Depuis que Hama Amadou est admis à passer au second tour de la présidentielle face à Issoufou Mahamadou, la question qui taraude les esprits c’est l’opportunité de la sortie de prison de Hama pour battre campagne. Des analystes volontaristes  mettent en avant les valeurs comme l’équité et l’égalité des chances des candidats pour demander la relaxe pure et simple du président Hama Amadou de la prison. Le bon sens le recommande aussi.

Les militants et alliés de Lumana Fa Africa en font presque une exigence. Déjà pour ces derniers comme pour l’intéressé lui-même, Hama n’est qu’un prisonnier politique. Et nous pensons que tout esprit épris de justice éprouve ce sentiment à l’endroit de ce célèbre prisonnier.

Mais toute la question est de savoir à qui incombe la responsabilité de libérer Hama de la prison ? Dans un contexte de séparation des pouvoirs, de quel droit Issoufou Mahamadou dispose-t-il pour demander la libération de Hama Amadou ? Qui plus est, ce dernier n’est pas condamné pour prétendre à la grâce présidentielle.

A priori, tout le monde sait que seul le juge peut autoriser la libération du challenger d’Isssoufou. C’est dire que les avocats de Hama Amadou savent ce qu’il faut faire pour obtenir la libération de leur candidat de client.

Seulement pour rappel, on sait aussi que cette demande de liberté de provisoire a été appréciée à différents niveaux de la justice nigérienne et même internationale (Haute Cour de la CEDEAO) en prélude au premier tour de la présidentielle.

En substance, les juges avaient considérés que Hama Amadou était légalement détenu dans le cadre de la mise en œuvre d’un mandat d’arrêt régulièrement établi par la justice. Après quoi l’intéressé avait clairement intimé à ses avocats d’abandonner toute autre demande de liberté provisoire se considérant comme prisonnier politique d’Issoufou.

C’est dire que de deux choses l’une : soit les avocats de Hama Amadou introduisent une nouvelle demande de liberté provisoire soit le candidat Hama Amadou continue de se prévaloir prisonnier politique. C’est là le choix qui s’impose. Toute autre considération relève de la polémique et spéculation stérile.

D’ailleurs si Issoufou libérait Hama juste dans un élan de fair-play, pour ne pas « triompher sans gloire », on se demande si ce ne seront pas ceux-là qui avancent de telles litanies qui seraient les premiers à dénoncer l’immixtion  de l’exécutif dans les affaires judiciaires ?

Il est bien censé que ce second tour se passe à « armes égales » mais il est aisé de constater que ce n’est pas impossible à condition que le juge, à son âme et conscience,  autorise Hama à battre campagne. Librement. Encore faut-il que le concerné envisage lui-même cette éventualité.

Mais à bien d’égards, tout laisse à croire que le slogan « de la prison à la présidence » déterminera l’attitude à observer par Hama et ses partisans. Qui sait aussi l’impact de la victimisation sur les cœurs des électeurs ?

En d’autres termes, face à un candidat qui dipose d’atouts certains : la primature, le parlement et son score sans commune mesure au premier tour, il est fort à parier si garder prison ne profitera pas plus au candidat Hama Amadou dont le destin se mesure désormais à celui d’un certain Nelson Mandela. A en croire ses partisans.

Elh. M. Souleymane