Gestionnaire de formation, Maimounatou Seydou peut être considérée comme une activiste touchant à la société civile, le sport et la politique. Très engagée politiquement, si toutes les nigériennes s’investissent en politique comme Maimounatou, l’on pourrait dire que les femmes n’auront plus besoin de la discrimination positive (loi sur le quota pour les femmes) pour s’émanciper politiquement. Dans cet entretien elle aborde justement son engagement politique, son équipe de Football féminin dénommée FFF (Force des Frappes Féminines) et bien d’autres questions d’actualité.

Niger Inter :   Présentez-vous à nos lecteurs.

Maimounatou Seydou : Je voudrais tout d’abord vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez afin de me présenter et de me faire entendre par le canal de Niger Inter. Je me nomme Melle Seydou Maimounatou,  je suis détentrice d’un  Master en Finances Comptabilité Audit et Contrôle de l’Institut Africain de Techno professionnel (AFRITECH) et agent au Ministère des Enseignements Secondaires. Promotrice de l’Entreprise Concept Graphique Niger et Présidente de l’Equipe Féminine de Football dénommée FFF (Force des Frappes Féminines). Une équipe que j’ai finie par abandonner pour plusieurs raisons. J’évolue aussi dans le domaine de la politique depuis plusieurs années comme militante du PNDS Tarayya.

Niger Inter :            Vous êtes jeune diplômée en gestion,  selon vous comment se porte l’emploi des jeunes au Niger ?

Maimounatou Seydou : Dans les années antérieures nous disons que l’emploi des jeunes se pose avec acuité, mais de nos jours avec l’avènement du gouvernement de la 7eme République nous sommes en train de vivre le contraire car il y a eu des recrutements dans tous les secteurs clés du pays. Les autorités de la 7ème République, en dehors du recrutement massif à la Fonction Publique, elles ont également créé des emplois professionnels aux jeunes déscolarisés à travers le projet FAFPA et des activités génératrices des revenus par la création des microprojets. Le projet FAFPA forme les jeunes pendant deux ans après avoir obtenu leur diplôme. Il leur donne des outils de travail leur permettant de créer leur propre entreprise pour qu’à leur tour ils créent de la main d’œuvre aux autres jeunes qui n’ont pas pu bénéficier de cette formation.

Niger Inter :            Au Niger la corruption constitue une gangrène pour l’économie nationale, comment à votre avis lutter efficacement contre ce phénomène ?

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Maimounatou Seydou : A mon avis la corruption constitue plus qu’une gangrène pour l’économie nationale du Niger et pour lutter efficacement contre ce fléau, le gouvernement nigérien doit avoir un œil vigilant dans la gestion de tous les secteurs du pays. Par exemple dans le cadre de l’organisation des concours à la Fonction Publique comment doit-on procéder ? De nos jours, je trouve aberrant et déplorable ce qui se passe dans ce secteur. Pour éviter tout conflit, s’il y a un concours à organiser dans tel ou tel domaine ou bien dans tel ou tel Ministère, le gouvernement doit prioriser les étudiants qui ont déjà fait leur service civique dans la boite, il les recrute directement car ils ont déjà été outillés et il en est de même pour le cas du recrutement des agents auxiliaires on doit recruter d’abord les stagiaires qui sont dans la boite avant de songer aux autres. C’est à mon avis juste une manière de faire leur promotion après avoir travaillé des années durant dans la boite. Maintenant le concours doit s’effectuer entre les autres jeunes diplômés qui n’ont bénéficié ni de service civique ni stage dans l’institution pour laquelle on recrute. En plus de cela l’Etat Nigérien doit donner une autonomie de gestion de ces concours à la Fonction Publique c’est-à-dire l’institution qui accueille ne doit pas s’immiscer dans l’organisation dudit concours. Les gens qui doivent se joindre à l’équipe de la Fonction Publique pour suivre le déroulement du concours pour plus de transparence ne peuvent être que ces derniers : Un inspecteur d’Etat à la Présidence de la République, un agent du Ministère des Finances, un membre de la HALCIA et un agent du Ministère des Finances pour vérification des postes budgétaires attribués dans le cadre dudit concours. En aucun cas il ne doit avoir un membre du Ministère pour le compte duquel on recrute. Ce Ministère a pour rôle de dire ses besoins en matière des ressources humaines et de dire les domaines dans lesquels il prétend les avoir et ensuite de transmettre à la Direction du recrutement de la Fonction Publique la liste des étudiants qui ont fini leur service civique et celle des stagiaires qui sont dans la boite pour leur recrutement directe. Je crois qu’en procédant de cette manière nous pouvons éviter beaucoup de choses car le gros du problème découle du Ministère qui recrute, les fonctionnaires du ministère font tout pour s’accaparer du concours alors qu’il y a une institution qui est habilitée à organiser les concours depuis des années. Mais nous sentons que cette institution est en train de perdre son autonomie de gestion au cours  des dernières années. Et ce que le procureur de la République vient de nous révéler cette semaine est très alarmant.

