Force reste à la loi. Ceux qui, ces derniers temps, se sont amusés, à marcher sur la loi l’ont appris à leurs dépens. Il en est de Hama Amadou, ancien président de l’Assemblée nationale, qui croupit à la prison civile de Filingué, depuis le 14 novembre dernier, dans le cadre de l’affaire des bébés importés du Nigeria. Son arrestation et sa détention sont en lien avec l’exécution d’un mandat d’arrêt émis par la justice nigérienne depuis septembre 2014.

Il est dans les liens de la prévention en vertu d’une décision de justice. Un de ses visiteurs à Filingué, l’a décrit comme un homme triste, du genre à regretter l’acte qu’il a posé. Sinon, il bénéficie de toutes les commodités dignes de son rang. Les conditions de détention sont nettement meilleures à celles qu’il a connues lors de son séjour à Koutoukalé, il y a 7 ans. Un des principaux lieutenants de Hama, médite également en prison, depuis la semaine dernière.

Il s’agit de Soumana Sanda, dont les propos à caractère insurrectionnel, tenus la veille de l’arrivée de Hama Amadou au Niger, ont été jugés attentatoires à la cohésion nationale et à la sûreté de l’Etat. Même mauvaise fortune pour le député Nassirou du parti Lumana, qui est dans la même logique insurrectionnelle que d’autres militants de cette formation politique. Le même Nassirou n’a pas hésité à faire appel à des arguments en dessous de la ceinture pour jeter l’opprobre sur les personnalités qui incarnent l’Etat, sur fond de mensonges grossiers.

Il comparaitra en flagrant délit, ce jeudi 26 novembre devant le tribunal de grande instance hors classe de Niamey. Tous ceux qui l’ont écouté, ces derniers temps, ont dû être choqués par la bassesse de ses propos. Nulle part au monde, un député, en tant que représentant du peuple, ne peut être aussi vulgaire comme il l’a été. Sur le même registre, il faut ajouter le directeur de publication du journal Le Courrier poursuivi par le Directeur Général de la Police nationale.

En effet, ce journal, qui ne fait pas dans l’éthique et la déontologie, a inventé de fausses informations qui portent gravement atteinte à la probité morale, à la loyauté envers l’Etat et la République et au professionnalisme du contrôleur général Souley Boubacar. L’auteur de l’article a voulu le faire passer comme quelqu’un qui est attaché à des sentiments grégaires. C’est pourquoi, il aurait refusé de faire exécuter le mandat d’arrêt contre Hama Amadou et voulu démissionner en conséquence de son poste. Il n’en est rien de tout cela.

Ce délit sort du cadre de la liberté d’expression, car l’article incriminé est de nature à salir la bonne réputation de tout le corps de la police nationale, à discréditer un fonctionnaire qui a passé plusieurs décennies au service de l’Etat et à préparer le terrain à la chienlit dans le pays. Contrairement à ce que certains veulent faire croire, par opportunisme, l’ordonnance qui dépénalise les délits de presse ne fait pas de place à un mercenariat pour appuyer des causes politiciennes.

La dépénalisation appelle plutôt à la responsabilité, à la préservation de l’intérêt général, à une information utile au public. Dans tous ces cas précités, il y a eu intention volontaire de porter atteinte à l’ordre public, à la cohésion nationale, à la sûreté de l’Etat. Il y a eu préméditation en vue de créer les conditions d’un climat insurrectionnel qui verrait le changement du régime par la rue, à l’image de ce qui s’est passé au Burkina Faso avec la révolution de la fin octobre 2014 qui a vu la fuite de Blaise Compaoré.

Et ainsi le boulevard est largement ouvert pour l’avènement au pouvoir de Hama Amadou. Pour défendre la « cause » de ce dernier, certains compatriotes n’hésitaient pas à faire appel à la corde ethno-régionaliste alors qu’il s’agit d’un dossier strictement judicaire, comme on en connait tous les jours par centaines. Pourquoi le dossier Hama doit-il faire exception ? Ce sont ces déclarations qui tendent à saper les fondements de l’unité nationale, de la paix sociale et de l’intégrité de l’Etat qui ont amené le barreau de Niamey à monter au créneau en appelant à ce que force reste à la loi. Ce sont des mesures de précaution que commande l’Etat de droit.

O.Sanda (Le Republicain N°2054)