La ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Nigériens à l’extérieur, Mme Kané Aichatou Boulama, et le ministre de l’Intérieur de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Hassoumi Massoudou, étaient, hier après-midi à l’Auditorium Sani Bako, avec les diplomates accrédités au Niger pour une rencontre d’échanges sur le processus électoral en cours.

«Comme à l’accoutumée, le gouvernement tient à ce que les partenaires et amis du Niger soient informés sur toutes les questions relatives à la vie sociale, politique et économique du pays», a dit la ministre en charge des Affaires étrangères Mme Kané Aichatou Boulama, en introduisant la rencontre à laquelle ont pris part les diplomates et représentants d’organisations internationales, régionales, sous régionales accrédités au Niger. Il s’est agi d’une rencontre sur les «questions de l’heure», notamment le processus électoral au sujet duquel les diplomates ont eu des informations de la part du ministre de l’Intérieur, M. Hassoumi Massoudou, qui, dans un exposé introductif a fait le point sur la question. Ce qui a donné lieu à un échange, « franc et amical comme à l’accoutumée», ainsi que l’a souhaité la ministre des Affaires étrangères.

A la fin des échanges, Mme Kané Aichatou Boulama, a indiqué que la rencontre a été l’occasion pour elle et son homologue en charge du ministère de l’Intérieur de «donner tous les détails relatifs à l’organisation du deuxième tour». Une échéance qui, a-t-elle confirmé, «aura bel et bien lieu le 20 mars». La ministre des Affaires étrangères a rappelé les raisons qui justifient la tenue de ce scrutin, et qui ont été exposées aux diplomates.

«C’est un agenda constitutionnel que nous ne pouvons pas changer. Et, nous leur avons donné l’assurance des autorités nigériennes à garantir la stabilité des institutions. Nous les avons informés que le processus électoral va suivre son cours normal. Nous avons eu des assurances de tous ceux qui se sont exprimés, du soutien qu’ils accordent au Niger pour que la légalité prévale, du soutien qu’ils apportent au peuple nigérien pour qu’il puisse s’exprimer démocratiquement. Nous sommes tout à fait en parfait accord avec eux sur ce point», a déclaré Mme Kané Aichatou Boulama.

A ce sujet, elle a rappelé l’engouement suscité par les élections présidentielle premier tour et législative dont le taux de participation était d’environ 67%. «Nous allons continuer Incha Allah avec l’appui de nos partenaires, à poursuivre ce processus, pour qu’on n’ôte pas au peuple nigérien ce droit de voter, et de choisir son président de la République », a assuré la ministre des Affaires étrangères.

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Ces échanges avec les deux membres du gouvernement, ont été «francs et fructueux comme à l’accoutumée», a estimé le représentant résident du PNUD au Niger, et coordonnateur du système des Nations Unies, M Fodé N’Diaye. «Ce que je dis, ce que j’ai toujours répété à tous les partis politiques de la majorité, comme de l’opposition, c’est que dans tout pays, toutes les filles, tous les fils ont le droit non seulement de briguer les suffrages des citoyennes et des citoyens, mais aussi le devoir de le faire, de construire un avenir meilleur pour leur pays. Mais on ne peut pas le faire dans un pays qui n’existe pas», a ajouté le Coordonnateur du système des Nations unies. Aussi, il a lancé un appel pour que la sérénité et le calme qui ont prévalu jusque-là lors des élections, puissent être préservés, et pour qu’il y ait «des élections libres qui permettent l’expression du suffrage pour avoir des autorités légitimes à même de conduire les destinées de ce pays qui est confronté à plusieurs défis, sécuritaires, humanitaires et de développement».

M. Fodé N’Diaye a saisi également l’occasion pour appeler l’ensemble des parties confrontées à des problèmes à «faire recours aux institutions légalement instituées, parce qu’un Etat se bâtit sur des institutions crédibles qui fonctionnent et auxquelles tout citoyen a le droit de pouvoir faire recours de manière légale». Au sujet du deuxième tour de l’élection présidentielle, il espère que toutes les dispositions seront prises pour que le scrutin se déroule dans le calme et la sérénité.

ueDe son côté, l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union Européenne (UE) au Niger, M Raul Mateus Paula, a souligné que «les élections sont un processus extrêmement important surtout pour le Niger, qui connait une consolidation démocratique, et qu’il faut une grande responsabilité de la classe politique en général». L’UE, a-t-il rappelé, est observateur. Mais, a-t-il précisé, «un observateur intéressé, dans la mesure où il est fondamental que le Niger gagne en stabilité politique, avec un président, un gouvernement, qui va sortir des urnes et qui va s’atteler, continuer le travail déjà amorcé, pour faire face aux défis de sécurité, de développement, de lutte contre la pauvreté, et de stabilité politique».

Souley Moutari(onep)
lesahel.org