Notre maître Aboû Bakr est le meilleur des compagnons et il est le premier homme à être entré en Islam. Parmi ses nobles qualités, notons l’indulgence, le courage et la générosité. Il a été désigné comme premier calife la onzième année de l’hégire et les compagnons ont tous été unanimes sur son califat. Il a été surnommé `Atîq et As-Siddiq (le véridique).

Parole précieuse de Abôu Bakr dans la croyance en Dieu :

Notre maître Abôu Bakr Aŝ-ŝiddîq, que Allâh l’agrée a dit :

« العَجْزُ عن دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكُ والبَحْثُ عن ذَاتِهِ كُفْرٌ وإِشْرَاكُ »

(al-`ajzou `an daraki l-‘idrâki ‘idrâkou) (wa l-baĥthou `an dhâtihi koufroun wa ‘ichrâkou)

ce qui signifie : « Reconnaître son incapacité à parvenir à connaître l’Être de Allâh est en soi une connaissance et chercher à concevoir Son Être mène à la mécréance et à l’association » [rapporté par az-Zarkachiyy dans son livre tachnîfou l-masâmi`].

Allâh Ta`âlâ dit dans le Qour’ân :

﴿ وَلاَ يُحِيطُونَ بِهِ عِلْمًا ﴾

Ce qui signifie : « Ils ne cernent pas Sa Réalité », [sôurat Tâhâ, ‘âyah 110].

Les créatures ne connaissent pas la réalité de Dieu, Seul Dieu sait Sa Réalité.

Ainsi nous ne connaissons pas la Réalité de Dieu, de même les Prophètes et les anges ne connaissent pas la Réalité de Dieu, Seul Dieu sait Sa Réalité et il n’est pas permis de dire comment au sujet de Dieu.

Notre connaissance de Dieu à lieu en connaissant les attributs obligatoire à Son Sujet tel que la Puissance, la Science, la Volonté, et en L’exemptant de ce qui est impossible à Son Sujet tel que l’impuissance, l’associé, la localisation et en connaissant ce qui est possible à Son Sujet comme créer une chose ou anéantir une. Voir : La Croyance en Dieu.

L’ascendance du compagnon Abôu Bakr

Il se nomme `Abdou l-Lâh Ibnou Abi QouHâfah `Outhmân Ibni `Âmir Al-Qourachiyy. Certains ont dit qu’avant son entrée en Islam, il s’appelait `Abdou l-Ka`bah. Puis, le Messager Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam l’a appelé `Abdou l-Lâh. Son arbre généalogique rejoint celui du noble Prophète à Mourrah Ibnou Ka`b, sa mère étant la cousine paternelle de son père.

Sa naissance

Il est né 3 ans environ après l’année dite de l’éléphant, il était donc plus jeune que le Messager de trois ans. Il avait le visage blanc, le corps fin, les favoris non fournis et le front proéminent. Il était le meilleur des compagnons. Il a été le premier des hommes à embrasser l’Islam à l’âge de 37 ans. Il est rapporté par ‘Anas que Aboû Bakr se teignait avec du henné ou du katam (plante utilisée comme le henné pour la teinture).

Son histoire

Il faisait partie des notables de Qouraych et comptait parmi leurs savants. Il était aimé d’eux. Il était indulgent et inspirait le respect. Il était courageux, patient, généreux et compatissant. Il était le plus généreux des compagnons. Il a vécu 26 ans dans l’Islam. Il a été désigné calife le jour du décès du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam en l’an 11 de l’hégire, les compagnons ont tous été unanimes sur son califat et lui ont fait allégeance.

Le premier Calife

On lui a prêté serment et on lui a donné le pacte d’allégeance lors de sa succession au Prophète le jour du décès du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, en l’an onze de l’Hégire. Ce serment a eu lieu dans la cour des Banî Sa`îdah. Tous les compagnons par la suite lui ont prêté serment, y compris `Aliyy et Al-`Abbâs que Allâh les agrée tous deux.

Les compagnons ont donc été unanimes au sujet de la légitimité de son califat.

Son surnom `Atîq, l’affranchi du feu

Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans le livre Sifatou s-Safwah qu’il était surnommé `Atîq, surnom au sujet duquel il y a trois avis.

Le premier est rapporté de `Â’ichah. Lorsqu’elle a été interrogée au sujet du surnom `Atîq donné à Aboû Bakr, elle a dit : « Le Messager de Dieu (Allâh) l’a regardé un jour et a dit :

﴿ هذا عتيق الله من النار ﴾

(hâdhâ `atîqou l-Lâhi mina n-nâr)

ce qui signifie : « Il est l’affranchi de Allâh du feu de l’enfer ».

