Deux millions vingt-six mille deux cent cinquante francs (2. 026. 250 f), c’est le coût du hadj 2016 selon Alma Oumarou, ministre du Commerce et de la promotion du secteur privé. Dans une déclaration rendue publique en présence des responsables du Haut-commissariat au Hadj et de la Oumra.

Le ministre Alma Oumarou a mis en garde les responsables des agences hadj et oumra de la nécessité de se conformer à ce tarif. Il a même dit à ceux qui auraient pris plus de vouloir bien rembourser le trop perçu aux futurs pèlerins.

Cette harmonisation du tarif hadj est une première au Niger quand on sait que les Agences Hadj et Oumra avaient auparavant chacune ses prix à la tête du client. L’Etat a décidé de mettre de l’ordre dans ce domaine où chaque année il y a à redire tant on n’arrive pas à organiser le Hadj sans accrocs entre agences et transporteurs ou agences et pèlerins.

Mais côté Agences de voyage Hadj et Oumra la réaction ne s’est fait pas attendre : dans une déclaration les responsables de la corporation Hadj et Oumra avaient rejeté ce tarif qu’ils jugent unilatéral et ne tenant pas compte de toutes leurs prestations. Les responsables des Agences Hadj et Oumra demandent au président de la République d’intervenir pour éviter un précédent fâcheux dans l’organisation du Hadj 2016.

Contacté par nos soins, un responsable d’une agence de Hadj et Oumra voudrait bien faire de leçons de libéralisme à l’endroit du ministre du commerce. Notre interlocuteur estime que le Hadj ne fait pas partie des activités dont les prix doivent être fixés d’avance. Et la même source considère que les Agences n’offrent pas les mêmes prestations aux pèlerins et par conséquent ne doivent pas être logées à la même enseigne.

Un autre chef d’Agence nous confie que l’initiative de fixer le prix du Hadj est hasardeuse en ce sens que c’est le billet d’avion qui coûte cher et selon lui, nul ne peut savoir d’avance à combien s’élèvera le prix du billet.

La question essentielle reste à savoir si justement la pomme de discorde du Hadj au Niger à savoir le transport est bien maitrisée. C’est un domaine de souveraineté et tant que le Niger ne disposera pas de ses propres avions ou du moins des partenaires sûrs, il y aura toujours des ratés dans l’organisation du Hadj. C’est récurrent, le plus souvent l’échec ou le succès du Hadj au Niger dépend du transport.

Quel impact aura ce tarif commun à toutes les agences Hadj et Oumara ? Le ministre Alma Oumarou a rappelé l’obligation pour les agences de rendre public leurs prix. Ne pas le faire serait une infraction à la loi, selon lui. Et en décidant de ce  tarif de 2 026 250 f, l’on avait pensé a priori que les différents partenaires étaient d’accord sur le principe qui est censé ne pas léser les uns et les autres.

Mais présentement il se trouve que ce tarif n’est pas consensuel. Il est même purement et simplement rejeté par les Agences qui constituent un partenaire essentiel dans le processus d’organisation de  ce pilier de l’islam. Le comité chargé d’étudier et proposer ce tarif commun aurait induit le ministre en erreur en ne tenant pas compte des prestations des Agences Hadj et Oumra sur toute la ligne.

Une encadreuse aguerrie dans l’organisation du hadj et la Oumra estime que l’Etat du Niger doit investir dans le domaine du Hadj. A l’en croire,  certains pays disposent non seulement de leurs propres moyens de transport mais aussi des logements pour héberger leurs pèlerins en toute quiétude. Et la doyenne d’ajouter qu’en plus de la question du tarif du Hadj, le ministre du commerce a intérêt à chercher les voies et moyens pour une résolution de la question du Hadj de manière structurelle.

Elh. M. Souleymane