«Nous allons rentrer dans la danse, nous allons faire le combat » a déclaré le 5 janvier dernier, Mahamadou Gamatié, le patron du syndicat des taxis, lors d’une assemblée générale des conducteurs urbains qui a précédé le déclenchement de la grève dans le secteur, le 09 janvier dernier. Cette profession de foi qui semble anodine, confirme nos informations faisant état du recours par l’opposition déboussolée, à certains syndicats dans sa stratégie de reconquête du pouvoir en cette veille électorale. Consciente qu’à l’heure actuelle qu’il lui serait difficile de battre le « Guri » sur le terrain électoral, l’opposition se serait tournée vers certains acteurs qui ne se sont pas fait prier pour rentrer dans la danse.

Plusieurs ont mordu à l’hameçon. Du syndicat des taxis, en passant par le collectif des syndicats des agents de l’ORTN, ceux de la municipalité, du CPRASE et du SYNACEB. Cette nouvelle manœuvre, après celle de l’insurrection et l’appel du pied fait à la grande muette pour qu’elle sorte de ses casernes, portera-t-elle ses fruits ?

Des sources concordantes ont fait état de la réunion de certaines têtes pensantes de l’opposition avec certains syndicalistes, appuyés par des acteurs dits de la « société civile » et des hommes des médias à qui des ressources auraient été fournies pour faire un tapage sur deux axes qui devaient «écorner l’image du « Guri ».

Le premier est d’accentuer l’intoxication pour démentir la tentative de putsch malgré les explications apportées par les autorités. Le deuxième, faire sortir les syndicats dont l’obédience des responsables est acquise pour engager des grèves par intermittence jusqu’au au dernier jour des élections, ce qui permettra aux partis qui combattent le candidat Issoufou d’avoir un thème de campagne, c’est-à-dire l’embrasement du front social.

C’est dire que les agitations qui secouent le front social, que rien ne justifient d’ailleurs, ont une odeur du politique. Eclaboussée par ses dissensions internes, essoufflée par cinq années de traversée du désert, l’opposition, par manque d’arguments, a trouvé des porteurs d’eau tapis dans les syndicats qui, en réalité, ne sont rien d’autres que des officines politiques. Sinon, il faut s’interroger sur l’opportunité de certaines agitations en cette période électorale ? De plus, les sorties de ces syndicats qui sont restés silencieux pendant plusieurs mois perturbent le jeu électoral en apportant de l’eau au moulin de l’opposition, alors que la campagne électorale s’approche à vue d’œil. Par ces actes, ces pseudo-syndicalistes font honte, non seulement à leur corporation, mais aussi à la nation toute entière pour la simple raison qu’ils utilisent leurs militants, totalement étrangers à leur plan machiavélique pour assouvir leurs intérêts égoïstes.

Moussa Aksar (L’Evènement)