Retrait, suspension, maintien, indécision et indifférence. Avec la Coalition Pour l’Alternance (COPA 2016), c’est à la fois tout et son contraire. Jamais au Niger, une alliance politique n’a été aussi confuse et inefficace comme l’est actuellement la COPA 2016. Sinon comment comprendre que celle coalition tout en se disant indifférente au processus électoral maintienne la candidature d’un de ses membres ?

Mais, ne nous méprisons pas. Dès le départ, on savait que la COPA 2016 est un véritable marché de dupes, ou les uns ne sont pas prêts à soutenir les autres, et les bases des uns ne sont pas prêtes à voter pour un candidat. L’indifférence dont parle la coalition suppose que ni Mahamane Ousmane, encore moins Seini Oumarou ne battront campagne pour le candidat Hama Amadou, encore moins appeler leurs bases à voter pour lui, au moment pourtant ou il le plus besoin de soutien. Ils ne sont pas non plus disposés à dépenser leurs ressources financières et leur énergie malgré la signature des accords de la COPA qui prévoient un soutien pour le candidat le mieux placé au second tour.

En restant indiffèrent au second tour de l’élection présidentielle, ils rendent du coup la monnaie à Hama Amadou qui les avaient privés de la victoire en 2011 dans le cadre de l’Alliance pour la Réconciliation Nationale (ARN). A défaut de rejoindre donc le camp adversaire comme l’avait fait il y a 5 ans le président du FA-Lumana , Mahamane Ousmane, Seini Oumarou et consorts ne vont rien entreprendre pour faire triompher le candidat du Moden FA-Lumana au second de la présidentielle le 20 mars prochain. On appelle ça du sabotage.

Et au lieu éclairer l’opinion publique nationale et surtout ses militants et sympathisants sur la marche précise à suivre le 20 Mars, le point de presse de la COPA qui était attendu depuis 48 heures a été équilibriste et a rajouté à la confusion déjà existante. Que vont faire par exemple les militants de l’opposition le jour du scrutin? Rester indifférents ou voter pour l’ancien président de l’Assemblée Nationale? Les partis politiques et personnalités qui s’étaient refusés à se rallier  à la COPA 2016 ont certainement bien fait de ne pas s’engouffrer dans ce casse-tête chinois.

Au total, par ses incohérences, ses indécisions et ses voltes-face, la coalition de l’opposition est devenue en moins d’un an le meilleur allié du président Issoufou. Il n’est donc même pas sure que le régime veille s’en débarrasser dans immédiat.

Maaroupi Elhadji Sani

Kakakiniger.net