En ce moment où très certainement les vainqueurs s’acheminent vers une lutte implacable de positionnement, le président Issoufou Mahamadou doit tenir compte plus des attentes et les défis du peuple qu’une simple realpolitik visant à un mesquin partage du butin. Tenir compte de ce vœu du peuple nigérien, c’est simplement respecté ses promesses électorales.

Et dans ce sens, le fil conducteur du président de la République serait une évaluation sans complaisance des ratés de sa première mandature. On le sait, autant les ressources humaines constituent la première ressource d’une entreprise autant la qualité des membres est essentielle pour un gouvernement.

Pour mémoire, le premier gouvernement du premier mandat d’Issoufou était l’un des plus amorphes qu’a connu le pays. En son temps, on avait accusé les alliés d’avoir envoyés les premiers venu des leurs. Aujourd’hui avec plus ou moins les coudées franches, le président Issoufou n’a aucune excuse de ne pas choisir parmi les meilleurs des nigériens pour servir le pays.

Si la renaissance culturelle n’est pas un simple vœu pieux alors de la composition de la prochaine équipe, les nigériens seront fixés sur la prise de conscience de leur président à créer les conditions de possibilité d’un changement qualitatif dans la gouvernance du pays.

Les nigériens attendent bien le président de la République qui à l’occasion de son investiture avait indiqué comment il entend léguer le pays à la fin de son mandat : « Mon vœu le plus cher, c’est qu’ à la fin de mon mandat, lorsque j’aurais quitté le pouvoir conformément aux prescriptions de la constitution, je laisse un Niger radicalement transformé, un Niger où les institutions démocratiques seront plus fortes, un Niger où la lutte contre la corruption aura progressé, un Niger où les inégalités auront reculé et la classe moyenne se sera renforcée, un Niger uni, en paix et en sécurité, un Niger où « la faim zéro » est une réalité, un Niger bien équipé en infrastructures de toutes sortes, un Niger qui aura progressé sur la voie de sa transition démographique, un Niger où l’école sera gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, un Niger où 40% de nos enfants fréquenteront les centres de formation professionnelle et technique et en sortiront avec un métier, un Niger où les universités formeront les cadres parmi les plus compétents de la sous-région, un Niger où l’accès aux soins de santé, à l’eau potable et à l’assainissement sera garanti, un Niger où les emplois, notamment pour les jeunes, seront abondants, en fin un Niger résolument engagé dans la réalisation de l’unité de notre continent. Voilà le projet pour lequel, plaise à Dieu, je travaillerai nuit et jour pendant cinq ans. Voilà l’ambition à la réalisation de laquelle j’invite tous les Nigériens. »

Cette profession de foi du président Issoufou ne pourrait se traduire en réalité sans un choix éclairé des hommes et des femmes qui incarnent les valeurs essentielles et à même de l’accompagner sur toute la ligne pour l’atteinte de ses objectifs, condition sine qua non pour une sortie par la grande porte.

Sortir par la grande porte de l’histoire s’impose comme un choix du président entre : faire plaisir à ses amis politiques et se faire violence pour, en vrai patriote, être au-dessus de la mêlée pour doter le pays d’un gouvernement de rupture. Il est grand temps Monsieur le président de tenir résolument de la dynamique de l’histoire.

Le moment est venu enfin de sortir le pays des ténèbres vers la lumière, de la médiocrité vers l’excellence. C’est à notre humble avis une forte attente des Nigériens de la Renaissance culturelle, axe central de votre second et dernier mandat.

EMS