Depuis ce vote à la CENI qui a adopté le vote par témoignage, la CENI et son président Boubé Ibrahim sont traités par les opposants et leur presse de tous les noms d’oiseaux d’Israël. Un journal de la place est allé jusqu’à insinuer que Boubé Ibrahim serait le Bakary Fofana du Niger, le président de la Commission électorale de Guinée.

Une télévision privée a même purement et simplement semé le doute dans certains esprits quant à l’indépendance de la CENI depuis 48 heures. Selon le commentateur de cette chaîne, la CENI est subitement devenue un machin, une officine du gouvernement de Brigi Rafini.

Pourtant, à s’en tenir qu’aux faits et rien que les faits, Boubé Ibrahim et Me Kadri Oumarou n’ont appliqué qu’une recette usité dans toute démocratie à savoir le recours au vote pour débloquer une situation où le consensus n’est pas à l’ordre du jour.

Dès qu’il était question de procéder au vote pour trancher le débat, les opposants et leurs affidés de la société civile au sein de la CENI avaient fait chaises vides en désertant la réunion. C’est ainsi, apprend-on, la présidence de la CENI a appliqué le principe démocratique à savoir le vote qui autorise désormais aux nigériens de voter par témoignage comme il est de coutume depuis le début de notre processus démocratique.

Et ce, parce que la CENI n’est plus dans la logique du fichier électoral biométrique qui ne s’accommoderait pas avec la pratique du vote par témoignage. Côté opposition, depuis le rejet par la COPA 2016 de l’avis du Conseil d’Etat, on s’agrippe sur le non consensus du CNDP.

Ce CNDP qui semble s’ériger au-dessus de la loi. On a beau étayé son argumentaire sur la loi, la coalition pour l’alternance en 2016 n’en a cure. Et pourtant, le lait est tiré, il faut simplement le boire ou bien s’inspirer de la recette du Canard Déchaîné : « Quant à l’opposition et à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec cette forfaiture de la CENI, ils n’ont qu’aller se plaindre là où ils veulent ».

Mais nous le disons tout net, les nigériens ne sont pas amnésiques. L’opposition revient simplement à la charge en épousant sa mauvaise décision de récuser toutes les structures chargées du processus électoral : la Cour constitutionnel, la CENI et le CEFEB.

Ce n’est que de la politique de l’Autriche, Boubé Ibrahim et les autres présidents des institutions chargées de superviser ces élections n’échapperont pas au lynchage médiatique et bien d’autres actions les unes plus subversives que les autres.

A ces compatriotes, nous disons simplement, « faites votre devoir et laissez les gens dirent ». A ce tournant décisif, après le label d’indépendance à vous décerner, récemment, par vos pourfendeurs du moment, les nigériens n’attendent de vous que de parachever votre mission en âme et conscience.

Magistrat de formation, le président de la CENI sait plus que quiconque ce que agir selon son intime conviction voudrait dire. Son point de presse attendu d’un moment à autre, édifiera très certainement l’opinion sur l’état des lieux de la CENI et surtout éclairera les lanternes des nigériens.

EMS