Le président de la République a signé un décret, ce mardi 15 décembre, par lequel il convoque le collège électoral en vue des élections générales du 21 février 2016. Le top départ est ainsi donné pour que les électeurs choisissent librement le président de la République et les 170 députés appelés à siéger à l’Assemblée nationale.

A la demande de l’opposition, un comité chargé d’auditer le fichier électoral a été mis en place au sortir de la réunion du Conseil National du Fichier (CNF) tenue la semaine dernière sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, président du CNF, Brigi Rafini. Le principe de ce comité paritaire (majorité, opposition, partis non affiliés) a été accepté, et les différentes parties prenantes ont dé- signé leurs représentants à parts égales.

Deux conditions ont été soulevées et acceptées par les partis politiques à la réunion du CNF. La première, c’est que l’audit exigé par l’opposition ne doit pas impacter la date du 21 février 2016 retenue par la CENI pour tenir les élections générales. La deuxième, c’est que les résultats de l’audit doivent être déposés au plus tard le 18 décembre 2015.

Chemin faisant, alors que le comité d’audit était sur le point de boucler ses travaux, l’opposition revient à la charge pour faire du dilatoire afin que la date fixée par la CENI, au sein de laquelle siègent des représentants dûment mandatés par l’opposition, soit décalée. Conséquence : le président de la République en exercice sera alors hors mandat, ce qui ouvrira la porte à une impasse institutionnelle. Si ce scénario se réalise, comment sera gérée cette impasse ?

Certains pensent à une transition, ce qui est ni plus ni moins que du putschisme, un acte anti national destiné à replonger le pays dans de graves incertitudes préjudiciables à l’existence même de l’Etat. Alors qui a intérêt à voir se concrétiser un tel scénario catastrophe ? A l’évidence, ceux qui pensent que les scrutins du 21 février prochain vont confirmer le leadership du président Issoufou Mahamadou à la tête de l’Etat pour présider aux destinées pour les 5 prochaines années.

Il vaut alors écourter le mandat coûte que coûte et empêcher les scrutins de février. Ils pensent que leur avenir politique et individuel se trouve dans ce scénario catastrophe. Le peuple ? Ils n’ont que faire. Le plus important, ce sont les positions de pouvoir qu’ils vont occuper. Et c’est tout. Sinon, comment peut-on comprendre qu’une opposition, qui se prétend démocratique, refuse d’aller aux élections ? Le propre d’un parti c’est de conqué- rir et d’exercer le pouvoir à travers des élections libres et transparentes.

Comment peut-on aussi comprendre que l’opposition désigne des représentants dans des institutions comme la CENI et le CFEB, et dénoncer, après coup, le travail de qualité qui a été fait parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont aucune chance de remporter les prochaines élections ? Comment comprendre que l’opposition remette systématiquement en cause un travail que ses représentants ont fait en toute responsabilité ?

Pourtant, le chef de file de l’opposition, Seini Oumarou, a publiquement reconnu la qualité du travail fourni par les équipes du CFEB pour l’élaboration du fichier électoral au sortir d’une visite qu’il a effectuée récemment dans les locaux de cette structure. En rappel, sur les 8 régions, les membres de l’opposition sont chefs de mission dans les 4. C’est dire que rien ne s’est fait sans eux. La conclusion qu’il faut tirer, c’est que l’opposition ne veut pas aller aux élections. La CENI, quant à elle, est à pied d’œuvre pour la tenue des scrutins du 21 février 2O16.

Les partenaires du Niger sont également dans cette posture en accordant des appuis budgétaires pour la tenue des élections. L’enjeu, c’est que le Niger est un ilôt de stabilité dans un océan de tumultes. Sa position charnière est importante pour continuer à jouer le rôle de pays tampon contre les groupes terroristes qui écument la zone sahélo-saharienne. Le gouvernement, réuni en conseil des ministres, mardi 15 décembre, a réaffirmé la tenue des élections à la date prévue par la CENI et acceptée par les partis politiques légalement reconnus.

Les élections auront donc lieu avec les démocrates qui voudront bien y prendre part. Telle est la position du gouvernement, qui est, du reste, une position républicaine et démocratique. La politique de la chaise vide n’est plus de saison. Avis à l’opposition.

Gorel Harouna (Le Républicain N°2057)