Le secteur des infrastructures énergétiques est un des points du sixième axe de Programme de Renaissance du Niger. Les principaux objectifs du Gouvernement, en développant ce secteur d’une importance capitale pour l’économie nigérienne et le bien-être des populations, sont de poursuivre et intensifier le programme de renforcement et d’extension des infrastructures ; diversifier les sources d’approvisionnement afin d’assurer au pays une indépendance énergétique ; réduire les coûts de production et de transport de l’électricité ; rehausser le taux d’accès à l’énergie électrique actuellement de 12%.

Plusieurs réalisations dans le domaine de l’énergie électrique

Secteur hautement stratégique pour le développement, les actions du Gouvernement ont consisté en ce qui concerne l’énergie électrique, en des investissements en vue d’améliorer l’accès des populations à cette ressource. Dès son installation en 2011, le Gouvernement s’est attelé à concrétiser les engagements concernant ce volet du Programme de Renaissance. Le bilan des cinq ans d’actions du Gouvernement renseigne sur les progrès en registrés dans l’atteinte des objectifs visés par le Programme de Renaissance du Niger. Il s’agit de plusieurs actions qui ont été réalisées dans le domaine de l’énergie électrique, de la promotion de l’électrification en milieu rural, de la promotion et du développement des autres sources d’énergie et dans le domaine du pétrole.

Pour ce qui est précisément du domaine de l’énergie électrique, les capacités de la NIGELEC ont été renforcées et une centrale thermique est en cours de construction à Gorou Banda. Cet investissement qui fait partie  »des projets phares du Programme de Renaissance », vise à prévenir les problèmes en fourniture d’énergie électrique auxquels sont confrontées les populations de la ville de Niamey et ses environs, surtout en période de forte chaleur. Les travaux de construction de la centrale thermique de Gorou Banda sont en cours. A la date du 31 octobre 2015, le taux d’exécution est à 88%. Celui des travaux des lignes et postes est estimé à 32%. Cependant, la majorité des équipements sont en cours d’acheminement, les travaux de génie civil (fondations des bâtiments et équipements) sont en cours et le premier attachement sur le génie civil est en instance de soumission par l’entreprise.

S’agissant du renforcement de la capacité de la NIGELEC, la centrale électrique de Goudel a été remise en service avec la réparation du groupe diesel PC4 (9 MW), l’installation de 28 groupes de 15 MW et la mise en place d’une centrale de 30 MW à Goudel par un producteur indépendant. Ce dispositif a été renforcé par l’installation, l’équipement et la mise en service de 45 postes cabines, dont 43 à Niamey et 2 à Maradi.

Des groupes électrogènes ont été installés également à l’intérieur du pays, en vue de rehausser les capacités de la réserve froide : Maradi (+4 MW), Agadez (+1MW), Tillabéry (+1,5 MW), Tahoua (+1 MW), Malbaza (+1 MW), Dosso (+1 MW), Gaya (+0,5 MW), Zinder (+4 MW) et Diffa (+1 MW). En outre, 1.480 lampadaires solaires ont été installés dans les villes des Régions de Dosso et Tahoua dans le cadre du programme de développement des énergies renouvelables de l’UEMOA.