Selon le deuxième avis, ce serait un nom que sa mère lui avait donné, c’est ce qu’a dit Moûçâ Ibnou TalHah.

Et selon le troisième avis, on l’appelait ainsi en raison de la beauté de son visage : c’est l’avis de Al-Layth Ibnou Sa`d.

Aboû Bakr As-Siddîq (le véridique), celui qui atteste

Et le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam l’a surnommé As-Siddîq. Il a dit :

﴿ يكون بعدي إثنا عشر خليفة أبو بكر الصديق لا يلبث إلا قليلا ﴾

(Yakoûnou ba`di ‘ithnâ `achara khalîfah Aboû Bakr As-Siddîq lâ yalbathou ‘illâ qalîlan)

ce qui signifie : « Viendront après moi douze califes, Aboû Bakr As-Siddîq ne restera que peu ».

Al-Hâkim a rapporté dans Al-Moustadrak que la mère des croyants `Â’ichah a dit : « Les idolâtres sont venus voir Aboû Bakr et lui ont dit : « Ton compagnon prétend qu’il a effectué un voyage durant la nuit jusqu’à Baytou l-Maqdis ». Il leur a dit : « Il a véritablement dit cela ? ». Ils lui ont dit : « Oui ». Il a alors dit : « C’est qu’il dit vrai. Moi je le crois sur d’autres sujets. Je le crois en ce qui lui est révélé matin et soir. » » C’est à partir de là qu’il a été surnommé As-Siddîq celui qui atteste. Rapporté par As-Souyoûtiyy dans Târîkhou l-khoulafâ’ (histoire des compagons).

Aboû Bakr, le premier homme à entrer en Islam

Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans son livre « Sifatou s-Safwah » que le premier homme qui est entré en Islam dans la communauté du Prophète MouHammad est Aboû Bakr. Par ailleurs, Ibnou `Abbâs a dit : « Le premier (après le prophète) à avoir fait la prière était Aboû Bakr ».

Histoire de sa conversion

Son rêve : Alors qu’il était au pays de Ach-Châm (la Syrie antique), Aboû Bakr a rêvé que le soleil et la lune étaient tombés sur ses genoux. Dans son rêve, il les a pris par sa main, il les a serrés contre sa poitrine, puis il les a recouverts de sa cape. Il s’est ensuite réveillé de son sommeil.

L’explication de l’ermite (râhib)

Il partit voir un râhib pour qu’il lui explique la vision qu’il a eu dans le rêve. Le râhib lui a dit : « D’où viens-tu ? » Il lui a répondu : « De la Mecque. » Il lui a dit : « Qu’est-ce que tu fais ? » Il lui a répondu : « Du commerce. » Alors le râhib lui a dit : « Apparaîtra à ton époque un homme appelé MouHammad Al-‘Amîn, tu vas le suivre et il est de la tribu de Banoû Hâchim, il est le Prophète des derniers temps et toi tu rentreras dans sa religion et tu seras son ministre et son calife après lui. J’ai trouvé sa description dans At-Tawrât (la Thora) et dans Az-Zaboûr (les Psaumes révélés au Prophète David –Dâwoûd-) ». Quand notre maître Aboû Bakr, que Allâh l’agrée, a entendu la description du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, son cœur s’est attendri et il s’est langui de le voir.

Son entrée en Islam

Peu de temps après son rêve, Aboû Bakr, a rencontré le Messager et il est entré en Islam. Il a ainsi été le premier homme à entrer en Islam à l’époque du Prophète MouHammad.

La désignation de Abou Bakr comme calife

Aboû Bakr, que Allâh l’agrée, a été désigné calife le jour du décès du Messager de Dieu (Allâh) Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, c’était le lundi 12 du mois de Rabî`ou l-‘awwal de la onzième année de l’Hégire. Il a reçu le pacte d’allégeance dans la maison de Banî Sâ`idah. En effet, lui, `Oumar et certains compagnons s’étaient réunis pour se concerter au sujet du califat. `Oumar a dit à Aboû Bakr : « Tends-moi ta main ». Il lui a tendu la main et `Oumar la lui a serrée, indiquant par là un pacte d’allégeance. Par la suite, les Mouhâjiroûn (ceux qui ont accompli l’Emigration) puis les ‘AnSâr (les Partisans, qui ont accueilli les Emigrants à Médine) ont fait de même. C’est ainsi qu’ils ont prêté allégeance à Aboû Bakr et l’ont désigné calife.

