Mieux vaut bouger sans savoir où aller que de se terrer, dit un adage de chez nous. En d’autres termes, pour attirer l’attention sur soi, il vaut mieux se faire voir, parler même si cela ne sert à rien pour vous. C’est apparemment l’option que les Lumanistes ont choisie en mettant leurs jeunes sur la ligne de front.

En désaccord avec les autres partis de l’opposition notamment ceux de la COPA 2016 qui ont repris leurs places à l’Assemblée nationale, les Lumanistes sont toujours dans la logique de la terre brulée en réaffirmant  leur décision de ne pas reconnaitre les institutions républicaines et démocratiques que le peuple nigérien a élues à l’occasion des scrutins présidentiel et législatif de février et mars derniers.

C’est dans cette logique va t-en-guerre destinée à défier la loi et le choix du peuple nigérien souverain que les jeunes de Lumana ont publié une déclaration, le 22 mai dernier. Le discours est invariablement le même : attaques en règle contre la Cour constitutionnelle, la CENI, la qualité des élections présidentielle et législatives, la justice considérée comme une justice du prince. La justice est dans leur collimateur depuis que leur champion Hama est cité dans la scabreuse affaire des bébés Ibos importés du Nigeria. Est-ce la faute à la justice si ce trafic présumé a été découvert et que les noms de Hama et de sa seconde épouse y ont été cités ? Est-ce de sa faute si Hama a refusé de répondre à la convocation du juge et qu’il a fallu lancer un mandat d’arrêt en exécution duquel il a séjourné quatre mois durant à la prison de Filingué ? Alors trêve de jet de discrédit sur la justice nigérienne.

Comme d’habitude, Lumana réfute le bilan social du président Issoufou en matière d’éducation et de santé. Pourtant, l’un des pourfendeurs du rôle social de l’Etat sinon le plus grand c’est Hama Amadou, le président de Lumana. En effet, Hama Amadou, alors président de l’Assemblée nationale, ne s’est pas gêné un seul instant pour attaquer le gouvernement de Brigi Rafini qui a eu le tort, à ses yeux, d’engager un vaste programme de recrutement de jeunes diplômés pour renforcer les capacités opérationnelles de l’administration publique notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Comme si Hama avait un vieux contentieux à solder avec les jeunes notamment diplômés. En son temps, ce propos, d’une rare impertinence, a trouvé grâce aux yeux des Lumanistes et de leurs relais. Donc, arrêtez ce show mesquin qui n’emballe aucun nigérien.

Il n’y a aujourd’hui que les Lumanistes et leurs amis de certaines organisations de la société civilo-politique pour continuer à se vendre des illusions en laissant croire que les dernières élections n’ont pas été démocratiques et transparentes. Il n’y a qu’eux et eux seuls pour croire que ceux qui projetaient de semer la chienlit et la subversion dans le pays et les dilapideurs des biens publics ne doivent rendre des comptes à personne, pas même à la loi.  Les autres partis de l’opposition ont eux bien compris leurs rôles en reprenant leurs places à l’hémicycle au lieu de vouloir jouer le rôle de contre-pouvoir dans les salles de rédaction et studios des radios et télévisions en ternissant l’image du Niger.

O. Sanda (Le Républicain 2078)