La ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Etranger, Mme Kané Aïchatou Boulama, et le secrétaire d’Etat du Département Fédéral des Affaires Etrangères de la Confédération helvétique, M. Yves Rossier, ont paraphé, hier matin à Niamey, quatre accords de coopération entre le Niger et la Suisse.

La cérémonie de signature de ces accords s’est déroulée au Ministère des Affaires Etrangères en présence notamment du ministre de l’Elevage, M. Mahaman Elhadj Ousmane, de la ministre déléguée à l’Intégration Africaine, Mme Kaffa Rékiatou Christelle Jackou, et de nombreux autres responsables suisses et nigériens, après un long entretien entre les deux parties.

Dans l’allocution qu’elle a prononcée à cette occasion, la ministre Kané Aïchatou Boulama a énuméré les quatre accords de coopération et leurs montants. Il s’agit, a-t-elle dit  »du Programme d’appui à la petite irrigation (PAPI) phase I, d’un montant de 9 millions 850 mille francs suisses, soit 5 milliards 910 millions de FCFA, et qui vise à garantir la sécurité alimentaire et la durabilité économique des exploitations familiales dans les régions de Maradi et Dosso ; du Programme d’appui aux collectivités territoriales (PACT), de 17 millions de francs suisses, soit 10 milliards 200 millions de FCFA, qui a pour objectif principal de contribuer à la bonne gouvernance locale et à la citoyenneté responsable dans les régions de Maradi et Dosso ; du Programme d’appui aux processus électoraux du Niger, de 3 millions 500 mille francs suisses, soit 2 milliards 100 millions de FCFA, afin de contribuer à la consolidation de la démocratie au Niger en appuyant un processus électoral transparent et apaisé ; et enfin du Programme d’appui au secteur de l’élevage (PASEL) d’un montant de 8 millions de francs suisses, soit 4 milliards 800 millions de FCFA, qui vise à assurer la sécurisation et le développement des espaces pastoraux et la délimitation des parcours par les collectivités territoriales, les cadres de concertation locaux, les associations d’éleveurs et les services techniques de base dans les régions de Maradi, Dosso et Tillabéry ».

La ministre Kané Aïchatou Boulama a précisé que  »ces importants accords, d’un montant global de 38 millions 350 mille francs suisses, soit 23 milliards 10 millions de FCFA, touchent des domaines prioritaires pour le Gouvernement nigérien qui s’est engagé à organiser des élections libres, transparentes et crédibles dans un climat apaisé ; à instaurer un dialogue transparent et participatif entre communautés ; à développer les services et infrastructures communautaires pour une meilleure productivité et une meilleure valorisation des produits agro-pastoraux ; et enfin à assurer un partage consensuel des ressources entre agriculteurs et éleveurs ».
Parlant de la coopération entre la Suisse et le Niger, la ministre Kané Aïchatou Boulama a indiqué que la Coopération Suisse au Développement (SDC) est présente au Niger depuis les années 1960, et que c’est pour inscrire ce partenariat dans le long terme qu’elle a ouvert un Bureau à Niamey en 1977, et signé un accord de coopération avec le Niger en 1978 à Abidjan. En adéquation avec les priorités du Gouvernement nigérien, la Coopération Suisse au Développement a couvert les secteurs de l’approvisionnement en eau potable, de l’enseignement et de la recherche, du développement rural et de la lutte contre la désertification.
Avec l’amorce du processus démocratique, enclenché au Niger au tournant des années 1990, et l’émergence du mouvement associatif, la Coopération Suisse associe davantage les populations autour d’une dynamique de développement local à travers de nouveaux partenaires : coopératives rurales, associations de producteurs, ONG, bureaux privés, etc. A cette date, le Niger se classe au 3ème rang des pays africains et 10ème sur l’échelle des pays de concentration de l’aide au développement de la Suisse.
Avec un budget prévisionnel annuel de 20 millions de francs suisses, soit 12 milliards de FCFA au cours de la période 2016-2019, le programme de coopération Niger-Suisse contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations dans les régions de Dosso, Maradi, Diffa, Zinder et Tillabéry, à travers les interventions dans les secteurs du développement rural et de la sécurité alimentaire, de l’éducation de base et la formation professionnelle, ainsi que de la gouvernance locale et de la décentralisation, a souligné la ministre Kané Aïchatou Boulama.
Quant au secrétaire d’Etat du Département Fédéral des Affaires Etrangères de la Confédération helvétique, M. Yves Rossier, il a insisté sur la gouvernance,  »particulièrement dans le contexte actuel marqué par des menaces aux frontières Nord, Est et Ouest du Niger ». Comme l’a expliqué M. Yves Rossier, les interventions suisses au Niger visent à renforcer les capacités, tout en veillant à ce que l’identification des projets se fasse ensemble, entre les deux parties.
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