Le pacte d’allégeance général

Le lendemain a eu lieu le pacte d’allégeance général, c’est-à-dire devant tous les gens. Contrairement à ce que certains prétendent, Aboû Bakr, n’a pas pris injustement le califat. Il s’agissait d’un pacte fait par les plus grands compagnons comme `Oumar ainsi que d’autres Mouhâjiroûn et des Partisans. Ce sont eux qui l’ont désigné calife, c’est-à-dire des personnes à même de le faire, ayant un haut degré. Par la suite, les autres l’ont suivi et ont fait, eux aussi, pacte d’allégeance au calife. Aboû Bakr était connu comme étant le meilleur de cette communauté après le Prophète. Les savants ont dit qu’il était même le meilleur saint de toutes les communautés.

Le discours de Abôu Bakr

Hichâm Ibnou `Ourwah a rapporté de son père qu’il a dit : « Lorsque Aboû Bakr a été désigné calife, il a donné un discours, il a loué Allâh par ce qui est digne de Lui et il a fait Son éloge par ce qui est digne de Lui puis il a dit : « Ô, vous les gens j’ai été chargé de vous, de votre responsabilité mais je ne suis pas le meilleur d’entre vous mais Allâh nous a fait descendre le Qour’ân et le Prophète nous a instauré les lois et nous avons ainsi eu la connaissance. Sachez que la plus intelligente des intelligences est la piété et que la plus stupide des stupidités est la perversité. De même, le plus fort d’entre vous pour moi est celui qui a été considéré par les autres comme faible jusqu’à ce que je lui rétablisse son droit, et le plus faible d’entre vous pour moi, est celui qui est considéré comme fort jusqu’à ce que je prenne de lui le droit qu’il a usurpé. Ô vous les gens je suis quelqu’un qui suit et je ne suis pas un [mauvais] innovateur. Si j’agis en bien aidez-moi et si je n’agis pas en bien alors corrigez-moi ».

La piété de notre maitre Aboû Bakr

Un soir, un serviteur de Aboû Bakr lui a présenté un plat dont il a mangé une bouchée avant de s’enquérir de sa provenance. Lorsqu’Aboû Bakr a appris qu’elle était illicite, il a dit : « Malheur à toi, tu risques de me mener à ma perte » et il s’est fait immédiatement vomir jusqu’à ce que la bouchée sorte de son corps.

On lui a dit : « Que Allah te fasse miséricorde, tout cela à cause de cette bouchée. »

Abou Bakr a répondu : « Si elle ne sortait qu’avec mon âme, je l’aurais faite sortir car j’ai entendu le Messager de Allah dire :

﴿ كل جسد نبت من سحت فالنّار أولى به ﴾

(Koullou jaçadin nabata min souHtin fan-nârou ‘awlâ bih)

ce qui signifie : « Tout corps qui prend chair à partir de ce qui est interdit, le feu en est prioritaire. » Et j’ai eu peur qu’une partie de mon corps ne pousse par la cause de cette bouchée ».

Cet événement au sujet de Aboû Bakr a été rapporté par Ibnou l-Jawziyy dans son livre « Sifatou s-Safwah » d’après Zayd bni ‘Arqam et il constitue une des nombreuses preuves de sa crainte de Dieu et de sa grande piété, que Allâh l’agrée.

Aboû Bakr a rassemblé le Qour’ân (al-MouS-Haf)

Après la mort du Prophète Mouhammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam : une période troublée.

Après la mort du Messager, l’hypocrisie s’est accrue. Certaines tribus se sont détournées de l’Islam et certaines ont refusé de verser la zakât (l’aumône obligatoire). Certains hommes ont même prétendu mensongèrement être Prophètes. Aboû Bakr, que Allâh l’agrée, a alors mené des batailles contre ces tribus pour rétablir la vérité et instaurer l’ordre.

Lors de ces combats, environ sept cents compagnons sont morts martyrs. La plupart connaissaient le Qour’ân par cœur. Parmi eux figurent Zayd Ibnou l-KhaTTâb, le frère de `Oumar, que Allâh les agrée tous deux, ainsi que Al-Barâ’ Ibnou Mâlik, le frère de ‘Anas Ibnou Mâlik.

