Aminata Amadou Kindo est une ancienne élève du Collège Mariama, une école de référence à Niamey. Elle vit présentement aux USA. A lire son profil, nul doute qu’elle est sur la voie d’un leadership féminin de très haute facture. Esprit scientifique, cette jeune femme chérit également l’art et la mode. Au finish, l’on comprendra qu’Aminata est une vraie touche à tout, un esprit encyclopédique. Une vraie consécration pour la rubrique développement personnel de Niger Inter.  Entretien.

Niger Inter : Présentez-vous à nos lecteurs et internautes.

Croix Agadez jaune

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Aminata Amadou Kindo : Je m’appelle Aminata Amadou Kindo, Je suis nigérienne vivant actuellement en Pennsylvanie, Etat Unis. Avant de venir aux Etats Unis, je travaillais à l’ASECNA (Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar) en tant que technicienne de l’aviation civile, présentement je suis en disponibilité pour une durée de trois ans. J’ai fait l’EAMAC (Ecole Africaine de la Météorologie et de l’Aviation Civile) entre 2011 et 2012, pour sortir avec un diplôme de technicien de l’aviation civile après un an. Je suis titulaire d’un BAC C, ayant fait mon collège et mon lycée au Collège Mariama à Niamey. J’ai également été quatre fois championne de chiffres et lettres entre le collège et le lycée.

Niger inter :  Vous êtes titulaire d’un Bac C alors comment expliquez-vous votre attachement à l’art et la mode jusqu’à en faire une activité professionnelle ?

Collier inspire de Sarraounia

Collier-inspire-de-Sarraounia

Aminata Amadou Kindo : Bien qu’ayant fait une série scientifique, Je suis passionnée d’art et d’activités créatives. L’art et la mode étant deux domaines qui s’accompagnent depuis toujours. Plus particulièrement je peux citer la couture, la peinture, le dessin, la bijouterie. Pour la couture, depuis mon jeune âge ma mère qui faisait de la broderie à la main m’a appris à coudre. Et depuis lors je ne cesse de me passionner pour ce sujet. J’aime voir un travail parfaitement coupé et agréable à la vue, de l’extérieur aussi bien que de l’intérieur. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir mes connaissances pratiques en couture, mais le projet est toujours là dans un coin de ma tête. J’ai commencé à dessiner assez jeune aussi, depuis le primaire j’avais les meilleures notes en dessin.

Et une fois au secondaire je trouve toujours du temps pour gribouiller quelque chose, à un moment je faisais même de la calligraphie pour décorer mes cahiers. Pour la peinture c’est juste une suite logique, les crayons de couleur ne donnant pas un résultat assez vibrant, j’ai essayé de peindre pour les rendre plus beaux. Tout dernièrement, j’ai commencé à apprendre sur le net pour améliorer mes techniques, et j’ai un penchant pour l’art abstrait. Et pour la bijouterie, c’était en classe de quatrième j’avais rencontré deux filles qui seront plus tard mes meilleures amies. Elles m’ont appris à enfiler des perles pour créer des bracelets, colliers, etc. Et naturellement, j’ai adoré chaque fois que j’avais accès à des perles je me fabriquais quelque chose. D’ailleurs je passais le clair de mon temps à télécharger des tutoriels de bracelet sur le net. Et aujourd’hui je me suis perfectionnée dans le domaine, et j’ai sorti ma marque de bijoux d’inspiration africaine.

