Objectif Faim zéro en 2020, c’est le pari que s’est donné le gouvernement de la 7ème République au cours du second mandat du Président Issoufou Mahamadou. Mais pour atteindre un tel objectif, il faut de la volonté, un changement des habitudes, une administration efficace et une synergie d’actions. C’est en substance, le message qu’a voulu passer le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et de l’Elevage M. Albadé Abouba, lors des visites qu’il a effectuées hier matin dans plusieurs services relevant de son département ministériel ici à Niamey. Cette occasion a été aussi mise à profit par le ministre d’Etat pour s’informer des conditions de travail des agents mais aussi des contraintes qui se posent aux services à la veille de la campagne agropastorale 2016.

De 10 h à 14heures, le ministre d’Etat Albadé Abouba a bravé la canicule pour faire le tour de certains services rattachés. C’est ainsi qu’accompagné des cadres techniques de son ministère, il s’est successivement rendu au Centre national de lutte anti acridienne (CNLA) et à la Direction générale de l’Agriculture sis au quartier Koira Kano. Au CNLA, le ministre d’Etat Albadé Abouba a visité les installations et équipements du centre (magasin de stockage de matériels de traitement et de camping, les véhicules montés d’unités de traitement, l’insectarium, le laboratoire en construction, etc.) avant d’avoir une séance d’échange avec le personnel dudit centre.

Dans sa présentation au cours de cette séance d’échange, le Directeur général du CNLA, M. Moumouni Abou a présenté en plus des missions du centre, la situation actuelle relativement la lutte anti acridienne. Il ressort des explications du DG du CNLA que les conditions actuelles sont défavorables à l’éclosion des essaims de criquets. Cependant précise-t-il, la situation est inquiétante dans certaines zones de grégarisation du criquet pèlerin notamment au Yémen, dans le nord Mauritanie, au Sud Maroc et récemment en Algérie où des attaques ont été signalées sur les palmeraies de Tamanrasset. En termes de contraintes qui se posent au CNLA, M. Moumouni Abou a cité l’insuffisance de la subvention d’équilibre qui ne fait que baisser depuis 3 ans. Réagissant à cette présentation, le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et de l’Elevage a tout d’abord encouragé les agents.

Il leur a aussi demandé de redoubler de vigilance pour minimiser les risques d’invasion acridienne, surtout en cette veille de campagne agricole. «Nous préférons anticiper que d’intervenir après coup» a déclaré M. Albadé Abouba.

A la Direction générale de l’Agriculture, le ministre d’Etat a visité les quatre directions qui composent ce service à savoir la direction de la Modernisation et de la mécanisation agricole, la direction de la vulgarisation et du transfert des technologies, la direction du contrôle et de la certification des semences et la direction de la promotion des filières. Il a aussi visité le laboratoire national de contrôle des semences et le parc automobile. A chaque service, le ministre d’Etat a tenu à écouter les responsables desdits services, avant d’avoir une réunion d’échange avec les responsables et le personnel. M. Albadé Abouba a surtout insisté sur les contraintes qui se posent aux services. A la DGA, ces contraintes ont pour noms l’insuffisance des ressources humaines, le blocage du démarrage du Projet Modernisation et mécanisation de l’Agriculture, l’insuffisance des moyens financiers, l’exigüité des locaux, etc.

Mais certaines contraintes sus évoquées sont en passe de trouver des solutions. En effet, dans son intervention, le ministre d’Etat a annoncé qu’il a réactivé le dossier pour le recrutement de 900 agents pour le compte du ministère. D’autre part, une commande a été déjà lancée pour doter les directions régionales de l’Agriculture en matériel roulant. M. Albadé Abouba a par ailleurs indiqué qu’il verra avec qui de droit en vue d’accélérer le processus pour le démarrage du projet Modernisation et Mécanisation agricole. En outre, le ministre d’Etat a été on ne peu clair relativement à certaines tares comme la bureaucratie, la guéguerre inutile entre services, la rétention de l »information, le non respect de la hiérarchie administrative.