Aboû Bakr a réuni les sourates du Qour’ân sous forme de feuillets

Le Qour’ân n’avait pas été rassemblé auparavant. Mais il était mémorisé par les compagnons qui le connaissaient par cœur. Il avait été noté au moment de la révélation sur des tablettes de pierre ou des peaux qui étaient conservées chez les scribes en différents endroits. C’est Aboû Bakr qui a ordonné de les rassembler et de les copier sur des feuilles. Il a été le premier à appeler cet ensemble MouS-Haf. Il n’était pas encore relié et a été conservé chez Aboû Bakr puis d’autres jusqu’à l’époque de `Outhmân.

En effet, Al-Boukhâriyy a mentionné dans son SaHîH la raison pour laquelle il a été décidé de rassembler le Qour’ân dans un même livre. Il est dit que Aboû Bakr As-Siddîq, que Dieu (Allâh) l’agrée, a fait venir Zayd Ibnou Thâbit. Zayd était scribe et faisait partie de ceux qui ont retranscrit la révélation au Prophète. Il est donc venu à lui. `Oumar Ibnou l-KhaTTâb, que Allâh l’agrée, était auprès de Aboû Bakr à ce moment-là. As-Siddîq, que Allâh l’agrée, a dit à Zayd : « `Oumar est venu me voir et il m’a dit que beaucoup de ceux qui mémorisent le Qour’ân ont été tués aujourd’hui, le jour de la conquête et je crains que beaucoup parmi ceux qui connaissent le Qour’ân par cœur meurent. Je pense qu’il faudrait que tu ordonnes de rassembler le Qour’ân ».

C’est alors que Zayd, qui était donc en présence de Aboû Bakr et de `Oumar, a dit à `Oumar, que Allâh l’agrée : « Comment veux-tu que nous fassions quelque chose que le Messager de Allâh n’a pas faite ?! » Alors `Oumar que Allâh l’agrée lui a répondu : « Ceci, par Allâh, est quelque chose de bien ».

Zayd a dit : « `Oumar à chaque fois me répétait la même chose jusqu’à ce que Allâh apaise mon cœur là-dessus. J’ai été d’accord avec `Oumar à ce sujet et ai partagé sa vision ».

Zayd Ibnou Thâbit, que Allâh l’agrée, a cherché à rassembler le Qour’ân et il le rassemblait des différents supports éparpillés en vérifiant avec ce que les gens avaient mémorisé. Après la mort de Aboû Bakr, c’est `Oumar puis sa fille HafSah qui ont conservé ces feuillets, que Allâh les agrée.

Les faits remarquables et les mérites d’Aboû Bakr

Sa fidélité au Messager et son dévouement

Les gens de science et de l’histoire et des conduites ont dit que notre maître Aboû Bakr, que Allâh l’agrée, était présent auprès du Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam lors de toutes les batailles. Il est resté dévoué au Messager de Allâh lors de la bataille de ‘OuHoud notamment. Le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam lui a confié sa bannière, sa grande bannière le jour de Taboûk. Et quand il est entré en Islam, il possédait 40 000 dirhams. Grâce à cet argent, il soutenait les musulmans. Il n’a jamais bu de vin, ni avant son entrée en Islam, ni après. Et il a été le premier à rassembler le Qour’ân.

Un homme sensible et intelligent

Aboû Bakr, que Allâh l’agrée, était un homme de foi. Il ne retenait pas ses larmes quand il récitait le Qour’ân et il était le meilleur des compagnons et le plus intelligent d’entre eux.

Sa grande générosité et son détachement de cette vie

`Oumar ibnou l-KhaTTâb témoigne des mérites de Aboû Bakr lorsqu’il rapporte : « Le Messager de Allâh nous avait ordonné un jour de donner des aumônes. Je me suis dit : « Aujourd’hui je vais surpasser Aboû Bakr en générosité, s’il se peut que je le surpasse un jour ». J’ai ramené la moitié de mes biens, le Messager de Allâh m’a dit : ما أبقيت لأهلك ؟ (Ma ‘abqayta li ahlik ?) ce qui signifie : « Qu’as tu laissé pour ta famille ? » Je lui ai répondu : « autant que j’ai ramené. » Aboû Bakr a ramené tout ce qu’il possédait. Le Messager de Allâh lui a dit : ما أبقيت لأهلك ؟ (Ma abqayta li ahlik ?) ce qui signifie : « Qu’as tu laissé pour ta famille ? » Il a répondu : « Je me fie à Allâh. » J’ai dit : « Je ne pourrai plus jamais faire mieux que lui » ». Rapporté par At-Tirmidhiyy.

