L’actuel mandat présidentiel tire à sa fin et dans moins de dix jours, les électeurs nigériens devront se rendre aux urnes pour élire le futur président de la république ainsi que les députés de la future Assemblée nationale. Le président sortant, Issoufou Mahamadou, est candidat à sa propre succession.

Cinq ans plutôt, jour pour jour, l’enfant de Dandadji se présentait devant les électeurs nigé- riens avec un ambitieux programme dénommé Programme de la renaissance du Niger décliné en huit (8) propositions majeures allant de la bonne gouvernance politique, administrative et économique aux infrastructures socioéconomiques en passant par l’école, la santé et l’agriculture. Pour traduire en actes concrets ce mirifique programme, six mille milliards de nos francs devaient être mobilisés sur cinq ans, moitié par la mobilisation des ressources internes et moitié par celle des ressources externes.

Il fallait alors donner à ce mirobolant programme un contenu plus technique, c’est- à-dire l’habiller pour en faire un véritable projet économiquement et financièrement bancable. C’est ainsi que le PDES (Programme de Développement Economique et Social) 2011 2016 vit le jour. Une grande table-ronde autour des bailleurs de fonds avait eu lieu à Paris en 2012 afin de lever les fonds nécessaires au financement de ce programme. L’on se rappelle que près de deux milles de nos francs avaient été annoncés par les partenaires au cours de cette table-ronde, ce qui était d’ailleurs au-delà des espérances du régime de la septième république.

Après cinq ans de mise en œuvre du programme de la renaissance doublée de l’Initiative 3N, le candidat de la MRN peut aujourd’hui se prévaloir d’un bilan éloquent qui lui permettrait de solliciter à nouveau la confiance des Nigériens pour un second mandat. Pourtant, ce bilan élogieux n’allait pas de soi, tant les obstacles de toutes sortes s’étaient dressés sur le chemin du jeune régime de la septième république arrivé aux affaires dans un contexte sous/régional marqué par une insécurité permanente tout au long de ses frontières : au Sud et à l’Est, Boko Haram, au Nord, Aqmi, à l’Ouest MUJAO !

Cette nouvelle donne sécuritaire avait obligé les plus hautes autorités du pays à investir des moyens considé- rables dans les forces de défense et de sécurité afin de faire régner la paix et la quiétude sur l’ensemble du territoire national. Comme vous le savez, la dégradation de la situation sécuritaire ne pouvant être prévu, il fut donc nécessaire d’imaginer des solutions à court terme, quitte à sacrifier d’autres priorités sociales non moins importantes afin de parer au plus urgent. En dépit de tout cela, le régime de la septième république a pu tout de même assurer plus que le nécessaire dans maints domaines.

Grâce à sa vision novatrice de la géopolitique mondiale, le Président Issoufou a pu convaincre la communauté internationale sur la profonde corrélation entre dé- veloppement, démocratie et sécurité. D’ailleurs, à ce sujet, il faut rappeler l’arrivée au Niger du gotha de la communauté internationale à l’occasion de la Conférence Internationale sur le Sahel qui s’était tenue à Niamey en 2013. Ainsi, grâce à cette approche pragmatique et surtout originale, les questions de développement sont désormais inséparables de celles de la démocratie et de la sécurité.

Après avoir relevé avec brio le défi sécuritaire qui a fait du Niger un îlot de paix dans un océan de conflits, le Président Issoufou aura aussi gagné son pari d’un Niger vert avec la louable Initiative 3N qui avait permis au pays de contenir les effets dévastateurs de la grave crise alimentaire 2011 / 2012. Il faut souligner que grâce à la réussite de cette initiative, la FAO, l’organisme international du fond alimentaire des Nations Unies, avait décerné à Rome au Niger le prix de la meilleure initiative en matière agricole en 2015 !

Sur le plan des infrastructures, force est de reconnaitre que le régime de la renaissance aura battu tous les records au Niger en matière de construction de routes bitumées, de salles de classe et de centres de santé, et ce, en l’espace seulement de moins de cinq ans. Dans le domaine de l’emploi, le programme de la renaissance sera allé même au-delà de ce qu’il avait promis de faire, c’est- à-dire créer 50.000 emplois chaque année, soit au total 250.000 emplois à la fin du premier mandat.

Aujourd’hui, cet objectif quantitatif est largement dépassé, car ce sont plus d’un demi-million d’emplois directs et indirects qui ont été créés au Niger ces quatre derniè- res années. Rien que dans la Fonction Publique, on estime à 37.000 le nombre des nouveaux agents recrutés sans compter le revalorisation salariale qui a multiplié la masse salariale du simple au triple ! A titre de comparaison, en dix ans de règne, la cinquième république de Tandja n’avait recruté que 3.000 agents en tout et pour tout !

Malgré tous ces nombreux facteurs rédhibitoires, le régime de la septième république aura su faire preuve de beaucoup de courage et d’imagination créatrice pour assurer au Niger et à son peuple un environnement stable, des institutions républicaines fortes et crédibles, et des perspectives d’avenir claires et prometteuses, à condition bien entendu que le même cap soit maintenu. Pour maintenir ce cap, les Nigériens l’ont désormais compris, ils n’ont plus besoin de marchands d’illusions, mais bien d’un bâtisseur-né comme le Président Issoufou, dont même les aveugles à Niamey sont au courant que la ville s’est littéralement métamorphosée.

C’est donc avec cet atout important que Issoufou sillonne le Niger profond, et partout où il est passé, les populations lui garantissent le ”Un coup k.o” comme un peu partout en Afrique maintenant, façon de dire comme les haoussaphones: ”Kan wanka hulla guda ta key mu daré” (Il ne faut pas que le rinçage d’un seul bonnet nous amène jusqu’au crépuscule !) Le ”un coup k.o” est donc en marche, et rien, mais alors rien ne pourra le stopper, Inch’Allah.

Zak (OPINIONS N° 283)