Basée à Djeddah, en Arabie Saoudite, la Banque Islamique de Développement compte 56 Etats membres dont un tiers environ en Afrique. Sa manière de fonctionner ressemble à celle des autres banques de développement avec une nuance de taille : elle fonctionne selon les principes de la charia, la loi islamique.

Comme expliqué sur son site, la Banque Islamique de Développement a comme objectif de soutenir le développement et le progrès social des pays musulmans et des communautés musulmanes dans le respect de la charia, la loi islamique.

Pas d’effet de levier

Sidi Mohammed Taleb est directeur régional du groupe de la BID, la Banque Islamique de Développement en Afrique :  » La finance islamique part d’un principe : ce qui créée la richesse, c’est le commerce et l’investissement. L’argent en lui-même ne créée pas de richesse en tant que tel. On l’investit, c’est un support pour une transaction quelle qu’elle soit. Toute banque islamique fonctionne à partir de ce concept. En tant que banque, je peux véhiculer de l’argent pour financer des transactions commerciales ou pour investir, mais je dois prendre les risques. L’asymétrie qui existe dans les banques traditionnelles entre le banquier et ses clients, entre l’offre et la demande est impossible dans la finance islamique « .

On peut le dire autrement: quand une banque islamique accorde un prêt, elle doit toujours disposer d’un actif correspondant. Pas question d’un effet de levier qui permet de démultiplier les montants prêtés ! On ne parle d’ailleurs pas de prêt, mais plutôt d’une participation ou d’un partenariat. D’autre part, les interventions se font sans intérêt, la banque étant rémunérée sur la gestion des dossiers.

Etre ou ne pas être musulman ?

Voilà pour les principes de base, mais peut-on dire que la Banque Islamique de Développement finance exclusivement des pays ou des projets musulmans? La réponse de Sidi Mohammed Taleb :  » La banque est apolitique. Elle ne reconnait que les Etats qui sont membres. Il y a parmi eux des pays à faible minorité musulmane comme par exemple le Gabon ou le Mozambique. D’autre où les musulmans sont très majoritaires. Ces aspects ne nous concernent pas. Avec les pays membres, nous choisissons les programmes et tous les citoyens sont au même niveau « .

Très logiquement, les prêts ne sont donc accordés que dans les Etats membres. Ils ne sont pas tous à majorité musulmane, mais il y a au moins une partie de la population qui se revendique de cette religion. A partir de là, le choix des projets tient compte des priorités locales comme le font les autres banques de développement. Il peut s’agir, par exemple, de construire un système d’adduction d’eau, une centrale électrique ou un hôpital. Ces projets sont régulièrement réalisés en cofinancement par exemple avec la Banque Mondiale. On ajoutera que la Banque Islamique de Développement finance aussi des projets de communautés musulmanes dans des pays non membres. Mais c’est marginal par rapport au total.

Des chiffres

Justement, peut-on chiffrer les interventions de la BID ? Elle a été lancée en 1975, elle a donc fêté ses quarante ans en 2015, quatre décennies représentants des financements pour 113 milliards de dollars, soit l’équivalent de la Banque Africaine de Développement créée en 1967. En 2014, ses interventions ont atteint 11 milliards de dollars. Pour le même exercice, la Banque Mondiale a réalisé des opérations de 41 milliards de dollars. La Banque Islamique de Développement est donc un acteur qui compte.

Source: www.pageshalal.fr