Niger Inter : Et vous avez toujours un penchant pour la science et la technologie…

Aminata Amadou Kindo: C’est aussi un point que j’affectionne beaucoup. Mon père étant informaticien, cela va de soi. Donc depuis le primaire, je pouvais me servir d’un ordinateur et plus tard faire quelques recherches simples sur internet. En fait les logiciels basiques comme Word ou Excel, mon père me les a apprises très tôt. En fait quand je cherche quelque chose, mon premier réflexe c’est d’aller sur Google recherche. En fait, un ordinateur c’est tout simplement magnifique, c’est juste une façon de discuter, travailler visuellement avec un cerveau, oui l’ordinateur a le même fonctionnement que le cerveau. Mais toujours est-il que le cerveau humain est beaucoup plus performant, pas besoin d’update tous les deux jours. Car une à deux fois le mois suffisent largement pour garder la vitesse de son cerveau au top. Une fois à l’université, j’ai découvert des domaines plus complexes comme la programmation neurolinguistique, c’est juste fascinant. Même si je n’ai pas pu continuer, c’est aussi une option que je garde dans un autre coin de ma tête.

Niger Inter : Comment expliquez-vous votre passion également pour la neuroscience ?

Aminata Amadou Kindo : La neuroscience qui étudie le fonctionnement du cerveau est un domaine qui m’intéresse tout autant que les deux cités précédemment. Pour ce sujet, je m’y suis intéressée tout récemment mais comme j’ai un cerveau on peut dire que je l’étudiais inconsciemment depuis ma naissance. En fait les cours que j’ai suivis m’ont permis de comprendre beaucoup de choses sur le cerveau humain. Entre autres que le cerveau humain est la machine la plus puissante qu’il y ait dans ce monde (non ce n’est pas la bombe nucléaire). C’est une machine aux performances illimitées, et tellement facile à utiliser. Pas besoin de faire des jours et des jours de programmation pour apprendre à son cerveau à faire une tache : 12 jours suffisent. J’ai aussi compris pourquoi dans mon parcours académique j’ai toujours eu des résultats satisfaisants sans pour autant me casser la tête. En fait le secret, c’est d’aimer ce qu’on fait, et moi je ne faisais pas de distinction entre mes matières, des mathématiques à l’économie familiale, en passant par l’histoire, j’éprouvais un réel plaisir à apprendre. Sauf peut-être le sport, mais ça c’est une longue histoire. Mais aujourd’hui j’ai compris pourquoi je n’ai pas pu exceller dans le sport, et j’ai fixé ce bug. En fait plus vous faites travailler avec votre cerveau plus il se développe, c’est peut-être le seul truc que vous pouvez utiliser à outrance sans que sa qualité ne se détériore.

Niger Inter :  Quel est votre rapport la littérature ?

Aminata Amadou Kindo : Eh oui, encore un sujet contrastant avec la technologie. J’aime énormément lire, bien qu’aujourd’hui je n’ai plus les mêmes performances de lecture que quand j’étais au secondaire. Mais c’est aussi une question de temps. Je suis actuellement une formation de lecture rapide en ligne et c’est époustouflant comme je suis lente. Mais bientôt j’atteindrai plus de performance. J’aime beaucoup la littérature nigérienne et au secondaire j’ai lu presque la totalité des œuvres nigériennes dans notre bibliothèque. Mais mon préféré reste Sarraounia d’Abdoulaye Mamani, vu que Sarraounia Mangou est mon héroïne. Mais j’ai aimé aussi l’œuvre ‘’15 ans ça suffit’’ d’Amadou Ousmane, un beau récit de la période post indépendance. ‘’Maimou ou le drame de l’amour’’ d’Amadou Daouda, une vraie love story purement nigérienne. ‘’La camisole de paille’’ de Idé Adamou est aussi un des grands « classiques » nigériens que j’ai lu d’une traite. Il y a tellement de belles œuvres nigériennes qui sont un pur joyau de notre patrimoine culturel si je devais les citer ici cela me prendrait des pages entières. Mais je ne terminerai pas sans citer Boubou Hama, c’est probablement l’un des écrivains nigériens qui a la plus vaste bibliographie du Niger, ses écrits sont une mine d’or pour le Niger.

J’affectionne également la littérature africaine, qui est extrêmement variée aussi.

