Peu avant la célébration du 57ème anniversaire de la République, le Gouvernement a fait état de la découverte d’un complot visant l’évincement des autorités nationales par des hauts gradés de l’armée, à la tête desquels est cité le général Salou Souleymane, ancien chef d’état-major des Forces armées nigériennes.

Le Président Issoufou Mahamadou a lui-même évoqué cette tentative de son renversement dans son message à la Nation du 17 décembre, et le ministre de l’intérieur Massoudou Hassoumi en a dit un peu plus samedi dernier, lors d’un point de presse. Au stade actuel de l’enquête, il n’est pas dit (mais il n’est pas exclu aussi) que cette tentative de putsch soit en relation avec l’agitation politique nationale.

Or celle-ci, au lieu d’être un signe de la vitalité de notre démocratie, est pour le moins délétère, du seul fait de l’opposition dont une partie s’échine à présenter les démêlés judiciaires d’un de ses leaders (en l’occurrence Hama Amadou) comme relevant d’un harcèlement politique, tandis que l’autre partie conteste le processus électoral. L’opposition, tous bords confondus, enrage de voir Issoufou Mahamadou, candidat à un deuxième mandat, finir le bail actuel avec un bilan élogieux, qui serait son principal atout de campagne.

Il n’est plus besoin de le souligner, l’opposition politique, depuis 2011, a opté définitivement pour la destruction plutôt que la construction. Depuis près de cinq ans, elle n’a eu de cesse de vouloir entraîner le pouvoir sur des chemins glissants. Ainsi, à quelques encablures des élections de fé- vrier prochain, elle exige un audit international du fichier électoral à la confection duquel elle a participé durant des mois sans rien trouver à y redire ; elle récuse les organes chargés d’organiser les élections et de les valider, alors qu’elle a pris une part active à l’édification des bases sur lesquelles ces organes sont mis en place, et qu’elle y a envoyé siéger ses représentants.

Pour ce qui est de l’audit du fichier, celui-ci a même été accepté par le Gouvernement depuis plus de deux semaines, mais les membres de la FPR n’ont pas daigné y envoyer leurs représentants, jusqu’à ce qu’échoit le délai au 18 décembre. On l’a vite compris, l’opposition fait du dilatoire. Mais il faut continuer d’espérer que ce n’est pas pour cacher une réelle volonté de ne pas aller aux élections. Car des élections sans cette frange non négligeable de Nigériens, seraient comme le disait un de nos officiers, une salade sans sel.

L’opposition n’aura pas, comme il est de son devoir et de son intérêt partout dans le monde, aidé à la stabilité des institutions au Niger. Loin s’en faut. En attendant que la lumière soit faite sur l’affaire du putsch manqué, les observateurs avertis estiment tout à fait probable qu’elle y soit mêlée, au vu de son comportement général de ces cinq dernières années. N’a-t-elle pas déjà, sans succès, usé de tous les moyens démocratiques comme non démocratiques, pour déstabiliser le régime ?

Après l’insurrection ratée de novembre, Il ne manquait plus que l’extrémité que constitue la manipulation d’une frange de l’armée. Faut-il alors, pour utiliser ses propres mots, auditer l’opposition ? La question est posée. Et quelques vérités se font définitivement jour : la diplomatie et les actes posés par Issoufou Mahamadou sont plus forts que les actions de sape de l’opposition.

La communauté internationale n’est pas dupe : elle sait qui construit et qui détruit au Niger ; elle sait qui dans ce pays joue le jeu démocratique et qui ne le fait pas ; elle sait qui, peut-être pour ne pas aller aux élections, n’hésite plus devant aucun moyen.

Maï Riga