L’opposition politique et ses pendants dans les medias et la société civile n’ont pas tardé à tirer la salve : Issoufou Mahamadou, en visite de travail récemment dans les régions de Maradi et Tahoua (et cette semaine à Zinder) serait en campagne. Avant l’heure, « et c’est hors-la-loi », selon nos gardiens autoproclamés des textes règlementaires, car la campagne officielle pour les élections présidentielles et législatives ne s’ouvre que le samedi 30 janvier prochain.

Non, Messieurs. Issoufou connaît et respecte les lois plus que la plupart d’entre vous, comme il l’a démontré durant toute sa carrière professionnelle d‘abord, politique ensuite. Pour la campagne, il attendra le 30 janvier comme tous les autres candidats. Mais il se trouve que ce candidat est aussi président de la République en fonctions jusqu’au 07 avril 2016 et qu’à ce titre, il a le droit (et même le devoir) d’entretenir contact et dialogue avec la population, ce qu’il faisait durant les quatre autres années passées de son mandat sans que personne n’ait trouvé à redire. Par ailleurs, le président de la République, conformément à son serment, met en œuvre, jusqu’au dernier jour de son mandat, le programme de Renaissance sur la base duquel les nigériens lui ont accordé leurs suffrages en 2011. C’est ainsi qu’il a lancé respectivement à Mayahi et Bagaroua, des travaux de construction de routes, contenus dans les engagements pris en 2011. A Zinder cette semaine, c’est l’aboutissement d’une promesse majeure de 2011 qui va être inauguré par le chef de l’Etat : l’approvisionnement en eau, denrée qui a crucialement manqué à la cité historique du Damagaram, jusqu’à ces temps de …Renaissance.

Oui, le président avait lancé (et continue de lancer) de multiples travaux d’infrastructures, d’une ampleur jamais connue, même dans la région ouest-africaine.

Depuis, les graines ont germé. Est venu, maintenant, le temps des récoltes, l’ère des inaugurations. Faut-il, parce que la campagne est proche et pour plaire à l’opposition, que le président s’abstienne de réceptionner le fruit de son initiative ? Ou d’engager de nouveaux chantiers ?

La vérité est que Issoufou Mahamadou est déjà plébiscité par …l’opposition. Celle-ci n’a été vue à aucun moment de la pose des fondations et de la réception des ouvrages réalisés au cours du mandat ;  elle a disparu des radars dans la période de pré-campagne ; et maintenant que s’ouvre la campagne, aucun frémissement n’est perceptible en son sein.

Sans contribution positive à son actif, sans argument devant une réalité bien plus différente que lorsqu’elle était au pouvoir, lasse d’ourdir des complots et des plans de déstabilisation systématiquement éventrés et déjoués, plombée par les égos de ses leaders, empêtrée dans des affaires judiciaires et de multiples casseroles en lien avec sa gestion antérieure, l’opposition politique est l’atout maître pour  le « Un coup K.O. » qui se profile au Niger.

Maï Riga