S’il est permis de classer les Nigériens en deux catégories (disons les bons et les moins bons), cette division ne peut objectivement se baser que sur leur engagement à vouloir la paix pour le pays.

La paix, on le sait, ne semble rien lorsqu’ on la vit. On n’en perçoit la valeur que quand on la perd et qu’on expérimente les conséquences douloureuses de cette situation. Beaucoup de peuples l’ont appris à leurs dépens et, après avoir beaucoup souffert, tentent des décennies durant de recoudre les plaies, recoller les morceaux et de se remettre sur la voie de la concorde, seul gage du progrès collectif.

Au Niger, on se complaît à jouer avec la paix. Certains de nos compatriotes considèrent que l’ensemble des Nigériens n’ont pas droit à la quiétude tant que eux ne tiennent pas les rênes du pays. Ils veulent abattre, pour cela, tout ce que Diori, Kountché, Ali Saibou, Tandja, et aujourd’hui Issoufou, ont construit. Ils ramènent l’avenir d’un Etat et d’une nation à leur égo personnel, développant une ambition démesurée qui, transportée sur le champ de la démocratie pluraliste, mélange messianisme et politique.

Or, le Niger est au-dessus des individus et appartient à nous tous. Le rôle d’un Etat est d’y veiller, avec ses bras que sont la loi, la police, la justice, etc. Et pour le diriger, il n’a pas besoin de mégalomanes comme Amadou B. Cissé qui, mus par des charlatans, pensent passer de 1,6% obtenu en 2011 à « Un coup KO » en 2016 ; ou d’un Hama Amadou qui, pour se soustraire à des poursuites judiciaires auxquelles n’importe quel autre nigérien se soumettrait volontiers, brandit une prétendue immunité de candidat à la présidence ; encore moins d’un Mahamane Ousmane détourneur à son profit personnel d’un prêt à l’Etat nigérien, ou d’un Seyni Omar trafiquant de CV. Le Niger a besoin d’hommes honnêtes et d’hommes d’honneur. Ils sont malheureusement peu nombreux dans la classe politique. Mais à l’image de Dieu qui les guide et qui sait reconnaître les siens, les Nigériens sauront, les élections venues, séparer le bon grain de l’ivraie.

Il est temps, grand temps, que les leaders de l’opposition oublient les petites et grosses casseroles qu’ils traînent et qui les maintiennent présents sur la scène politique considérée comme « blanchissante » ; qu’ils pensent enfin au bien du Niger. Ils ont déjà fait il y a quelques jours un timide pas dans le bon sens en se rendant au siège du comité chargé de l’élaboration du fichier électoral, pour s’enquérir des conditions de travail des agents et surtout de l’état d’avancement de la confection de l’outil de base des élections. Ils n’y ont trouvé aucun mystère et devraient logiquement arrêter de ressasser leurs récriminations contre les organes électoraux.

Il n’y a pas d’élections parfaites. Nulle part au monde. A ce sujet, on se souvient des fameux et interminables comptes et recomptes manuels des voix en Floride (USA, année 2000) auxquels ont été suspendus les résultats des élections pendant 37 jours. On dit pourtant que c’est la première démocratie au monde…

L’opposition devrait arrêter d’exiger la perfection, car le Niger n’est pas une planète à part. Les organes électoraux compétents font au mieux, et le Président de la République, dont on sait qu’il est un homme de parole, a donné son assurance qu’il n’y aura pas au Niger d’élections tropicalisées. Aux autres acteurs politiques de jouer aussi leur partition, en faisant confiance aux institutions. Quand on aspire à diriger un pays, on lui doit ce minimum.

Maï Riga