La presse le dénonce, les analystes le constatent et le choix de la COPA le prouve : l’opposition nigérienne joue plus que jamais sa crédibilité. En plus des incohérences et ambiguïtés inhérentes à son choix de boycotter le second tour de la présidentielle, l’on se demande à quoi rime un tel choix, une telle décision d’une coalition politique dont la vocation  est la conquête du pouvoir.

Peut-on logiquement dire que l’option de la COPA est intelligible quand on sait qu’elle a un candidat sur la ligne de départ au second tour de la présidentielle ? Qui plus est, la COPA avait misé de tous ses vœux d’accéder à ce second tour en se targuant de mettre en ballotage le président sortant.

Après la décision de Hama Amadou de ne pas désister au second tour, nous avons suivi les principaux activistes de la COPA tout le weekend à travers points de presse et débats, les répliques des uns et des autres sont loin d’apporter la lumière tant attendue par l’opinion.

Mais après moult interrogations, n’est-il pas fondé de considérer les révélations de la presse à propos du financement de la campagne du second tour par la COPA ? En effet, dès le premier tour d’aucuns rapportaient des difficultés réelles de financement de la campagne électorale par les principaux alliés de Hama Amadou.

Malgré les efforts de Hama Amadou, apprend-on, de financer sa campagne jusqu’à une certaine hauteur, ses compagnons de la COPA n’étaient pas prêts à s’engager dans un marché de dupes, une cause perdue d’avance au regard de la disposition des forces en présence. Sans tenir compte d’autres considérations ou divergences au sein de la coalition.

C’est ainsi pour sauver la face qu’un modus operandi a été trouvé : ne pas jeter de l’argent par la fenêtre et secundo ne pas perdre le statut de chef de file de l’opposition d’où le maintien de la candidature de Hama Amadou. Sans battre campagne. Et même pour amuser la galerie, on prône le boycott.

C’est ce camouflet consacrant le risque zéro pour la COPA au second tour qui donnera du fil à retordre aux analystes politiques. Moussa Harouna du MNSD avait même dit : « Nous comprenons la décision de Hama Amadou de maintenir sa candidature ce qui lui permettra de faire de recours » ?!

En refusant d’aller jusqu’au bout de sa logique, retirer son candidat et opté pour son boycott actif, la COPA s’est plongée dans ses propres contradictions. Elle joue au manipulateur narcissique qui, en prenant des risques mesurés voudrait se placer dans sa zone de confort pour tirer profit d’une éventuelle chienlit dans le pays.

Pourtant, si tant soit peu, en patriotes, nous considérons le coût de ces élections pour notre pays et ses partenaires on pourrait se rendre à l’évidence que ce n’est pas responsable de vouloir tourner en dérision tout un peuple. Jouer au mauvais perdant n’honore en rien un démocrate. Il faut savoir assumer la victoire comme l’échec. Une règle élémentaire de la vie.

En optant pour ce petit jeu, nul doute que la COPA 2016 joue sa crédibilité puisque désormais le vrai enjeu de la présidentielle second tour, c’est bel et bien le taux de participation. Autant dire que la COPA n’est pas encore sortie de l’auberge. Si jamais les nigériens sortent massivement pour élire leur président le 20 Mars prochain. Comme ils l’ont fait au premier tour. Qui vivra, verra !

EMS