Comme en 2011, le candidat du MNSD-Nassara, Seini Oumarou, bat à nouveau campagne sous le nom de l’ancien président de la république, Tandja Mamadou aujourd’hui grabataire. Un peu partout sur certaines artères de la ville de Niamey on le voit sur des photos devant son mentor politique Tandja, exactement comme un père derrière son petit garçon lui indiquant les pas à suivre.

Le phénomène n’est pas vraiment nouveau, car en 2011 aussi, le falot Seini était obligé de se déplacer lors de ses meetings de campagne avec la photo de Tandja pendant que celui-ci croupissait dans les geôles du camp pénal de Kollo. Cinq ans après, le candidat du MNSD n’a toujours pas progressé en termes d’indé- pendance politique pour trouver sa voie et son originalité afin de faire la politique en son nom propre, car le reflexe du soumis sera resté vivace chez le personnage plus enclin et plus apte à jouer les seconds rôles qu’à marquer de son empreinte personnelle le cours des évènements.

Au cinéma on appelle cela les seconds rôles pour lesquels il est décerné un prix lors des récompenses des meilleurs films de l’année. Avant Tandja, c’était Hama Amadou qui était son mentor politique qui, d’ailleurs se targuait souvent de l’avoir ”fabriqué”, celui qui n’était qu’un simple ”vendeur de cahiers pour écoliers”. On l’avait déjà écrit dans ces mêmes colonnes, Seini Oumarou était entré en politique par simple effraction, car rien dans sa vie antérieure d’opérateur économique ne le prédisposait à une carrière politique.

Ce handicap originel explique aujourd’hui largement l’état de dépendance et de minorité politique (du mot mineur) dans lequel végète le candidat du MNSD contraint de battre campagne par procuration de Tandja Mamadou ! Son degré d’asservissement politique est tel qu’il n’a même pas été capable de formuler un programme politique propre à lui. Il se contente seulement de réchauffer le défunt programme spécial de Tandja Mamadou que nous avions qualifié à l’époque de ”Gâchis spécial de Tandja Mamadou”. Partout où il était passé, après la séquence des insultes à l’endroit du Président Issoufou, en deuxième partie, il égrène le fameux programme spécial, consistant ”au développement à la base et la pleine participation citoyenne”, sans aucun contenu concret.

Se perdant dans des chiffres totalement faux, affirmant pé- remptoirement des niaiseries du genre ”plus de 85% des Nigériens vivent de l’agriculture”, oubliant ainsi l’urbanisation accélérée qui nous contraint à trouver de nouvelles formes d’agriculture plus efficaces et plus productives. Il faut dire que Seini Oumarou est tout simplement anachronique, désuet et totalement en déphasage avec les préoccupations premières des citoyens nigé- riens en tentant de leur resservir un plat froid, indigeste pour lequel ils ont dû batailler fort pour s’en séparer, malgré son atavique habillage à travers le tazarché !

En suivant à la télé Seini Oumarou dans ses divagations, on a l’indicible impression de regarder des images d’archives, tant le contexte et les propos développés sont une pâle copie d’un remake de la Cinquième république. En plus de cette campagne ringarde, le candidat du MNSD aura beaucoup dénaturé, voire caricaturé son lisse personnage sous lequel les Nigériens avaient appris à le connaitre et l’apprécier dans le passé au moment de sa lutte épique pour la conquête du MNSD. Il aura donc finalement troqué son caractère calme et pondéré pour verser dans l’injure gratuite, l’irrespect voire dans le langage ordurier indigne d’une personnalité politique de sa trempe.

Ici aussi il faut se rappeler que nous avions prédit cette lente mais certaine érosion psychologique et morale qui atteint de plein fouet Seini Oumarou : ”On ne partage jamais le repas du diable sans un jour en payer le prix fort”. A force de fricoter avec les incarnations suprêmes du mal que sont des Hama Amadou, Mahamane Ousmane, des Me Souley Oumarou et autres petits marteaux alimentés au carburant de la haine, Seini Oumarou aura fini par vendre son âme au diable. Aujourd’hui, plus personne de sérieux ne reconnait l’enfant de Tillabéri si affable jadis, si courtois, mais devenu, au fil des temps, maitre incontesté du langage ordurier.

Hama Amadou, du fin fond de sa cellule du camp pénal de Fillingué, peut certainement s’estimer heureux des immenses progrès réalisés par son ancien poulain dans la ”satanisation” du combat politique : l’élève est en passe de dépasser le maître ! A la différence de Hama ou Mahamane Ousmane qui agissaient le plus souvent par égocentrisme, chez Seini Oumarou au contraire, le ressort profond de cette attitude repose, en apparence, sur une pulsion masochiste. En effet, en se travestissant de la sorte, c’est à luimême que Seini fait du mal, car au bout du compte, cette posture belliciste l’aura plus desservi que servi auprès des Nigériens.

Seini Oumarou oublie qu’à un certain âge on ne peut plus se refaire, et porter des habits qui ne sont pas faits, manifestement, pour vous frise souvent le ridicule. Autre handicap sévère qui fragilise Seini Oumarou et sa candidature, c’est cette propension à jouer à la cécité intellectuelle en dénuant les réalités physiques du programme de la renaissance du Président Issoufou. Ne dit-on pas que ”dire que le soleil n’existe pas est un mensonge ridicule, cependant, affirmer ne pas voir le soleil est, certes, hypocrite, mais reste du domaine du plausible pour celui qui ne veut pas le voir” !

Tel est, malheureusement, Seini Oumarou, qui n’a vu aucune route construite, aucune classe, aucun puits, aucun hôpital, aucune ambulance, aucun point d’eau, n’empruntant aucun échangeur dans Niamey, bref, nanti de ses lunettes en bois, il ne veut voir au Niger que ce qu’il veut bien voir : le Niger du Gâchis spécial de Tandja Mamadou ! En définitive, lorsque l’on galvaude la parole publique de la sorte, lorsque l’on malmène le discours politique pour des intérêts bassement mesquins, on se dit, en fin de compte que ces gens-là nous prennent pour des imbéciles heureux ; mais ça, personne n’est prêt à l’accepter, qu’ils se le disent une fois pour toutes.

Zak (OPINIONS N° 284 DU 15 FEVRIER 2016)