D’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, Le Messager de Allâh a dit :

﴿ ما نفعني مال قط ما نفعني مال أبي بكر ﴾

(Mâ nafa`anî mâloun qaToun mâ nafa`anî mâlou Abî Bakr)

ce qui signifie : « Aucun bien ne m’a été autant profitable que le bien de Aboû Bakr. » C’est alors qu’Aboû Bakr s’est mis à pleurer en disant : « Mais moi et mon argent sommes tout à toi Ô Messager de Allâh ».

Son comportement d’excellence

‘Anas a rapporté que lors de la nuit de la grotte, alors que le Prophète et Aboû Bakr émigraient vers Médine, Aboû Bakr a dit : « Ô Messager de Allâh laisse-moi entrer avant toi, s’il y a une vipère ou autre, elle m’atteindra avant toi ». Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « Entre. » Aboû Bakr est entré et a tâtonné de ses mains. Chaque fois qu’il trouvait un trou, il le bouchait à l’aide d’une partie de son vêtement. Après avoir utilisé toute sa cape, il a vu qu’il restait un trou. Il a alors mis son talon pour le boucher puis il a fait entrer le Messager de Allâh. Au matin, le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

﴿فأين ثوبك يا أبا بكر ؟ ﴾

(Fa’ayna thawbouka yâ Abâ Bakr)

ce qui signifie : « Où est donc ta cape Aboû Bakr ? » Il lui a appris ce qu’il avait fait alors le Messager de Allâh a levé les mains en disant ce qui signifie: « Ô Allâh fais que Aboû Bakr ait un haut degré avec moi au jour du jugement. » Allâh lui a révélé qu’Il l’a exaucé.

Ce récit est rapporté par Aboû Nou`aym dans Al-Hilyah.

Son éloge par un poète

D’après Az-Zouhriyy, il a été dit que le Messager de Allâh a demandé à Haçân Ibnou Thâbit qui était un poète et qui faisait des éloges : « ‘Aqoulta fi Abî Bakr chay’an ? » ce qui signifie : « As tu composé des vers à l’éloge de Aboû Bakr ? », Haçân lui a dit : « Oui. » Le Prophète lui a dit : « Qoul wa ‘anâ ‘asma`. » Ce qui signifie : « Dis et moi je t’écoute. » Le poète a alors dit : « Il était le second de deux personnes dans la grotte alors que l’ennemi essayait de les rattraper et l’intensité de l’amour qu’il avait pour le Messager de Allâh était telle, que les gens ont su que c’est un amour qu’aucune autre personne ne pouvait lui prodiguer ». En écoutant les vers de poésie à l’éloge de Aboû Bakr composés par Haçân Ibnou Thâbit, le Messager a souri d’un large sourire. Puis, il a dit : « Sadaqta yâ Haçân houwa kamâ qoult » ce qui signifie : « Tu as dis vrai, ô Hassân, il est véritablement comme tu l’a décris ».

Aboû Bakr désigne son successeur

Bien inspiré

Le compagnon Ibnou Mas`oûd a dit : « Les gens les plus inspirés au sujet des autres sont au nombre de trois : Aboû Bakr lorsqu’il désigna pour successeur `Oumar, l‘épouse de Moïse (Moûçâ) lorsqu’elle dit à son père : « Loue les services de Moûçâ » et Al-`Azîz, le dignitaire d’Egypte lorsqu’il fut inspiré au sujet de Joseph (Yoûçouf) et qu’il dit à son épouse : « Agis en bien envers lui. » » C’est-à-dire que Aboû Bakr a été bien inspiré en désignant `Oumar comme successeur. Ibnou Sa`d ainsi que Al-Hâkim ont rapporté ce jugement.

Il a consulté ses pairs

Il a été rapporté de Aboû Bakr que lorsqu’il a senti la mort proche, il a appelé `Abdou r-RaHmân Ibnou `Awf et lui a dit : « Parle-moi de `Oumar Ibnou l-KhaTTâb ». `Abdou r-RaHmân Ibnou `Awf lui a répondu : « Tu ne m’as jamais interrogé au sujet de quelque chose sans avoir plus de connaissance que moi à ce sujet ». Alors Aboû Bakr lui a dit : « Parle tout de même ». `Abdou r-RaHmân Ibnou `Awf a dit : « Il est par Allâh encore meilleur que ce que tu peux penser de lui ».