Maintenant en ce qui concerne la gestion du budget qu’affecte l’Etat aux différents Ministères en dehors du poste de contrôleur financier, les dirigeants de la 7ème République doivent mettre en place dans chaque Ministère un service d’audit et contrôle pour le suivi périodique de ce budget et la composition des membres du bureau doit se faire de la manière suivante : Un auditeur ; un inspecteur d’Etat ; un magasinier pour faire l’inventaire permanent et intermittent du magasin car cela permettra de constater les entrées et les sorties et de faire la différence entre le stock initial et le final.

Pourquoi la création d’un tel service dans un Ministère ? C’est à mon avis pour rendre le contrôle des dépenses publiques plus efficient et efficace mais aussi performant car de fois leur contrôle échappe au contrôleur financier. Ce qui permettra également de veiller non seulement à ce qu’il n’y ait pas de dépassement budgétaire mais aussi d’éviter l’occupation inutile du magasin avec les mêmes produits car la majorité des responsables des crédits de certains Ministères sont des commerçants cachés pour s’enrichir illicitement ils ne font que commander les mêmes articles et auprès du même fournisseur. Donc pour rendre plus fluides et plus transparentes le traitement des dépenses publiques la création d’un tel service s’avère nécessaire.

Niger Inter :            Quelle appréciation faites-vous des actions des autorités de la 7ème dans la lutte contre la corruption ?

Maimounatou Seydou : je ne sais pas si c’est une appréciation que je dois faire à ce niveau  ou bien une observation car selon moi en réalité dans le cadre de la lutte contre la corruption franchement parlant les actions menées par le gouvernement n’ont pas répondu aux attentes des nigériens. Certes ils ont mis en place ces institutions à cet effet à savoir la ligne verte et la HALCIA mais en réalité nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge car malgré leur existence y a beaucoup de choses qui sont passées inaperçues. J’espère que cette fois ci le Président de la République prendra des mesures correctionnelles pour pouvoir pallier à ce phénomène qui gangrène notre économie. Présentement le Président de la République a donné carte blanche à la HALCIA pour pouvoir joué pleinement son rôle. Donc après avoir eu une autonomie de gestion j’espère que nous pouvons attendre d’eux des résultats probants.

Niger Inter :            Vous êtes une jeune femme engagée politiquement, selon vous est-il loisible pour une femme d’émerger en politique au Niger ?

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Maimounatou Seydou : Franchement parlant il n’est pas loisible pour une femme d’émerger dans la politique au Niger car les défis auxquels elles doivent s’attendre sont énormes. Considérée de longue date comme la chasse gardée des hommes, le domaine politique est celui où la femme est tenue à distance depuis trente ans. Jusqu’à une date récente, il n’y a jamais eu plus de trois ministres femmes dans les gouvernements qui se sont succédé et pas plus de cinq députés femmes. Pourtant la nigérienne a toujours été présente sur la scène politique en ce sens qu’elle a adhéré et milité activement au parti de son choix depuis le début de notre processus démocratique.

En 1959, le parti Sawaba alors au pouvoir créa l’Union des Femmes Nigériennes (UFN). Un peu plus tard, le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) voit également des nigériennes s’illustrer en son sein. Dans le cadre de la décennie de la Femme, le Conseil Militaire Suprême (CMS au pouvoir), créa en 1975 l’Association des Femmes du Niger (AFN), chargée de promouvoir et de coordonner des actions en faveur de la femme.

En 1981, il est créé au sein du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, une Direction de la promotion féminine.

En 1987, ce sera le secrétariat d’Etat Chargé des Affaires Sociales et de la Condition Féminine, lui-même érigé en Ministère en 1989.

