Après la formation du gouvernement, les candidats aux postes lorgnent du côté des Ministères, des établissements publics et parapublics. Il y aura certainement trop de candidats mais peu d’élus. Les militants des partis qui ont échoué à être ministres vont à présent jeter leur dévolu sur les directions générales des établissements publics et parapublics et des postes de responsabilité dans les Ministères.

Ne doit pas être directeur général d’un établissement public ou parapublic ou responsable dans un Ministère qui le veut car la mise en œuvre des politiques publiques sectorielles dépend de la capacité de ces entités à jouer véritablement leur partition. En d’autres termes, le gouvernement ne doit pas nommer des directeurs et des directeurs généraux parce qu’il s’agit tout simplement de partager des postes de responsabilité à des militants des partis de la majorité. Il y a bien lieu de définir un profil et un cahier de charges par poste pour espérer des résultats à la hauteur des défis actuels et des attentes des nigériens. Des individus incompétents ne doivent pas être nommés tout juste parce qu’il s’agit de récompenser des partis de la majorité. C’est cela la politisation de l’administration que beaucoup reprouvent.

La politisation, ce n’est pas lorsqu’un militant de parti, compétent au demeurant, a été choisi pour occuper un poste de responsabilité dans la haute administration de l’Etat ou dans une entreprise publique. La politisation, c’est lorsque quelqu’un, qui n’a pour seul mérite que l’appartenance à un parti au pouvoir, se croit prédestiné à occuper des responsabilités dans les structures de l’Etat.

On sait que le gouvernement a fait et continue à faire l’objet de vives critiques non seulement pour sa pléthore mais surtout pour la présence en son sein de quelques personnes non recommandables. Les autorités de nomination doivent se racheter en portant leur choix sur des personnes qualifiées, intègres, et qui ont à cœur le succès du programme de Renaissance II. Que peut-on espérer  de qualitatif dans les domaines du logement, d’accompagnement du monde rural, d’approvisionnement en hydrocarbures, d’alimentation en électricité, en eau, de gestion rationnelle des mines… pour ne citer que ces exemples lorsqu’il arrive de placer à la tête de ces entreprises des hommes et des femmes incompétents, gloutons  et non méritants ?

Il y a, en définitive, un choix à faire : celui de la culture de résultats ou celui de contre-performances dans la gestion des affaires publiques.

Oumarou Sanda (Le Républicain no 2076)