Puis il a appelé `Outhmân Ibnou `Affân et lui a dit : « Parle-moi de `Oumar ». C’est alors que `Outhmân lui a dit : « Tu es celui qui le connaît plus que nous ». Il lui a dit : « Malgré cela parle-moi de lui ». Alors `Outhmân lui a dit : « Par Allâh, ce que je sais de lui, c’est que son fort intérieur est meilleur que son apparence et qu’il n’y a pas semblable à lui parmi nous. »

Il a également demandé l’avis de Sa`îd Ibnou Zayd et de ‘Ouçayd Ibnou l-KhouDayr et d’autres qu’eux parmi les Mouhâjîrin (ceux qui ont fait l’Emigration) et les ‘AnSâr (les Partisans).

Ainsi, Aboû Bakr a concerté de nombreux compagnons ayant les plus hauts degrés avant de le désigner et ils ont été unanimes à reconnaître le haut degré de `Oumar, que Allâh l’agréé.

`Aliyy et `Oumar n’étaient pas rivaux

Yacîr Ibnou Hamzah a dit : « Lorsque Aboû Bakr sentit la mort proche il s’adressa aux gens à partir d’une petite ouverture et leur dit : « Ô gens j’ai pris un engagement envers moi-même pour désigner quelqu’un, l’accepterez-vous ? » Alors les gens ont dit : « Nous l’accepterons, ô toi qui est le calife désigné par le Messager de Allâh ». C’est alors que `Aliyy s’est levé et dit : « Nous n’accepterons que si c’est `Oumar ». Alors Aboû Bakr lui a dit : « C’est `Oumar » ». Cela est rapporté de Ibnou `Açâkir par As-Souyoûtiyy dans son livre « Târîkh l-Khoulafâ’ ».

Quant à ceux qui prétendent qu’il y avait une rivalité entre `Aliyy et `Oumar, ceci est complètement faux. Bien au contraire, c’est `Aliyy qui a suggéré à Aboû Bakr de désigner `Oumar comme successeur, que Allâh les agrée tous.

Le décès de notre maitre Aboû Bakr

Une dure épreuve pour les musulmans

A l’âge de 63 ans, Aboû Bakr est tombé malade et il est décédé. Son califat a duré 2 ans 3 mois et 13 jours. Tout Médine était en pleurs, les gens étaient sous le choc suite à sa mort.

A sa mort, `Aliyy Ibnou Abî Tâlib a accouru en pleurant chez lui. Arrivé à la porte, il a dit en s’adressant à lui : « Que Dieu te fasse miséricorde Aboû Bakr, tu étais par Allâh le premier des gens à entrer en Islam, tu as cru en la véracité du Messager de Dieu, alors que les gens l’avaient accusé de mensonge, tu as été généreux et tu l’as aidé avec ton argent lorsque les gens ont fait preuve d’avarice, tu étais avec lui alors que les gens s’étaient désisté et Allâh t’a appelé dans Son livre Siddîq (véridique) par Sa parole :

﴿وَالَّذِي جَاءَ بِالصِّدْقِ وَصَدَّقَ بِهِ ۙ أُولَـٰئِكَ هُمُ الْمُتَّقُونَ ﴿٣٣﴾ ﴾

(Wa l-ladhî jâ’a bis-Sidqi wa Saddaqa bihi)

ce qui signifie : « Et celui qui est venu avec la vérité [le Messager] et celui qui y a cru [Aboû Bakr]) », [Az-Zoumar, âyah 33].

Son enterrement

Les spécialistes des biographies ont dit : « Aboû Bakr décéda la nuit du mardi entre le temps de al-maghrib le temps de al-`ichâ’ 8 nuits avant la fin de Joumada al-‘âkhirah de l’an 13 de l’hégire alors qu’il avait 63 ans. Il avait recommandé que son épouse le lave et qu’il soit enterré aux côtés du Messager de Allâh ».

`Oumar a dirigé la prière funéraire en sa faveur entre la tombe et le minbar. Il a été enterré dans la maison de sa fille `A’ichah c’est-à-dire là où est enterré le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, sa tête a été placée au niveau des épaules du Messager de Allah. As-Siddiq est mort en laissant une descendance de 6 enfants : `Abdou l-Lah, ‘Asma’ dhatou n-Nitaqayn, `Abdou r-Rahman, `A’ichah (l’épouse du Prophète), Mouhammad et ‘Oummou Koulthoum.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

Source: Sunnite.net