Notamment ‘’l’enfant noir’’ de Camara Laye, si vous avez fait votre cursus en Afrique, vous ne pouvez finir sans avoir rencontré un extrait de cette œuvre. C’est une ressource inestimable pour les livres de grammaire et d’orthographe. Et cette autobiographie de Camara, nous donne un réel aperçu de la vie d’un enfant africain. Il y a également ‘’Sous l’orage’’ de Seydou Badian Kouyaté qui nous parle de conflits de générations, ce livre est toujours d’actualité. Wole Soyinka ou encore Chinua Achebe avec respectivement ‘’Le lion et la perle’’ et ‘’le Monde s’effondre’’, ou encore ‘’le Mandat’’ de Sembene Ousmane, ‘’Les soleils des indépendances’’ d’Ahmadou Kourouma. Je n’oublierai pas aussi Une si longue lettre de Mariama Ba, une œuvre que j’ai lue suite à une dictée ratée.

Pour la littérature française, l’œuvre de Victor Hugo « Les misérables », bien que je n’aie pas lu entièrement ce livre, regarder le dessin animé encore et encore m’a beaucoup aidée dans mes dissertations. Mais concernant les œuvres françaises je n’ai lu que des extraits, assez pour pouvoir les citer dans mes dissertations, car ayant continué en série scientifique.

Niger Inter : On reproche aux femmes intellectuelles de négliger la cuisine. Est-ce votre cas ?

Aminata Amadou Kindo : oh, ça c’est juste un cliché, aujourd’hui les femmes intellectuelles sont de plus en plus meilleures cuisinières car elles ont accès a beaucoup plus de connaissances culinaires.  J’ai un grand engouement pour la cuisine, je peux cuisiner toute la journée et recommencer le lendemain avec plaisir. Je cuisine tellement que quand j’ai quitté le pays, un mois après mon départ mon père a dit que depuis que je suis partie personne ne lui fait plus de petits plats. Et bien sûr ma cuisine préférée reste la cuisine nigérienne. C’est tout simplement un délice, autant riche que varié. Mon amour pour la cuisine est né surtout grâce à ma tante qui est une excellente cuisinière, elle vit actuellement au Sénégal, elle a maitrisé autant la cuisine nigérienne que sénégalaise, c’est grâce à elle que j’ai appris le célèbre la recette sénégalaise : Tchep Guen ou encore le Yassa.

Sachant que j’allais venir aux Etats Unis après mon mariage, en attendant le visa j’ai passé le clair de mon temps à apprendre les plats qu’on apprend pas forcément à la maison tel que la galette de riz ou de mil (Massa), Doukounou qui n’est pas forcément un plat nigérien mais par la force du brassage culturel, c’est devenu le meilleur plat de certains nigériens. J’ai même une grand-mère qui m’a dit de venir elle va m’apprendre à faire « Alkaki » mais hélas je n’ai pas eu le temps avant mon départ. Ici j’ai eu la chance de gouter à la cuisine chinoise et mexicaine, j’ai même appris quelques recettes chinoises. Et j’ai même remarqué que malgré la distance entre les peuples, il y a certains plats qu’on retrouve dans des cultures différentes en tout point de vue. Par exemple le Tofu qui est un plat asiatique se retrouve en Afrique sous le terme de « Awara ». Ou bien encore nos galettes de riz appelées Massa s’appellent « Pancakes » par les américains, bien que l’un soit au riz et le deuxième au blé, le processus de préparation est le même. Mieux encore le célèbre « Kilichi » nigérien, je l’ai retrouvé aux USA sous le nom de « Jerky », mais bien sûr il est loin d’avoir le même gout que le nôtre.

Niger Inter : Avec un profil aussi attachant, quels sont vos projets ?