En 1991, les attributions du Ministère seront élargies pour englober l’aspect Développement Social, Population et Promotion de la Femme.

Le point culminant de l’éveil des femmes nigériennes à la politique fut sans doute la marche historique du 13 mai 1991 qui révéla non seulement la prise de conscience par les femmes de la discrimination qui les frappait, mais aussi de la force qu’elles représentaient. La mobilisation unanime des nigériennes leur avait permis de porter  un à cinq, le nombre de femmes au sein de la Commission Préparatoire à la Conférence Nationale (CPCN) qui comptait 68 membres. Le 13 mai a été officiellement déclarée journée de la femme nigérienne.

Donc malgré l’avènement de la démocratie au Niger et bien que militant activement au sein des partis politiques (actuellement au nombre de 137), les femmes sont encore absentes aux postes-clés des bureaux exécutifs de ces derniers.

Cette attitude n’encourage pas les femmes à être plus ambitieuses et à se valoriser par le travail, de même que cela n’aide pas les hommes à changer de comportement en confiant plus de postes de responsabilité politique ou directionnels aux femmes.

A titre d’exemple, après la Conférence Nationale, un arrondissement avait refusé un sous-préfet, parce qu’elle était une femme !

Toutefois, la percée des femmes est nette au niveau de l’administration dans les ministères comme dans les mairies, les préfectures et sous-préfectures mais beaucoup reste à faire. Bien que l’on note de plus en plus un engouement des femmes dans la politique, il reste encore d’importants efforts à fournir pour que un changement de mentalité en direction des femmes. Si vous regardez la télé aujourd’hui, les émissions consacrées aux débats d’idées, débats politiques, cultures et formations générales de l’opinion publique nigérienne, sont monopolisées par les hommes. Le processus démocratique dans lequel le Niger s’est engagé n’a pour le moment pas eu beaucoup d’effets sur la marginalisation des femmes dans ces émissions. C’est ainsi qu’une émission aussi importante que celle intitulée ‘’Débat à domicile’’ n’a toujours pas accueilli une femme parmi ses invités et ce, malgré les remarques et reproches des téléspectatrices. Tout se passe comme si la télévision, en particulier, continuait à fonctionner avec les mêmes repères, les mêmes approches et la même peur de valoriser les femmes que durant le régime dit d’exception.

Niger Inter :            Après la formation du gouvernement on a entendu les associations féminines se plaindre du non-respect de la loi sur le quota. Quelle est votre opinion sur ce sujet ?

Maimounatou Seydou : Sur ce point je ne veux pas trop m’attarder, s’il arrive aujourd’hui que les associations féminines se plaignent du non-respect de la loi sur le quota lors de la formation du gouvernement, je crois que ces femmes au lieu de se plaindre des gouvernants elles doivent se plaindre de leurs formation politiques car ce sont elles qui ne veulent pas faire la promotion des femmes au sein de leurs partis politiques et ils s’accaparent de tous les postes jugés juteux. D’où la discrimination et la marginalisation dont les femmes sont victimes au sein de leurs formations politiques lors du partage des postes de responsabilité et même au moment de la composition des bureaux politiques car il est rare de voir 4 à 5 femmes dans le présidium des partis politiques c’est soit 1 ou 2 femmes /10 mais pas plus.

Niger Inter :            D’aucuns pensent que la loi sur le quota comme discrimination positive n’a pas sa raison d’être si la femme voudrait bien prendre son destin en mains. Qu’en pensez-vous?

Maimounatou Seydou : Bien que le système de quota ait permis la prise en compte de la gente féminine beaucoup reste à faire et je suis du même avis que les gens qui disent que le système du quota est une forme de discrimination positive à l’endroit de la femme car ça limite les chances de la femme. Prenons un exemple trois (03) femmes se présentent aux élections municipales ou législatives et que chacune d’entre elle peut avoir l’électorat de sa localité et de l’autre côté aussi y a deux (02) hommes qui se présentent dans ces localités mais ce dernier ne pèse pas comme les femmes mais lors du partage on dit qu’il faut forcément qu’on donne la députation ou bien le conseiller à un de ces hommes alors qu’il ne le mérite pas car ses voix ne lui permettent pas d’avoir le poste. En faisant ce partage  l’une de ces femmes  se trouve forcément léser.

Niger Inter :            Quelle est votre opinion de citoyenne nigérienne sur la composition du nouveau gouvernement ?

