Décidément la main tendue du président de la République à l’endroit de l’opposition ne fléchit pas. L’initiative de la formation du gouvernement d’union nationale (GUN), pomme de discorde entre Issoufou et ses opposants est loin d’avoir épuisé l’énergie du président Issoufou Mahamadou à rassembler les Nigériens pour un Niger émergent. Pourtant réélu avec une majorité confortable au parlement, le président Issoufou a surpris tout le monde en appelant l’opposition à participer à son gouvernement pour bâtir le Niger. Cet appel est perçu comme un aveu d’impuissance par l’opposition. A preuve : la COPA 2016 exige une transition et la reprise des élections comme conditions au dialogue selon son porte-parole Ousseini Salatou.

Depuis que Issoufou Mahamadou tient un discours d’apaisement face à l’opposition, c’est révoltant de voir certains coupeurs de cheveux en quatre interpréter cet appel à l’unité comme un signe de faiblesse.

Qui a suivi la réponse de Bazoum Mohamed à la Copa 2016 après l’annonce des résultats du second tour par la CENI ? Telle doit être la réaction du président de la République s’il voulait suivre le rythme de la COPA. Mais Issoufou Mahamadou en tant que président de la République a une autre vision qui n’est pas forcément  celle de son parti et ses alliés.

Pourtant en disposant d’une large majorité confortable au parlement, il pourrait tenir un autre discours. Ce n’est pas une faiblesse au plus fort d’être clément face au faible et de surcroît pour préserver l’intérêt général.

La main tendue du président Issoufou est une opportunité, une chance pour notre pays à exploiter par chacun et tous. La violence, la sédition et l’anarchie ont des limites face à l’Etat, ce monstre froid.

N’oublions pas que l’Etat a le monopole de la violence. Lorsqu’Amadou Boubacar Cissé prône la désobéissance civile au nom de la Copa à partir du 2 Avril, en voulant banaliser l’élection qu’ils ont du reste perdue, je me demande humblement si la raison n’avait pas déserté les consciences de certains leaders.

Le président du PNDS Bazoum Mohamed l’a dit en tant qu’ancien ministre des affaires étrangères, le Niger est en phase avec l’ensemble de ses partenaires extérieurs. La Cour Constitutionnelle et la CENI ne sont pas des « machins » au service d’Issoufou aux yeux de la Communauté internationale et de la majorité des nigériens comme voudrait l’insinuer la Copa.

Franchement il faut savoir proportions gardées et se ressaisir pour ne considérer que les intérêts du Niger. Le président de la République vient de tendre sa main à tous, saisissons cette opportunité pour permettre aux nigériens des villes et villages d’accéder aux besoins humains fondamentaux.

Ceux qui considèrent ce réflexe du président comme un renversement de rapport de force, ceux – là comprendront tardivement qu’ils se sont trompés de perspective.

« Il faut qu’on se parle » a dit le président Issoufou mais encore faut- il savoir appréhender cette voix de la sagesse, cette inspiration d’un homme dont les fonctions ont amené à entrevoir ce que nous ne saurions percevoir.

Le monde entier est témoin de l’initiative d’Issoufou à bâtir la paix au Niger. Et le monde entier observe la réaction de ses adversaires. En exigeant du président de la République à renoncer à sa victoire et instaurer une transition pour reprendre les élections au Niger, il est fort à parier si la COPA 2016 est vraiment disposée au dialogue.

Nul doute que la COPA n’a pas encore tiré les leçons de la politique de la chaise vide qu’elle avait délibérément choisie tout en maintenant son candidat au second tour. Perdre élection et réclamer la reprise de cette élection revient à vouloir le beurre et l’argent du beurre. Autant dire que face à la bonne foi du président Issoufou, la COPA 2016 oppose un véritable dialogue des sourds.

EMS