En pleine creation

AAK© NigerInter.com

Aminata Amadou Kindo : Naturellement mes projets reflètent mes centres d’intérêts. Le premier qui vient juste de voir le jour c’est ‘’ Mina Kindo ’’, ma marque de bijoux africains fait à la main. J’ai un blog sur lequel je publie des articles sur mes bijoux et aussi des tutoriels. Le blog est bilingue, notamment l’anglais et le français.

Et tout récemment j’ai ouvert une boutique en ligne sur Etsy, un site spécialisé dans la vente en ligne des produits fait à la main. Pour le moment, je ne suis qu’à mes débuts, mais incha Allah je mettrai toute mon énergie pour développer ce projet. Ce dessein est très important pour moi car je fais ce que j’aime et je participe à faire connaitre mon pays le Niger, qui souffre de la confusion avec le Nigeria qui est déjà assez connu. Faire également revivre la culture et la mode nigérienne en puisant directement de nos sources. On a un patrimoine important et riche, et il faut qu’on le montre. Le Niger est bien trop beau intérieurement, pour être dernier à l’extérieur. J’ai également plein d’autres projets, mais pour le moment je préfère me focaliser sur « Mina Kindo », une fois qu’il volera de ses propres ailes on attaquera le prochain Incha Allah.

Pour finir, je trouve que ma plus grande passion c’est apprendre. Il suffit que je m’intéresse à un sujet alors je mets les moyens pour en savoir plus et me perfectionner. En fait, je suis une autodidacte dans l’âme, je ne m’arrête pas sur le fait que c’est trop compliqué ou que je n’ai pas les moyens pour telle formation, je fais des recherches, je demande, je me renseigne. Aujourd’hui, Alhamdulilah l’information nous submerge et l’accès n’a jamais été aussi facile que de nos jours avec les technologies de l’information et de la communication. Le minimum c’est de commencer avec ses propres moyens, faire le peu et le reste viendra Incha Allah. Dieu nous l’a promis, il ne change pas la situation de quelqu’un sans que ce dernier ne change ce qui est en lui. Il faut juste faire les causes, et placer sa confiance dans les mains de Dieu, that’s it !!!

Niger Inter : Vous avez également un intérêt pour la religion…

Aminata Amadou Kindo : Oui, mes parents ont beaucoup veillé à mon éducation autant académique que religieuse. Pendant près de 6 ans il y avait à la maison une Makaranta (école religieuse) au sein même de notre maison. La plupart des cours étaient destinés aux femmes et aux enfants. C’est à travers cette Makaranta que j’ai appris les bases de la lecture du Coran. Mais mon vrai attachement à la religion s’est manifesté quand j’étais en terminale et que j’ai fait la connaissance d’un centre qui donne des cours chaque Dimanche dans une école primaire. Ce sont des cours souples et qui contrastaient avec ce que j’avais l’habitude de faire. On y apprend beaucoup plus à agir qu’à « stocker », je veux dire par là qu’il n’était pas seulement question de mémoriser le coran mais aussi de connaitre et de vivre le coran. C’est également à ce moment que j’ai commencé à lire beaucoup plus de livres relatifs à la religion. J’étais étonnée de voir que l’Islam ne se limitait pas aux cinq piliers, il y a beaucoup plus d’enseignements qui sont bénéfiques ce qui fait de cette religion une philosophie, un mode de vie.

En somme, l’Islam est un cheminement qui ne s’arrête que quand on rend son dernier souffle. Pour le croyant, chaque jour est un dépôt que Dieu lui donne pour contribuer à rendre le monde meilleur, un simple sourire à son prochain est déjà un grand pas.

Niger Inter : Etes-vous intéressée par la politique ?

Aminata Amadou Kindo : La politique concerne tout le monde car même le simple verre d’eau que vous buvez est une question politique. En fait, on est obligé d’avoir pour la politique un intérêt aussi minime soit-il, car même le fait de ne pas agir revient à faire la « politique ». Mais la question se trouve plus au niveau du comment. Ce n’est pas être d’accord avec un leader politique parce que ce dernier est de la même ethnie, la même religion ou encore la même couleur de peau. Ce n’est pas aussi prendre une attitude de « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». Mieux encore, ce n’est pas se dire « si je ne gagne pas, je te mettrai des bâtons dans les roues ».

