi que les officiers identifiés dans ce projet ont été mis aux arrêts le lundi 14 décembre dernier. Selon le ministre Hassoumi Massoudou, le gouvernement a à sa disposition, des échanges de SMS et des correspondances entre les personnes identifiées dans le cadre de cette conspiration.
Ces éléments de preuve seront mis à la disposition de l’enquête confiée à la Gendarmerie nationale dans le cadre d’une procédure devant le tribunal militaire. En outre, les officiers et sous-officiers qui ont permis de déjouer la tentative témoigneront.  »Je suis convaincu, et je pense que cette procédure devrait être menée à son terme et qu’un procès devrait avoir lieu pour l’exemple, pour que notre pays sorte définitivement de ce va-et-vient et pour que nous nous engagions définitivement dans un processus démocratique permettant de garantir la stabilité des institutions légitimes que le peuple s’est données », a annoncé le ministre de la Défense nationale par intérim, qui assure par ailleurs qu’au stade actuel de l’enquête aucune personnalité civile n’est impliquée dans cette conspiration.
Cependant, le ministre de la Défense nationale par intérim, a déploré le comportement de l’opposition qui selon lui s’est empressée de qualifier cette affaire de mensonge. Il a qualifié de ce comportement de l’opposition  »d’attitude négationniste tendant à banaliser une menace sérieuse contre la sécurité de l’Etat et contre les institutions démocratiques ».  »Nous ne trichons pas. Et quel intérêt avons-nous, nous qui gouvernons, d’annoncer une situation qui donnerait l’impression qu’on a à faire à un pays instable », s’est-il interrogé, estimant cette situation est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement.  »Nous sommes ceux qui ont le moins intérêt à dire qu’il y a tentative de coup d’Etat, à donner une image d’instabilité de notre pays. Nous le faisons à notre corps défendant. Nous sommes tristes d’avoir le devoir d’annoncer de tels phénomènes parce que c’est mauvais pour notre pays, c’est mauvais pour l’image du gouvernement et pour l’image de la République », a-t-il ajouté.
En outre, le ministre de la Défense nationale par intérim a réitéré la détermination du gouvernement à  »se battre pour sauver les institutions démocratiques » en organisant dans les délais constitutionnels, des élections libres et démocratiques. Il rappelle que les élections législatives couplées à la présidentielle auront lieu le 21 février prochain, comme prévu par la CENI.  »Nous avons un gouvernement légitime jusqu’au 7 avril 2016 », a-t-il précisé.
Revenant sur les preuves de cette tentative de coup d’Etat déjouée, dont réclame l’opposition, le ministre de la Défense par intérim a eu ces mots.  »Les preuves que l’opposition veut, c’est la preuve du sang qui coule, la preuve par la mort. Dans certains SMS que se ont échangés les personnes arrêtées, il est fait cas de personnalités à supprimer. L’opposition veut qu’il y ait des morts, elle veut que les institutions démocratiques soient renversées, elle veut une situation de chaos ou d’Etat d’exception. Mais nous ne lui ferons le plaisir de lui donner de ce type de preuves », a déclaré Hassoumi Massoudou. Par ailleurs, le ministre a souligné la coïncide curieuse entre cette situation et les propos d’un des leaders de l’opposition qui  »a dit à certains de ces visiteurs qu’à partir du 18 décembre il y aura des changements ».
D’autres questions d’actualités ont été abordées par le ministre Hassoumi Massoudou au cours de sa conférence de presse. Il s’agit notamment de l’affaire dite de l’attaque contre le siège du PNDS-Tarayya, la question du fichier électoral et la liberté de la presse, les messages haineux diffusés sur les réseaux sociaux par certains compatriotes à l’étranger. Pour ce qui est des tirs sur le siège du PNDS, le ministre a été catégorique.  »Il n’ya pas eu d’attaque politique ni d’attaque terroriste sur le siège du PNDS. Il s’agit d’un fait divers qui a eu lieu dans les parages du siège. Un policier a été blessé et il est en traitement actuellement. La police a fait ses premières constations a décrit les faits. L’enquête a révélé qu’il n ya pas d’attaque » a-t-il indiqué.
Pour ce qui est du processus électoral, le ministre Hassoumi a déploré les tergiversations de l’opposition sur le fichier.  »Le processus qui a abouti à ce fichier a été le plus inclusif, le plus participatif, le plus rigoureux et le plus transparent qu’on ait connu au Niger », a-t-il estimé. Sur la question de l’audit du fichier, le ministre a rappelé que le Conseil national du fichier était tombé d’accord sur la réalisation de l’audit. Un auditeur a même été commis et c’est après que l’opposition a décidé de quitter le CNF.  »A travers cette démarche, l’opposition a décidé de retarder les choses pour qu’on se trouve dans une situation d’impasse et ouvrir la voix un audit international, synonyme de report des élections. Mais nous ne leur ferons pas ce plaisir. Les élections auront lieu aux dates indiquées. La question de l’audit est close. » a promis le ministre Hassoumi.
Abordant les messages incendiaires véhiculés sur les médias sociaux, le ministre a annoncé que des procédures sont engagées contre ces compatriotes qui vivent à l’extérieur et qui en sont responsables. Mais, a-t-il assuré, il n’est pas question de bloquer les réseaux sociaux. Enfin sur la liberté de presse, le ministre Massoudou a indiqué que le Niger est l’un de pays d’Afrique qui respecte la liberté de la presse.  »Les medias s’expriment sans limites. Aucun journaliste n’est arrêté pour les opinions qu’il exprime, même si on sait que certains en abusent » a-t-il déclaré.

lesahel.org