La tragicomédie au sein de l’opposition continue à dévoiler ses épisodes les plus croustillants. Aujourd’hui, la COPA 2016 est en phase de mutation faute d’avoir réussi l’alternance par tous les moyens. A chacun de ses acteurs de jouer sa carte, celle de ses intérêts. On se rend bien compte que la cohésion du groupe COPA est derrière chacun de ses membres. Les discours dithyrambiques et enflammés font place au réalisme. Les institutions que la COPA décriait comme la Cour constitutionnelle et la CENI sont maintenant crédibles et dignes de confiance. Les résultats des élections présidentielle et législatives qu’elle s’était empressée de discréditer sont aujourd’hui sincères. Les institutions issues de ces élections qu’elle envisageait de combattre sont à présent fréquentables. La désobéissance civile qu’elle envisageait n’était que jeu d’enfant…

Au sein de cette opposition désormais plurielle, les intérêts et les approches ne sont pas les mêmes. Le temps, juge de tout, a permis de le découvrir. C’est ainsi que le MNSD, le MNRD et l’UDR, 3 des 4 partis de l’opposition présents à l’Assemblée nationale, ont vite fait de déposer les listes de leurs députés à la Cour constitutionnelle pour validation. Lumana l’a découvert plus tard, et s’est empressé – sans se faire prier – de transmettre, à son tour, sa liste à la plus haute juridiction. La Cour a été dans l’obligation de rendre un arrêt additif pour valider les députés lumanistes. Ça c’est le premier acte.

Nous ne sommes pas encore à la fin de la scène. Il y a un deuxième acte : les 3 partis qui ont floué Lumana en déposant leurs listes de députés sans en informer ce dernier ont préféré former un groupe parlementaire commun. Ainsi, ce groupe se retrouve avec 28 députés alors que Lumana esseulé n’en a que 25. Avec cette longueur d’avance numérique, le groupe Nassara-Hankuri-Tabbat devient le 2è groupe parlementaire de l’Assemblée. Il obtient donc la 2è vice-présidence du parlement et la 2è questure. Lumana se contente de la 3è vice-présidence.

Dans tous les cas, la fracture était bien visible au sein de l’opposition notamment entre ceux qui veulent d’une opposition constructive, civilisée et démocratique et ceux qui pensent que, même en démocratie, on n’a pas besoin d’élections pour renverser un gouvernement élu. Il suffit de commanditer des actes insurrectionnels, et le tour est joué. C’était un pari risqué car le gouvernement et ses services compétents veillaient au grain.

Une opposition subversive ne pourrait pas prospérer. Les députés de l’opposition avaient donné très tôt le signal en menaçant de reprendre leurs places à l’Assemblée si la COPA ne levait pas son « mot d’ordre de grève illimitée ». Ces députés en avaient marre de se laisser dicter leur conduite par des individus incapables de se présenter même à une élection de quartier.

O. Keita