Pour moi la politique, c’est une rencontre d’idées, qu’elles soient convergentes ou divergentes, qui contribueront à rendre un village, une ville, un pays et enfin le monde meilleur. C’est d’abord écouter et comprendre le point de vue de l’autre dans un dialogue ouvert et convivial. Ce n’est pas parce que l’autre ne partage pas mon point de vue qu’il a forcément tort.

Et particulièrement au Niger, je pense qu’il devrait y avoir plus de jeunes concernés par la politique. Quand je dis « concernés », je ne veux pas dire forcément adhérer à un parti ou créer son parti, ce n’est pas que du pile ou face. Le simple fait de trouver une solution au ruissellement d’eau pendant l’hivernage est déjà un début, on commence petit pour devenir grand, « step by step » comme disent les anglais. Le Niger se porterait beaucoup mieux si chacun était concerné par ce qu’il peut faire que par ce que l’autre a fait.

Niger Inter : Citez deux leaders contemporains qui incarnent les valeurs essentielles selon vous ?

Aminata Amadou Kindo : Un Leader pour qui j’ai une grande estime c’est Seyni Kountché, bien que ce dernier soit arrivé au pays dans des conditions de troubles. J’étais en classe de CM2 quand un de mes oncles m’a offert une biographie de Seyni Kountché (je ne me souviens pas de l’auteur) que j’ai beaucoup aimé lire. J’y ai découvert un homme intègre et qui est un patriote inconditionnel. Il a apporté beaucoup au pays, par là je ne pense pas au fameux stade GSK, mais plutôt les Samaria, les Festival de la jeunesse, le brassage interculturel, etc… Il a su valoriser la culture nigérienne sans pour autant la décapiter de son essence. Je ne me lassais jamais de regarder les balais et les chants des festivals, en fait c’est grâce à ma mère que j’ai commencé à les apprécier. Mon chant préféré est Sanou sanou kwana nessa, et pour le ballet j’ai aimé Mai Dawa. Il y avait un moment où on ne ratait jamais le show de Halirou Bakoy le vendredi soir. Et les Dimanche on était câblés pour regarder les théâtres de la troupe Kara da Kashi.

Et au Niger si on est un parfait « melting pot », c’est bien parce que Kountché a envoyé le Haoussa enseigner chez le Zarma ou le Zarma soigner le Touareg. Ce brassage inter-ethnique est un atout qui fait que dans tous les cas de figure, on ne peut pas vivre une tragédie comme celle du Rwanda ou celle du Nigeria (cas du Biafra). Car avec ces deux pays la haine inter-ethnique avait beaucoup contribué à envenimer les conflits.

Et comme il n’y a pas un sans deux j’affectionne également Thomas Sankara, vous allez me dire que je suis une fan des régimes militaires. Mais je ne vois pas cet aspect, je vois plutôt que c’est quelqu’un qui a dit à son peuple « vous pouvez » au lieu de « je vais ». Il a fait participer son peuple pour construire le pays et leur a appris à valoriser leur pays.

Pour ne pas être prise pour quelqu’un qui aime la dictature, j’aimerai bien cité Barack Obama que j’ai découvert une fois installée ici. Car mon apprentissage de l’anglais m’a permis de mieux écouter ses discours et ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est quelqu’un qui est très proche de son peuple.

Niger Inter : quels rapports faites entre la vie en Occident notamment aux USA et au Niger ?

