La Société civile nigérienne est-elle mal inspirée? Une partie d’entre elle ( la frange la plus insignifiante) a-t-elle perdu tout sens de responsabilité? Est-elle encore crédible? On est vraiment tenté de se poser ces questions et bien d’autres, car au moment ou le peuple nigérien célèbre la journée de la Concorde Nationale qui marque la signature des accords de paix historiques, il y a 20 ans entre le gouvernement nigérien et les différents groupes rebelles du nord, le Collectif Résistance Citoyenne a tenté sans succès d’organiser hier Dimanche une manifestation dans le but de « restaurer la démocratie et l’État de droit au Niger», mis en mal selon lui par le régime actuel.

L’intention dit-on vaut l’action. Peu importe que la manifestation ait avorté et personne ne nie le droit à cette structure d’organiser une manifestation pour des raisons qui lui sont propres. C’est l’opportunité d’organiser cette marche en ce jour symbolique qui pose problème. La paix est en effet l’un des acquis majeurs de ces 20 dernière années au Niger que tous les régimes qui se sont succèdés se sont efforcés de consolider. Cette paix est d’autant plus précieuse aujourd’hui eu égard au contexte international et régional marqué notamment par la guerre au Mali, en Libye et au Nigeria, trois (3) pays limitrophes du Niger. “ C’est un miracle si le Niger continue encore de vivre en paix »  a confié un diplomate.

En effet, malgré quelques violences meurtrières dans la région du Lac Tchad, cette paix miraculeuse continue de régner dans nos villes et villages, alors que Bamako, Ouaga et Grand Bassam avaient fait l’objet d’attaques terroristes ces quelques mois. La situation de paix au Niger est le fruit des efforts conjugués de tous les nigériens, notamment des anciens rebelles qui ont renoncé aux armes pour se lancer dans la politique et le business. Ils ont choisi de jouer un role positif pour leur pays en se portant ambassadeurs de la paix et du developpement. Illustration parfaite de cette reconversion, la nomination récente de l’emblématique ancien chef de l’Organisation de la Résistance Armée (ORA)  M. Rhissa Ag Boula à la tête de « Agadez SOKNI », la fête tournante du 18 décembre, avec comme objectif de redonner à la capitale du grand nord son rayonnement d’antan.

Que vaut donc vraiment la manifestation du Collectif Résistance Citoyenne par rapport à la paix chèrement acquise dans notre pays? La société civile, ou disons une partie d’entre elle a en tout cas tout à gagner à être en harmonie avec les aspirations profondes du peuple nigérien à la paix. Une journée de la paix, même symbolique vaut la peine d’être respectée.

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