La troisième étape de cette visite a conduit le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture à la Direction générale de la protection des végétaux (DGPV) sise à Gamkalé zone industrielle. Accueillie par le Directeur général de ladite structure M. Moudy Mamane Sani et le personnel, M. Albadé Abouba a visité le parc auto, le garage et les laboratoires de recherche de ladite structure. Comme lors des étapes antérieures, le ministre d’Etat a eu une séance d’échange avec le personnel à qui il a transmis les encouragements du gouvernement. Il ressort de la présentation faite par le DGPV que les principales contraintes de la direction sont l’insuffisance du personnel dont les pilotes pour les avions de traitement aérien, l’insuffisance de pièces détachées pour les avions, le manque d’outils d’atelier qui font que l’atelier de la DGPV n’est pas agréé par l’aviation civile. Il y a aussi le problème de la prise en charge des agents en mission et la lenteur dans la rétrocession des 30% de recettes par le Trésor à la DGPV. Le ministre d’Etat Albadé Abouba s’est ensuite rendu à la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériel agricoles (CAIMA).

Au cours des séances d’échange qu’il a eu au niveau de toutes les structures, le ministre a insisté sur la nécessité d’un synergie d’actions et surtout un changement d’attitudes pour atteindre l’objectif Faim zéro en 2020 que s’est fixé le Président Issoufou Mahamadou à travers le Programme de renaissance II. M. Albadé Abouba a attiré l’attention des agents et des services quant aux efforts plus que supplémentaires que chacun et tous doivent fournir pour atteindre cet objectif fixé par le Chef de l’Etat. «Nous devons en quatre ans, faire ce que nous n’avons pas pu faire en 60 ans. Mais nous en avons les moyens. Notre pays a les ressources en eau ; il a les terres et les ressources humaines de qualité. Il faut maintenant de la volonté et une prise de conscience. Il s’agit de notre survie, ce n’est pas une affaire du Président ou du ministère » a affirmé le ministre d’Etat à toutes étapes de sa visite.

Tirant les conclusions de ces visites, le ministre a indiqué que pour atteindre cet objectif, il faut un réel changement de nos habitudes, une prise de conscience et une synergie d’actions.  »L’objectif Faim zéro en 2020 doit être la préoccupation non seulement du ministère de l’Agriculture mais aussi de l’ensemble des Nigériens » a déclaré M. Albadé Abouba, estimant qu’il faut au préalable revoir toutes les stratégies jusque là expérimentées et qui à certains égards n’ont pas toujours répondu aux attentes. C’est dans ce cadre que le ministre d’Etat dit envisager la tenue des assises qui regrouperont les différents directeurs régionaux de l’agriculture, de l’élevage et du génie rural et les autres services techniques concernés pour «échanger et diagnostiquer tous les problèmes qui minent le secteur de l’agriculture et de l’élevage» au-delà des mesures traditionnelles prises dans le cadre de la campagne agropastorale.

Mais le clou du processus sera, selon le ministre d’Etat, les états généraux de l’agriculture et de l’élevage « pour faire un diagnostic profond des maux qui minent ce secteur et de l’adapter surtout aux objectifs définis par le président de la République en l’occurrence l’atteinte de la Faim zéro d’ici 2020. ». « En termes clairs, cela veut dire qu’en 4 ans, il faut radicalement et fondamentalement transformer notre mode de production, certaines de nos habitudes ou certaines pesanteurs qui ont jusqu’à présent freiné les performances au niveau de ce secteur clé qui représente plus de 40% de notre PIB et qui concerne plus de 80% de notre population» a déclaré le ministre d’Etat Albadé Abouba.

Il s’agit à travers ces réformes de permettre à notre mode de production d’être à l’abri des aléas climatiques et de certaines pesanteurs et permettre à notre pays d’assurer ses propres besoins avant de faire appel aux partenaires pour nous soutenir dans nos nouveaux modes de production. Pour le ministre d’Etat, cet objectif est à notre portée dès lors que nous nous y engagions avec davantage de volonté et de prise de conscience. M. Albadé Abouba a insisté sur la performance, l’orthodoxie financière, les leçons sur les expériences qui n’ont pas marché et surtout la conviction et la volonté de changer les choses.  »Notre problème, ce n’est même pas un problème de moyens, mais c’est dans nos têtes. Il faut que nous ayons la conviction d’aboutir à des résultats. Il faut pour ce faire surmonter certaines pesanteurs et certains obstacles psychologiques, les moyens suivront ensuite. » a-t-il conclu.

Siradji Sanda(onep)
www.lesahel.org