PMDe même, les réseaux de transport et de distribution de l’énergie électrique ont été rénovés avec l’installation de compensations Shunt à Niamey (20 MVAR), à Lossa (5MVAR) et à Gazaoua (4MVAR). Il a également été installé des transformateurs 132/20KV-30 MVA à Niamey 3, 66/20KV-20MVA pour le poste Niamey-Nord-Francophonie et 132/66KV-50MVA à Niamey 2000.
Les capacités de production et de transport d’énergie électrique de la SONICHAR ont été renforcées. Ainsi, l’appel d’offre pour la construction d’une centrale de 2×25 MW et d’une ligne 132 KV est lancé. A cela s’ajoute le bouclage par EXIMBANK Chine du financement de la construction de lignes de transport 132 KV SORAZ-Zinder et Maradi-Malbaza.
Dans l’objectif de renforcer les capacités de la ligne 132 KV Birni Kebbi-Niamey, pour porter la puissance de transit de 52 MW à 60 MW, un projet de renforcement de la compensation shunt à Niamey a été initié auquel s’ajoutent l’installation d’une compensation shunt à Dosso et le renforcement du poste existant de Dosso.
De plus, un protocole d’accord inter-gouvernemental pour le projet de construction de la ligne 330 KV Birni Kebbi-Niamey-Ouagadougou-Malanville a été signé et les partenaires pour son financement ont été identifiés. Dans le cadre de ce protocole, un comité conjoint de mise en œuvre du projet a été installé et a déjà validé les termes de référence et l’étude de faisabilité actualisée.
Pour évacuer l’excédent de la production d’énergie électrique de la SORAZ au profit de la ville de Zinder et couvrir les besoins en électricité de la zone de Malbaza, le projet de construction de lignes 132 Kv SORAZ-Zinder et Maradi-Malbaza a démarré.
Toujours dans le cadre du renforcement de la capacité de production, il y a la composante énergétique du Programme Kandadji et la construction du complexe charbonnier de Salkadamna (Tahoua). Pour la composante énergétique du programme Kandadji, les actions menées concernent l’ouverture des plis et l’analyse des offres en vue du recrutement d’un consultant pour la réalisation de l’étude d’un schéma directeur de Production-Transport de l’énergie électrique au Niger suite au lancement d’un appel d’offres restreint. Il faut également noter l’ouverture des plis et l’analyse des manifestations d’intérêt en vue du recrutement d’un consultant pour la réalisation de l’étude sur la structure chargée de la gestion de la future centrale hydroélectrique.
Pour ce qui est du complexe charbonnier de Salkadamna, les activités réalisées ont porté sur la délivrance du certificat de conformité environnementale du projet, la pose de la première pierre pour la construction de la centrale et l’examen de l’étude de faisabilité pour la construction d’une centrale de 600 MW réalisée par la société Source California Services Inc. (SCES).

Promotion de l’électrification en milieu rural

Pour la mise en œuvre du volet  »promotion de l’électrification en milieu rural », le Gouvernement a créé une Agence Nationale de Promotion de l’Electrification Rurale (ANPER). Dans ce cadre, un projet d’électrification rurale d’un montant de 34,54 millions de dollars a été élaboré. Ce projet comporte un sous-volet diffusion des kits solaires dans les régions de Maradi, Zinder, Diffa et Agadez, pour un coût global de 9,8 millions de dollars US. Le deuxième sous-volet porte sur le développement d’une centrale solaire de 8 MW pour un coût global de 27,74 millions de dollars US. Une convention de financement de ce projet a été signée avec EXIMBANK Inde et le recrutement d’un cabinet d’études est en cours.
Un accord de prêt a été signé également, avec la BIDC, pour un montant de 10.000.000 de dollars US pour la mise en œuvre d’un projet d’Electrification par Systèmes Solaires Photovoltaïques de 50 villages dans les régions de Dosso, Tahoua et Tillabéry, et un autre pour l’électrification de 1.000 villages par l’énergie solaire PV sur toute l’étendue du territoire national.
Par rapport à l’engagement du Président de la République d’électrifier 100 villages par an, toutes technologies confondues, soit 500 en 5 ans, au cours du mandat, 218 villages ont été électrifiés. Aussi, 132 transformateurs et 28 groupes électrogènes ont été acquis et seront bientôt installés dans les localités non électrifiées. Enfin, le projet de plateformes multifonctionnelles a équipé 105 villages, dont 5 fonctionnent au biocarburant.
Le projet PASE-SAFO (Région de Maradi) a permis d’installer plusieurs kits solaires dans 17 villages de ladite région, de réceptionner des travaux d’électrification de 33 écoles primaires, 11 CSI et Cases de santé, ainsi que la fourniture et l’installation de 20 lampadaires solaires. Il faut signaler le démarrage des activités du projet d’électrification de 15 écoles rurales dans la Région de Zinder (Financement UNESCO).
Un accord d’un montant de 8 milliards de FCFA a été signé également, avec la BOAD pour le financement de l’électrification de 211 localités. Enfin, les Termes de Référence de l’Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES) du projet d’électrification de 58 communes rurales du Niger ont été élaborés, et une loi portant code d’électricité a été adoptée.

Promotion des autres sources d’énergie au Niger (Gaz butane, le charbon minéral et le nucléaire civil).

