La campagne électorale bat son plein. C’est un fait. Pourtant, avant son lancement, que d’incertitude et scepticisme quant à la tenue même de ces élections ! N’oublions pas à ce sujet d’élections, nous revenons de très loin. Le décor ?

La chienlit ou du moins le bras de fer entre acteurs dans l’organisation des élections en 2016 jusqu’à une date récente. L’opposition avait concocté ses récusations des institutions chargées des élections et le pouvoir était déterminé à ne pas outrepasser les délais constitutionnels pour la tenue des élections.

Un véritable climat de dialogue de sourds était instauré entre le pouvoir et l’opposition. La crise de confiance entre les deux pôles était telle que certains observateurs avaient commencé par préconiser une médiation internationale.

C’était assez inhabituel au regard de nos us et coutumes en matière électorale. En effet, hier comme aujourd’hui, les nigériens sont fiers d’avoir toujours réussi leurs élections de manière libre et transparente et avec fairplay de la part des partis politiques.

Et ce, parce qu’à la base même, le Niger s’est doté des institutions susceptibles de prévenir des conflits ou crises électorales. Au Niger, les résultats des élections sont toujours connus en temps réel parce qu’en amont les conditions ont été créées d’un commun accord par les acteurs pour que cela soit.

Et aujourd’hui encore, cet espoir renait de plus bel en ce sens que la mécompréhension ou méfiance entre pouvoir et opposition a été transcendée avec la bénédiction de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui a bien voulu auditer le fichier électoral nigérien, pomme de discorde entre les forces politiques en présence.

A la vérité, malgré quelques ratés observés dans la présente campagne, on peut dire qu’en principe les vraies causes de conflits ont été prévenues. Nul doute que le fichier électoral, la Commission électorale indépendante et la Cour Constitutionnelle, du reste objets de récusation de l’opposition, sont désormais acceptés par tous.

Il va sans dire que nous allons véritablement plus que jamais vers des élections apaisées en ce sens que tout le monde fait confiance au cadre électoral mis en place de manière consensuelle. Encore faut-il qu’en dernière instance que la discipline soit observée sur toute la ligne par les partis politiques et leurs militants.

La campagne doit se faire dans un esprit de débat d’idées, programme contre programme pour avoir l’assentiment du peuple souverain. Malgré tout, il est permis d’espérer que la paix et la sérénité prévalent pour la tenue de ces élections.

Pour les errements constatés ici et là, il importe aux partis politiques de rappeler à l’ordre leurs militants car en dernière analyse c’est le peuple Nigérien qui aura gagné. Et c’est ce même peuple que tout le monde prétend servir.

La paix qui règne dans notre pays dans un contexte sous-régional assez tumultueux doit être préservée. Comment d’ailleurs cela pourrait-il être autrement quand on sait que les préoccupations de la majorité des nigériens c’est de faire face aux questions existentielles à savoir l’accès aux besoins humains fondamentaux.

Et dans ce sens les partis politiques apparaissent comme des vendeurs d’illusions qui proposent des remèdes à ces problèmes en sollicitant le suffrage du peuple. Libre alors à chaque électeur de délibérer à son âme et conscience pour qui il doit faire confiance.

C’est dire que si tant est que les règles du jeu sont acceptées par tous alors il n’y a pas lieu à des rixes ou échauffourées inutiles. Au regard du déroulement de la campagne telle que menée par les différents candidats, il faut dire que jusqu’ici les choses se passent plutôt à merveille dans la mesure où les postulants animent librement leurs meeting et vendent bien projets de société ou programmes. Il faut simplement souhaiter que le meilleur gagne !
Elh. M. Souleymane