Maimounatou Seydou : D’aucuns qualifient ce gouvernement de pléthorique d’autres d’inapproprié  mais moi ma vision est toute autre. Je n’ai pas une qualification à donner à ce gouvernement mais j’ai juste des observations à faire. Dans ce gouvernement il y a des gens qui ont fait tous les régimes et d’autres auraient pu songer aux autres membres de leur formation politique. Certaines formations politiques ne font  pas la promotion des jeunes de leur parti ni celle des femmes. A mon avis certains membres de la mouvance ne sont pas différents des responsables de la COPA qui pensent que sans eux personnes ne peut gouverner ce pays. Je demande à ces derniers de se ressaisir et faire à l’avenir la promotion des autres membres de leur formation politique pour ne pas frustrer les autres qui se sentent léser dans le partage des postes. En ce qui concerne mon parti le PNDS Tarayya, mon vœu le plus ardent c’est de voir notre président M. Bazoum Mohamed assurer la relève pour ne pas commettre la même faute que le MNSD qui s’est déstructuré après le président Tandja. Ce serait pour moi un gâchis à ne pas pérenniser les acquis du PNDS qui s’impose désormais comme le plus grand parti politique à l’échelle nationale. Pour ce faire, le président Bazoum doit se libérer des taches gouvernementales en temps utile pour se consacrer au parti. Pour le reste, je pense que la formation du gouvernement incombe de la prérogative du président de la République pour mettre en œuvre son programme de manière efficiente.

Niger Inter :            L’opposition pense que le président Issoufou est mal élu pour son second mandat. Etes-vous de cet avis ?

Maimounatou Seydou : Je ne partage pas leur avis car le Président Issoufou a été élu après un suffrage exprimé valable à travers des élections apaisées, libres et transparentes. Les observateurs ont reconnu valable ce scrutin et de même que les institutions des nations unies et de la CEDEAO et la cour constitutionnelle a rendu son verdict en proclamant le Président Issoufou Président de la République du Niger donc je ne vois pas pourquoi les opposants disent que le Président Issoufou est mal élu pour son second mandat. Ils disent qu’ils ne reconnaissent pas le Président Issoufou comme Président et qu’ils ne reconnaissent pas non plus les institutions issues de la 7ème République. Ce sont des gens qui sont indécis personne ne sait ce qu’ils veulent.  Ils disent quelque chose aujourd’hui demain ils disent le contraire au point où ils ont perdu toute leur crédibilité aux yeux du peuple nigérien qui croyait qu’il y a en face des responsables imbus des valeurs démocratiques. Dommage ! L’opposition à travers la COPA 2016 n’a pas su faire preuve de fairplay après son échec électoral. C’est là toute la différence avec notre leader, le camarade Issoufou Mahamadou qui a toujours pris avec philosophie ses revers électoraux.

Niger Inter :            Durant le récent processus électoral en tant que femme qu’est-ce qui vous a le plus marqué au regard du risque de crise électorale avec l’option de boycott actif de l’opposition COPA ?

Maimounatou Seydou : Ce qui m’a le plus marqué au regard du risque de crise électorale avec l’option de boycott actif de l’opposition COPA c’était surtout les débats houilleux sur les réseaux sociaux, dans les ménages, dans les marchés, dans les services et dans les véhicules des transports en commun. D’aucuns cherchent à se bagarrer d’autres s’insultent de père et de mère et ce qui a le aggravé la situation c’était surtout les messages que l’opposition a véhiculé sur WatsApp pour dire les mesures qu’ils prendront à l’égard des gens qui tenteraient de sortir voter malgré qu’ils ont fini par démentir tout ce qu’ils ont dit comme message. Quand j’ai vu leur manière d’agir je craignais qu’il n’y ait pas de guère civile dans le pays et qu’on demande à ce que le scrutin soit annulé mais par la grâce d’Allah nous avons fini avec des élections transparentes, libres et apaisées.

Niger Inter : Votre adhésion au PNDS est-ce un choix délibéré ?

