Les partis politiques membres de la COPA2016, réunis ce Dimanche 17 avril 2016 à l’effet d’examiner la situation sociopolitique du pays, rendent publique la déclaration dont la teneur suit :

Militantes, militants,

Les élections générales de 2016 se sont déroulées dans un environnement caractérisé par des irrégularités et des fraudes massives jamais connues dans notre pays.

La CENI et la Cour Constitutionnelle se sont complues dans un rôle d’assujettissement pour faire plaisir à Issoufou Mahamadou.

La CENI, particulièrement, s’est érigée en un organe législatif en prenant des actes contraires à la Constitution, au Protocole Additionnel de la CEDEAO relatif à la démocratie et la bonne gouvernance ainsi qu’aux lois électorales en vigueur. Aussi, s’est-elle permise de légaliser unilatéralement le vote par témoignage. C’est ce qui justifie d’ailleurs le retrait de la CENI du deuxième rapporteur représentant la société civile, Monsieur Maïkoul ZODI. La COPA2016 tient à le féliciter pour le respect de la légalité et le refus de cautionner la forfaiture par le parjure.

La Cour Constitutionnelle, quant à elle, ne s’est point embarrassée de violer la Constitution et la loi organique 2012-35 du 19 juin 2012 qui la régit, refusant ainsi au citoyen électeur, aux candidats et aux partis politiques en compétition le droit de contester les résultats des élections dans les délais légaux.

A l’évidence, tout et absolument tout était orchestré par Issoufou Mahamadou qui, de par sa position de président sortant a abusé des moyens de l’Etat violant ainsi ses obligations constitutionnelles de veiller à l’indépendance de l’administration et des institutions chargées des élections.

Malgré tout, en voulant se faire plébisciter il a donné l’occasion au peuple nigérien de le sanctionner proprement.

En effet, d’une part, le peuple nigérien lui a refusé son coup « KO » tant clamé dès le premier tour lors du scrutin du 21 février 2016 et d’autre part, lui a ôté toute légitimité en boycottant très massivement le scrutin du 20 Mars 2016 avec un taux de participation avoisinant les onze(11) pour cent.

Ni la présence des délégations étrangères à son cirque d’investiture organisé le 02 Avril 2016 au Palais des Sports, ni le discours partisan, accusateur et menaçant de la Présidente de la Cour Constitutionnelle ne peuvent donner la légitimité à Issoufou Mahamadou. Rappelons à Issoufou Mahamadou que la légitimité appartient au peuple souverain.

La COPA 2016 se félicite de l’attitude du peuple nigérien et lui rend un vibrant hommage pour son sens élevé de responsabilité citoyenne, son esprit de sacrifice, son patriotisme et son profond attachement aux valeurs fondamentales de l’Etat de droit et de la démocratie.

Militantes et Militants ;

Après la proclamation illégale des résultats du 2nd tour qui a conduit au simulacre d’investiture très onéreux, Issoufou Mahamadou a battu le record de l’insouciance en formant un gouvernement pléthorique, élastique à volonté. La formation de ce gouvernement est la preuve évidente que Mahamadou Issoufou ne se soucie guère des préoccupations légitimes du peuple nigérien. Sinon, comment comprendre qu’au moment où le peuple nigérien traverse une crise sécuritaire et alimentaire très aigüe, au moment où les enseignants contractuels accusent des mois d’arriérés de salaires, au moment où nos centres de santé manquent de tout, Issoufou Mahamadou se donne le luxe de former un gouvernement de plus de quarante (40) membres pour un pays classé dernier en indice de développement humain au cours de ses deux dernières années de fin de son premier mandat. Un gouvernement qui de part sa composition viole la constitution et les lois de la République.

En fait, la renaissance acte 2, enfant illégitime de l’acte 1, n’est qu’un système mafieux basé sur la récompense des parents, amis et alliés sur fond de marchandages électoralistes et d’impunité.

Militantes, militants,

Comme vous le savez, la COPA 2016 a été créée seulement trois jours avant le début des élections dans un contexte de harcèlements indus de l’Opposition politique.

Malgré tout, conformément à ses engagements, ses principes directeurs et ses objectifs, elle a rempli son agenda dans la solidarité et l’union de tous ses membres, et ce, en soutenant le candidat Hama Amadou arrivé au second tour. Les conditions d’organisation du second tour caractérisées par le maintien en prison du candidat de la COPA ont conduit cette dernière à prendre la décision historique et patriotique de ne pas participer à la mascarade électorale organisée par Issoufou Mahamadou en complicité avec sa CENI et sa Cour Constitutionnelle. Cette décision tout en mettant à nu les connections déjà dénoncées par l’opposition entre Issoufou Mahamadou et « Ses » deux Institutions en charge des élections, a eu le mérite de faire de Issoufou Mahamadou « un usurpateur » car ne jouissant d’aucune légitimité populaire.

Au regard du nouveau contexte caractérisé par l’usurpation du pouvoir par Issoufou Mahamadou, les partis membres de la COPA 2016 après s’être honorablement acquitté de leurs missions notamment électorales ont décidé de recadrer leurs actions en mettant un accent particulier dans la dimension institutionnelle de la lutte au sein des assemblées élues : parlement et conseils locaux.

A cet effet, ils ont décidé de la création d’un nouveau cadre de lutte.

Dans cette optique, l’opposition politique fait appel à toutes les forces qui croient à la démocratie, à l’état de droit et à la République pour conjuguer leurs efforts afin de mettre fin de manière démocratique à ce régime liberticide et illégitime.

C’est pourquoi :

–       Considérant les périls graves qui pèsent sur la cohésion sociale et l’unité nationale ;

–       Considérant les menaces pouvant découler du fonctionnement d’institutions illégitimes ;

–       Considérant le rôle constitutionnel du parlementaire dans l’expression politique ;

–       Considérant l’impératif de freiner l’institution de la pensée unique et d’inverser la tendance négative du parlement à demeurer une simple caisse de résonnance chargée de valider les mesures incohérentes d’une gouvernance illégitime, incompétente et dangereuse ;

–       Nonobstant sa décision pertinente de ne pas reconnaitre la légitimité des Institutions issues des élections présidentielles et législatives dont le déficit de représentativité, de crédibilité et de sincérité ne souffre d’aucune ambiguïté.

Dans le souci de limiter les dégâts d’une gouvernance chaotique et malgré le détournement des suffrages des électeurs, la COPA, suffisamment préoccupée par la situation délétère de notre pays sur les plans politique, économique social et culturel :

  1. Décide de mettre fin à la suspension de la participation de ses représentants à l’Assemblée Nationale, à la CENI et ses démembrements;
  1. Affirme sa ferme volonté de participer aux élections locales ;
  1. Réaffirme sa détermination à poursuivre la résistance citoyenne dans un combat sans merci contre le régime usurpateur de la renaissance jusqu’à la reconnaissance de la légitimité populaire conforme à la vérité des urnes.
  1. Exige la libération immédiate de tous les camarades détenus politiques.

Vive l’opposition politique

Vive la Démocratie

Que Dieu bénisse le Niger et son peuple.

Je vous remercie.