Depuis sont départ, sans gloire, de la majorité au pouvoir, le président de l’Union pour la démocratie et la République (UDR Tabbat), Amadou Boubacar Clissé, multiplie les sorties médiatiques pour tirer à boulets rouges sur un régime auquel il a appartenu pendant plus de 4 ans. Dans une interview accordée au journal Point Afrique la semaine dernière, l’ancien ministre du plan s’est livré à son désormais jeu favori, à savoir vilipender les autorités de la 7ème République. Mais Amadou Boubacar Cissé est-il vraiment crédible dans la posture de l’opposant politique qu’il veut se donner aujourd’hui ? Il y a lieu d’en douter.

Dans cette interview, Amadou Boubacar Cissé soutient entre autres que « le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), au pouvoir est passé maître dans l’art de la manipulation. Après avoir tenté d’imputer l’attaque de leur siège à l’opposition, ils ont fini par reconnaître qu’il s’agit d’un fait divers pour lequel ils n’ont pas donné beaucoup de précisions. Nous n’avons aucun élément nous permettant d’expliquer ces arrestations».

Il affirme que « le PNDS est un parti, à la limite stalinien. C’est un groupe de personnes qui se sont connues durant leurs études et qui ont joué sur tous les dysfonctionnements qu’a connus le pays. Et progressivement, avec l’arrivée de la démocratie, ils ont créé des groupes politiques qui, dans la réalité, n’ont jamais été acceptés par la majorité de la population. Mais ils ont su jouer sur tous les axes de la démocratisation de la société. C’est comme ça qu’ils sont arrivés au pouvoir. »

A la question de savoir pourquoi il a adhéré à la majorité au pouvoir, le président de l’UDR Tabbat dit : « moi, je n’ai pas appartenu directement à ce parti. Mais en 2009, face à la tentative du président Mamadou Tandja de modifier la constitution, il a fallu faire barrage et donc s’associer entre forces politiques démocratiques. Et c’est le rôle que j’ai tenu, on était véritablement parti sur l’idée de créer quelque chose de pérenne.

Ce groupe devait exercer le pouvoir et nous avions convenu que le gagnant de l’élection de 2010 obtiendrait le soutien des autres partis. Et j’ai été membre de la coalition pendant quatre ans et demi. Mais le jeu a été véritablement dévoilé en septembre où on pouvait imaginer qu’après avoir gouverné avec une coalition pendant quatre ans, on trouverait un mécanisme par lequel cette coalition pourra continuer avec un programme commun, une répartition des rôles bien précise. »

Concernant l’échec de nombreux projets qui n’ont pas pu voir le jour, Amadou Boubacar Cissé affirme : « nous n’avons aucune responsabilité dans cet échec, cette mal performance étant essentiellement attribuable aux ministères sectoriels chargés d’utiliser rationnellement et à temps les fonds mobilisés et mis à leur disposition. » Le moins que l’on puisse dire est que Amadou Boubacar Cissé est en train de se livrer à un jeu de contorsionniste digne des plus grands artistes de cirques de la planète.

En effet, les propos qui sortent de la bouche de l’ancien ministre du Plan ne peuvent que soulever un certain malaise au regard de la façon dont son parti à géré le pouvoir avec les autres partis de la majorité. Cissé était logé à la meilleure enseigne avec un super poste ministériel qui était celui du Plan. Mais son appétit grandissant et sans limite l’a également amené à convoiter le poste de Premier ministre qu’occupe Brigi Rafini, un homme compétent et intègre. Il était un secret de polichinelle qu’au nom de cette jalousie morbide, Amadou Boubacar ne cachait même plus son irrespect pour le Premier ministre qui est pourtant son supérieur.

Un irrespect qui a éclaté à plusieurs reprises en conseil de ministres devant un président de la République interloqué et outré. Le soutien indéfectible qu’il a affiché au régime du temps de sa splendeur, fait que les propos qu’il tient actuellement sont, à n’en point douter, anachroniques. Son comportement dans l’affaire Eximbank en est assez illustratif. Le disque de Amadou Boubacar Cissé sonne tout simplement faux. Pour tout dire, le disque Amadou Boubacar Cissé est rayé.

Ibrahim B. (Le Républicain N°2058)