Le concours de recrutement des agents de santé a levé un coin de voile de l’affairisme dont sont coupables des fonctionnaires et autres responsables publics. Ce concours sera repris. Dans la même logique, les recrutements d’agents du Ministère de la jeunesse et des sports et du Conseil économique, social et culturel (Cesoc), prévus au cours du mois d’avril, ont été reportés. Apparemment, le Ministère de la Fonction publique, incriminé pour la mauvaise organisation de ces concours, a voulu reculer pour mieux sauter. A t-il seulement le choix au regard de la valse de réprobations des dirigeants au plus haut niveau et des citoyens mais aussi et surtout de la traque qui est engagée contre les faussaires qui ont pris la mesquine habitude de monnayer les postes de fonctionnaires publics ?

Relativement au concours d’agents de santé, des cadres du Ministère de la Fonction publique méditent actuellement leur sort en prison. Même leur premier chef hiérarchique n’a pas échappé aux mailles des enquêteurs. En effet, le ministre de la Fonction publique, à l’époque des faits, M. Laouali Chaibou, actuellement commissaire à la Cedeao, a été interpellé depuis Abuja. Il a fait le déplacement de Niamey pour y être entendu. Il reste à la disposition de la loi. Les arrêtés portant admission des candidats sont signés de lui.

Ce concours a aussi permis de voir le degré d’inhumanité de certaines personnes mues exclusivement par le gain facile. Des individus qui n’ont pas composé ont été déclarés admis. Des notes minables ont été transformées en forte moyenne. Des candidats qui ont 03/20 se retrouvent, comme par magie, avec 17 ou 18/20, apprend-on, moyennant parcelles ou de grosses sommes d’argent. C’est dire qu’après le travail des correcteurs, d’autres super correcteurs reprennent les notes à leur guise. Ces gens-là doivent être recherchés et punis tout comme ceux-là qui ajoutent les noms des candidats qui n’ont jamais déposé leurs dossiers. De même, les intermédiaires, les corrupteurs et ceux-là qui ont honteusement exercé un trafic d’influence doivent être cités à comparaitre et rendre gorge.

Nul doute que c’est là un crime contre le pays car des individus qui n’ont pas composé ou qui ne disposent pas de profil requis accèdent, sans peine, à un emploi public pendant que les plus méritants continuent à broyer du noir. Soit parce qu’ils n’ont rien déboursé soit parce qu’ils sont issus de familles sans ressources ou sans bras longs. Combien de nos concours ont connu les mêmes pratiques répréhensibles des années durant ? Combien sont-ils ces fonctionnaires recrutés dans de telles conditions hideuses qui « animent » notre administration à leur manière, qui perpétuent ce qu’ils savent faire à savoir le clientélisme, l’affairisme, les passe-droits… ? N’est-ce pas cela qui explique, dans une mesure plutôt relative, les contre-performances de notre administration publique ?

En un mot comme en cent, on doit s’en tenir à la directive donnée par le président de la République, M. Issoufou Mahamadou, qui s’est sûrement senti trahi dans ses convictions et ses idéaux de respect de l’égalité de tous les Nigériens devant la loi et l’emploi public, de justice sociale, de promotion du mérite, de lutte contre la corruption….En effet, le président Issoufou a simplement demandé que les conclusions de l’enquête diligentée soient portées directement devant la justice qui se chargera de sanctionner conformément à la loi.

Enfin, des dispositions pratiques doivent être rigoureusement prises afin que de tels forfaits n’aient plus droit de cité. L’une des dispositions c’est que force doit rester absolument à la loi.

O. Sanda (Le Républicain no 2075)