Alors que le deuxième tour de la présidentielle se déroulera dans un peu plus de deux semaines, les ralliements à Mahamadou Issoufou ou Hama Amadou sont au centre des conversations. Et, à ce petit jeu, le président sortant semble avoir de l’avance.

Jeudi 3 mars, après plusieurs jours de suspense et de consultation des militants, le MPN Kiishin Kassa d’Ibrahim Yacouba, arrivé cinquième lors du premier tour de la présidentielle du 21 février avec 4,34% des voix, a annoncé qu’il allait soutenir le chef de l’État, candidat à sa réélection et grand favori du second tour.

Il rejoint, dans le camp des soutiens du président, Kassoum Moctar (2,91%), Abdou Labo (2,09%), Cheffou Amadou (1,78%) ou encore Adal Rhoubeid (0,59%) et Mahamane Jean-Philippe Padonou : 0,35%. Une déception pour l’opposition, qui espérait que l’ancien directeur de cabinet adjoint du président basculerait dans son camp.

La Coalition n’a pas séduit

Hama Amadou, qui a trente points à rattraper par rapport à son rival, avait pourtant bien besoin de soutiens. En dehors des ténors de la Coalition pour l’alternance en 2016 que sont Seini Oumarou (12,11%), Mahamane Ousmane (6,25%) et Amadou Boubacar Cissé (1,48%), aucun candidat du premier tour ne s’est rallier à l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Pire, au sein de la Copa 2016, des débats ont eu lieu entre les militants. Au MNRD de Mahamane Ousmane comme au MNSD de Seini Oumarou, le soutien des chefs au prisonnier de Filingué, qui ne pourra pas faire campagne à moins d’une improbable mise en liberté provisoire, a fait grincer des dents.

Officiellement, ces désaccords ne seraient que des « rumeurs », attribuées au Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir). Mais une source au sein de la coalition ne s’en cache pas : certaines personnes pourraient rejoindre le camp du président.

Vers une large majorité présidentielle ?

Le PNDS, tablant sur une victoire aux alentours des 60%, a sorti la calculatrice, notamment pour les législatives, qui se sont déroulées en un tour le 21 février dernier, le même jour que la présidentielle.

Avec 75 sièges en son nom propre (voir la répartition sur le site du Ceni), le PNDS en est sorti grand vainqueur. Il espère désormais acquérir la majorité la plus large possible. Si les résultats ne sont encore que provisoires, la majorité pourrait atteindre 118 sièges, en y incluant ceux du MPN Kishin Kassa. Du côté de l’opposition, quatre partis : le Moden Fa Lumana d’Hama Amadou (25 sièges), le MNSD de Seini Oumarou (20 sièges), l’UDR Tabbat d’Amadou Boubacar Cissé (2 sièges) et le groupement MNRD Hankuri et PSDN de Mahamane Ousmane (6 sièges).

Toutefois, il n’est pas sûr que l’ancien président Ousmane parvienne bien longtemps à préserver l’unité de ses troupes. Si celui-ci n’envisage pas une seule seconde de rallier Mahamadou Issoufou, les six sièges qu’il représente suscitent bien des convoitises.

Mathieu Olivier

Jeune Afrique