Dans le cadre de la promotion du gaz butane au Niger, le Gouvernement s’est doté d’une stratégie visant à promouvoir son utilisation et son plan d’actions. Dans ce sens, plusieurs campagnes de promotion et de vulgarisation du gaz butane et de ses accessoires ont été réalisées dans les grandes villes du Niger, notamment à Niamey et Maradi, et également en milieu rural. Ce qui a permis de faire passer la consommation du gaz de 3.000 tonnes en 2011 à environ 15.000 tonnes en 2014.
Aussi, le Gouvernement s’est engagé à mettre en place des usines de fabrication de bouteilles de gaz à Dosso et à Maradi en vue de satisfaire la demande nationale et celle de certains pays voisins. Pour Dosso, la pose de la première pierre de l’usine de fabrication des bouteilles de gaz (UBOGAZ) a eu lieu en décembre 2014. Et pour, Maradi, l’étude d’impact environnemental et social de l’usine de fabrication de bouteilles de gaz (MIGAS) a été validée.
Dans le cadre de la promotion du charbon minéral, une étude de faisabilité de l’usine de production de 50.000 tonnes de briquettes de charbon minéral a été réalisée. Une autre étude de faisabilité de production de 100.000 tonnes par an de briquettes de charbon carbonisé a été réalisée dans le cadre de la construction du complexe charbonnier de Salkadamna. Enfin, une autre étude de faisabilité du projet de diffusion de 1.700.000 foyers améliorés au plan national a été réalisée, et son certificat d’étude d’impact environnemental et social a été déjà délivré.
Concernant le nucléaire civil, une Haute Autorité Nigérienne à l’Énergie Atomique (HANEA) a été créée pour sa promotion. Celle-ci s’est dotée d’un cadre législatif et réglementaire et a élaboré le plan de développement énergétique durable. Elle a, avec l’appui de l’AIEA, organisé un séminaire national de sensibilisation sur les exigences d’un programme électronucléaire. Elle a procédé à la collecte, la vérification et la transmission à l’AIEA des informations relatives aux matières nucléaires du Niger. Un bureau de la représentation du Niger à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) à Vienne (Autriche) a été ouvert. Enfin, le Niger et le Japon ont mis en place un mécanisme de lutte contre la prolifération nucléaire.

Une industrie pétrolière qui promet

Pour ce qui est de l’or noir, c’était précisément le 28 novembre 2011, que le Niger a intégré le cercle très enviable des pays producteurs mais aussi exportateurs du pétrole avec le démarrage de la commercialisation des produits pétroliers issus de la Société de Raffinerie de Zinder (Soraz).
Ce qui a permis l’arrêt de l’importation des produits pétroliers et du gaz ainsi que la baisse des prix de ces produits à la pompe. Toutefois, la production du brut vendue à la SORAZ a connu une évolution en dents de scie.
Et dans le cadre de l’exploitation des gisements pétroliers, une quantité importante du brut sera destinée à l’exportation et une autre à la raffinerie de Zinder. Pour le brut destiné à l’exportation, un protocole d’accord avec les gouvernements tchadien et camerounais a été signé sur le projet du pipeline export. Il constitue une importante étape dans l’exportation du pétrole brut nigérien sur le marché international. Les travaux préparatoires se poursuivent pour l’exportation du brut en raison de 60.000 barils, avec pour perspectives de débuter l’exportation en fin 2017. Dans ce cadre, une société de transport par canalisation (Niger Oil Transportation Corporation NOTCO) est en cours de création.
La recherche pétrolière s’intensifie avec l’attribution de 20 permis de recherche et 2 autorisations exclusives d’exploitation. Suite à ces différentes recherches, on observe une amélioration significative des réserves du pétrole et de gaz naturel estimées à 750 millions de barils exploitables pour le pétrole et plus d’un milliard de barils pour le gaz. L’encadrement juridique du secteur est renforcé par l’élaboration d’un projet de loi modifiant et complétant la loi n° 2007-01 du 31 janvier 2007 portant code pétrolier et celui régissant le raffinage, l’importation, l’exportation, le stockage, le transport massif, la distribution et la commercialisation des hydrocarbures et des produits dérivés. En plus, un Comité National APPA (Association des Producteurs de Pétrole Africains) a été créé, avec l’adhésion du Niger à cette association.

Souley Moutari(onep)
www.lesahel.org