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Maimounatou Seydou : Je me suis adhérée au PNDS  depuis sa création, en ce temps je n’avais pas encore l’âge de voter. Mais au juste qu’est ce qui m’a poussé à adhérer ce parti ?  Je partageais le même quartier que l’ancien Président fédéral des jeunes de la Région de Niamey le camarade Issa Sido paix à son âme. Un jour on causait à la devanture de leur maison il m’a dit Maîmouna pourquoi tu ne cherches pas a évolué dans  la politique ? Je lui ai demandé automatiquement quel avantage y a-t-il  en faisant la politique ? Il m’a dit que les avantages sont énormes et il a commencé à me citer quelques-uns. Et je lui ai répondu en lui disant partout où il y a des avantages, il y a aussi des inconvénients. Il m’a répondu : ma sœur tu as parfaitement raison. Après je lui ai dit de me donner la définition du sigle de son parti et de me parler de ce dernier, il m’a dit que le PNDS c’est le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme ensuite il a fait la genèse du parti et tellement charismatique, Feu Issa Sido a fini par me convaincre. Je l’accompagnais de temps en temps aux festivités du parti et après avoir convaincu beaucoup des jeunes du quartier nous avons fini par mettre un bureau des jeunes en place. Il est le Président des jeunes dudit bureau et moi la Secrétaire Générale et on faisait presque toutes les activités ensemble jusqu’à ce que d’autres pensaient que j’étais sa sœur de sang et je vous avoue si j’ai vite évolué dans la politique c’est grâce à cet homme car il a fait en sorte que j’ai presque participé dans toutes les activités qu’organisent l’Union Internationale des Jeunesses Socialistes d’où l’occasion pour moi de lui rendre un hommage mérité.

Niger Inter :            Vous êtes la première à créer une association féminine de football. Quel est l’état des lieux du football féminin dans notre pays?

Maimounatou Seydou : Au Niger on ne parle même pas de football féminin car il n’y a même pas des équipes de football digne de ce nom. Avant les équipes de football que je connaissais avec qui on a l’habitude de jouer il y avait l’équipe de Yantalla basée à Niamey et à l’intérieur du pays nous avons celle de Dosso, d’Arlit et de Konni qui ont été mises en place par un jeune allemand du nom de Jérome. Ce dernier a l’habitude de mettre les équipes en compétition et de mettre une coupe à cet effet. Présentement mon équipe dispose de trois (03) coupes. La 1ère on l’a eu lors d’un championnat interscolaire, la 2ème lors d’un championnat organisé par Airtel Niger et la 3ème lors d’un tournoi organisé par ce jeune allemand et par la même circonstance il a profité de doter les équipes en matériels de football. Avec ce même Monsieur nous avons l’habitude de rencontrer les responsables de la fédération de Niamey croyant qu’avec leur appui nous pouvons faire la promotion du football féminin mais hélas ce n’était pas du tout le cas car malgré tous les fonds que la FIFA affecte dans le cadre du football féminin jusqu’à présent le Niger ne dispose pas d’une équipe nationale féminine de football.

Niger Inter :            Est-ce la passion qui vous a amené à vous intéresser au football à ce point quand on sait que le foot est loin d’être le sport favori de la gent féminine au Niger ?

Maimounatou Seydou : Oui c’est la passion qui m’a poussé à m’intéresser au football féminin et en plus de cela la manière dont j’ai vu comment les autres filles des autres pays ont émergé dans le football féminin. Je me suis dit pourquoi pas les filles de mon pays ? Mais hélas quand j’ai fini par comprendre que malgré l’argent que la FIFA débloque dans le cadre du football féminin, notre fédération ne fait pas la promotion de ce dernier,  j’ai fini par jeté l’éponge car ça ne sert à rien de former ces jeunes et en contrepartie qu’on ne puisse même pas organiser un championnat pour ces dernières. Il m’est arrivé d’aborder certains membres de la fédération à plusieurs reprises pour qu’ils créent des équipes féminines dans toutes les régions du Niger et de mettre en place une équipe nationale féminine digne de ce nom qui peut représenter le Niger partout. Ces derniers font semblant de m’écouter mais en réalité ce genre d’initiative ne sonne pas à leur oreille d’autant plus qu’ils savent que les fonds alloués à ce sport sont utilisés à d’autres fins.

Niger Inter :            Quelle est votre meilleure équipe de football ?

Maimounatou Seydou :  Real de Madrid.

Niger Inter :            Citez vos trois meilleurs footballeurs ?

Maimounatou Seydou : Messi, Christian et  Suarez.

Réalisée par Elh. Mahamadou Souleymane et Abdoul Aziz Moussa