Allocution de Mme le Président de la Cour constitutionnelle à l’occasion de la cérémonie d’investiture de S.E.M. le Président de la République le 2 avril 2016

Monsieur le Président de la République,
Vous venez d’accomplir la formalité constitutionnelle de prestation de serment à la suite de votre élection pour un second mandat de cinq (5) ans. A cette occasion, la Cour ne dérogera pas à sa tradition de livrer un message.
Monsieur le Président,

Le peuple nigérien a décidé de vous reconduire à la tête du pays à la suite d’un processus électoral émaillé d’incompréhensions découlant des difficultés de perception des textes en vigueur en matière électorale. Cette situation a malheureusement contribué à créer un climat quelque peu délétère, exacerbé par des commentaires de tous genres diffusés en permanence par certains sur les médias et des critiques injustifiées à l’égard des institutions chargées de conduire ledit processus électoral, alors même que la plupart de ces dispositions avaient servi à l’organisation des élections précédentes sans que cela ait donné lieu à l’intolérance constatée tout au long du processus électoral de 2016.

Or, si la liberté d’expression est un droit reconnu à tous, dire et bien interpréter le droit est réservé aux spécialistes du droit.

La Cour constitutionnelle, tout juge électoral qu’elle est, est tenue d’abord par le respect de la loi fondamentale qu’est la Constitution.

Monsieur le Président de la République,

La défiance vis-à-vis des institutions de la République est devenue un sujet de préoccupation majeure dans notre pays. En effet, on relève depuis quelques années, le recours à des invectives directement dirigées contre les institutions de la République, plus particulièrement la Cour constitutionnelle.
Cette situation, loin de consolider l’Etat de droit, risque au contraire de le fragiliser.

Monsieur le Président,

Les élections de 2016 nous ont également amenés à constater la montée d’une certaine intolérance de certains nigériens vis-à-vis des autres, qui s’est traduite par la tenue et la diffusion de propos inacceptables menaçant dangereusement la cohésion nationale et la quiétude sociale.
Sur cette question, il ressort de l’article 46 de la Constitution, que vous êtes celui qui incarne l’unité nationale et à cet égard, la Cour voudrait vous encourager à poursuivre les efforts que vous avez déjà déployés dans ce sens en vue de rassembler davantage les nigériens. Cela est d’autant plus urgent que notre pays fait face, depuis quelques années, à de graves menaces sécuritaires.
Monsieur le Président,
Pour conclure, la Cour vous présente toutes ses félicitations et ses vœux de succès dans la lourde et exaltante mission que le peuple nigérien vient de vous confier à nouveau.

L’audience est levée.

La présidente de la Cour Constitutionnelle