Aminata Amadou Kindo : C’est le jour et la nuit. Pour faire court, je rejoins l’avis de Khadidja Youssouf Diallo : « Les Occidentaux ont ce que nous n’avons pas. Le savoir, la discipline, l’excellence, la transparence, des institutions solides, la sécurité sociale à un certain degré, le bien-être matériel. Nous avons ceux qu’ils n’ont pas également : la foi en Dieu, l’islam en l’occurrence, le bien-être immatériel, la piété filiale, quoi que l’islam comporte tout ce qu’ils ont mais que nous avons délaissé. »

Niger Inter : quelle est votre perception du leadership féminin au Niger où les femmes font face aux défis existentiels ?

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Aminata Amadou Kindo : Le Leadership féminin est à encourager et à développer. Mais pour ce faire il faudrait que les femmes s’intéressent beaucoup plus à la recherche du savoir. Car le leadership féminin est un espoir pour la condition des femmes. Même si ce n’est pas un point qui ressort fréquemment, jusqu’à présent les femmes vivent dans un système fait par des hommes et pour des hommes. Avoir des femmes leaders permettra de faire participer la femme sans qu’elle n’ait à « changer sa couleur de peau ». Pour moi, une femme leader ce n’est pas une femme qui prouve qu’elle est capable dans un milieu dominé par des hommes, car on a rien à prouver, mais plutôt un accomplissement, un objectif à atteindre.

 Il faut également que les hommes nigériens changent leur façon de penser pour permettre aux nigériennes de s’épanouir intellectuellement afin de cultiver leur leadership. Aujourd’hui au Niger beaucoup de femmes doivent choisir entre se marier ou continuer à étudier, certaines doivent sacrifier leur carrière juste pour s’occuper de leurs enfants. Je pense que ce ne sont pas des questions qui doivent être posées, il reste encore du chemin.

Niger Inter : Avez-vous une pensée pour la femme rurale pour qui tout est prioritaire ?

Aminata Amadou Kindo : Pour une femme rurale, je pense que l’accès facile aux soins est le plus primordial. Il y a une grande partie de femmes rurales qui deviennent fistuleuses parce que l’hôpital était éloigné, ou qui perdent leurs enfants en bas âge car les soins ne sont pas adéquats. Il faut également renforcer l’éducation en milieu rural pour réduire les abandons scolaires. Car beaucoup de jeunes filles finissent par abandonner sans même avoir accédé aux vraies joies du savoir.

Niger Inter : Quelle est votre meilleur émission télé ?

Aminata Amadou Kindo : Comme je l’ai cité plus haut c’est l’émission de Halirou Bakoye et aussi les théâtres de la troupe Kara Da Kiashi.

Niger Inter : Les réseaux sociaux sont utilisés à des fins subversives. Avez-vous un conseil à ceux qui abusent de ce créneau pour promouvoir des antivaleurs ?

Aminata Amadou Kindo : C’est juste un manque de conscience, les réseaux sociaux sont là pour nous rapprocher pas pour nous diviser. La sensibilisation et aussi le fait de faire partager des valeurs qui nous unissent font minimiser toute propagande de haine.

Niger Inter : comment tirez le meilleur profit des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram ?

Aminata Amadou Kindo : Depuis que j’ai lancé mon blog, les réseaux sociaux sont devenus indispensables pour moi. J’ai une page Facebook sur laquelle je partage mes articles, de même qu’un compte Instagram et Pinterest qui sont plus des plates formes pour partager des images. J’ai récemment commencé à utiliser Twitter, c’est assez nouveau pour moi.

Niger Inter : Finalement quelle image avez-vous de vous- même ?

Aminata Amadou Kindo : Je suis quelqu’un d’assez hétérogène et vaste si j’ose dire ainsi. Mes centres d’intérêt sont variés et parfois complètement opposés d’un point de vue extérieur. Mais dans mon monde tout est extrêmement lié, du moins je crée des relations entre tout ce qui m’intéresse pour pouvoir en tirer le meilleur profit.

Réalisée par Elh. Mahamadou Souleymane et Abdoul Aziz Moussa