Très attendu, le rapport annuel de Reporters Sans Frontières (RSF), sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, a été publié, mercredi 20 avril dernier. « La paranoïa des dirigeants contre les journalistes », tel est le thème général de ce rapport qui met en exergue la « dégradation profonde et préoccupante de la liberté de la presse dans le monde ».

Pour établir son rapport, RSF se base sur des indicateurs comme le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence, les infrastructures et les exactions.

A l’analyse, le rapport 2016 fait état de la dégradation de la liberté de la presse en raison de plusieurs facteurs. « Les raisons du recul de la liberté de la presse sont nombreuses : dérive liberticide des gouvernements, comme en Turquie ou en Egypte, prise de contrôle des médias publics, y compris en Europe, en Pologne par exemple, situations sécuritaires de plus en plus tendues, en Libye et au Burundi, ou carrément catastrophiques, comme au Yémen », indique le rapport,

Pour l’édition 2016 de son rapport, RSF note « l’intensité des assauts des Etats, de certaines idéologies et d’intérêts privés contre la liberté et l’indépendance du journalisme ». Il s’est instauré globalement un climat de peur et de tensions doublé d’une emprise des Etats et des intérêts privés de plus en plus grande dans les rédactions y comprise en Europe au point où l’autocensure a connu quelques heures de gloire. Sur tous les continents, la liberté de la presse a régressé soit parce que les Etats ont suspendu l’accès à Internet, détruit des antennes ou des imprimeries des médias, revu le cadre légal pour réprimer davantage les journalistes soit du fait d’un environnement d’insécurité etc. Fait notable, en termes de progrès en matière de promotion de la liberté de la presse, l’Afrique devance les Amériques, l’Amérique Latine et l’Asie.

 

Un classement en dents de scie pour le Niger

Sur les 180 pays classés, au plan mondial, le Niger occupe la 52è place cette année. En 2015, il était 47è. Il perd ainsi 5 places. Le rapport ne mentionne pas les raisons exactes du recul de notre pays.

On retient cependant que le Niger est 9è en Afrique derrière la Namibie, le Ghana, le Cap Vert, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Botswana, la Mauritanie et les Comores. En Afrique de l’ouest, le Niger est le 4è pays respectueux de la liberté de la presse.

Au plan mondial, le Niger peut se réjouir d’être mieux positionné plus que certains pays connus pour le dynamisme de leur démocratie comme Maurice, le Sénégal, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, le Bénin pour ne citer que ceux-là.

Depuis 6 ans, le Niger connait un classement en dents de scie tantôt en gagnant des places supplémentaires tant en perdant des points soit du fait des pouvoirs publics soit des acteurs des médias ou des deux à la fois.

Ces progrès en demi-teinte démontrent la nécessité de travailler en synergie pour améliorer continuellement l’environnement institutionnel, juridique, économique et professionnel de l’exercice de la liberté de la presse au Niger. Tout le monde y gagne.

Ousmane Keïta