Nos centres urbains s’agrandissent. Les besoins en transport urbain deviennent également de plus en plus pressants. C’est ainsi qu’une nouvelle forme de moyens de locomotion a fait son apparition dans certaines de nos régions. Ces kabu-kabu à deux roues ou « adaidata sahu » (engins à trois roues) s’imposent de plus en plus dans nos villes et villages où ils offrent leur service au premier venu.

Selon Malam Sanoussi, un jeune propriétaire de kabu-kabu à Madarounfa, cette activité est très prisée par les jeunes car elle contribue à lutter contre la pauvreté. Exerçant cette activité depuis 11 ans, Malam Sanoussi nous confie tout le bien qu’on pourrait en tirer. D’abord selon lui sa simplicité la prédispose à lutter contre le chômage des jeunes. Et aussi, soutient-il, ceux qui ne peuvent pas faire du commerce ont l’opportunité d’investir utilement leur argent.

Malam Sanoussi travaille à temps plein. En plus de ses va et vient à Maradi, il fait le tour des marchés environnants jusqu’au Nigeria voisin. « Grâce à ce travaille, j’ai fondé une famille et je subviens à mes besoins essentiels », témoigne-t-il.

Son compagnon Rabé ne tarit pas d’éloges à cette activité qu’ils chérissent tant. Le kabu-kabu nourrit son homme car « par semaine tu te retrouves parfois avec 25 à 30 000 fcfa d’économie », nous confie Rabé. Et à en croire ce dernier, cette activité génératrice de revenus ne demande pas un investissement assez lourd. Il estime le prix de la taxi-moto tous frais compris à 350 000f.

A Maradi ville, on les voit partout. Encombrants et agressifs, ils essaiment la principale gare routière et les stations des bus comme Rimbo, Azawad, SONEf et autres. Très dangeureux pour la circulation, les accidents de la route ne constituent pas seulement le seul revers des yan kabu-kabu.

Comme chaque chose, avec ses hauts et ses bas, ces taxis-motos, à tort ou à raison, on leur colle une part de responsabilité dans l’insécurité résiduelle. Et ce, depuis que le mode opératoire de Boko Haram fait usage également des motos pour perpétrer des actions kamikazes. Certains observent une réelle méfiance à l’encontre des kabu-kabu notamment la nuit.

Malgré tout, il n’en demeure pas moins qu’au regard de l’utilité et de l’engouement des jeunes à exercer le kabu-kabu, un encadrement s’impose pour accompagner tout ce monde à lutter contre la pauvreté et le chômage ambiants dans nos villes et villages.

Maradi pourrait servir de jurisprudence car depuis la gouverne de l’ex Maire central Kassoum Moctar, les kabu-kabu à Maradi bénéficiaient de l’encadrement de la Commune. La question sécuritaire inhérente à cette activité incombe à l’expertise des services de sécurité.

Malam Sanoussi nous a  raconté toute la joie d’un de ses amis à Maradi de disposer de son propre taxi-moto kabu-kabu après avoir remboursé le prêt de la Commune. Une autre voie à explorer  par les bailleurs de fonds pour promouvoir cet emploi pour les jeunes.

EMS