A l’instar des autres pays du monde, le Niger célèbre aujourd’hui, 31 mai 2016, la Journée Mondiale Sans tabac. Le thème choisi cette année pour la célébration de la journée est : « se préparer au conditionnement neutre, standardisé des produits du tabac ». Dans le message qu’il a livré à cette occasion, le ministre de la Santé Publique M. Kalla Moutari a précisé que la lutte contre le tabac est multisectorielle et requiert par conséquent, l’implication et la participation active de tous les citoyens (société civile, forces de défense et de sécurité, les ONG et associations, jeunes, universitaires, commerçants, médias etc.).

Depuis que des liens évidents ont été établis de façon irréfutable entre l’usage du tabac et la survenue de nombreuses maladies débilitantes et mortelles (respiratoires, cardiovasculaires, cancers), la question du tabagisme n’a cessé de faire l’objet d’une attention particulière de la part des autorités politiques et sanitaires de par le monde. Un tel état de fait qui a conduit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec ses Etats membres, à adopter le principe de la célébration de la Journée Mondiale Sans Tabac le 31 mai de chaque année. En effet, la célébration de la Journée Mondiale Sans Tabac, est l’occasion propice de souligner les risques pour la santé liés à la consommation de tabac et de plaider en faveur de politiques efficaces en vue de réduire cette consommation.

Selon le ministre de la Santé Publique, le tabagisme tue presque 6 millions de personnes chaque année, dont plus de 600 000 non-fumeurs qui meurent parce qu’ils ont été exposés au tabagisme passif. Ce fléau tuera plus de 8 millions de personnes chaque année d’ici 2030, si rien n’est fait dans ce domaine. Et plus de 80% de ces décès pourtant évitables, se produiront dans les pays à revenu faible ou intermédiaire comme le Niger. Pour faire face à l’action dévastatrice du tabagisme, les pays membres de l’Organisation Mondiale de la Santé ont négocié et adopté en 2003 la Convention Cadre pour la Lutte Anti-tabac (CCLAT). Ce traité qui est déjà contraignant pour plus de 180 pays au monde dont le Niger, a dit le ministre de la Santé publique, est une véritable réponse à la pandémie du tabac. Il a pour objectif principal de protéger les générations présentes et futures contre les conséquences sanitaires, économiques, sociales et environnementales liées à l’usage du tabac.

Par ailleurs, M. Kalla Moutari a fait remarquer qu’il y a de cela quinze (16) ans que l’écrasante majorité des pays du monde ont signé, ratifié et mis en œuvre la Convention Anti Tabac, ainsi que d’autres textes subséquents (loi, décret, arrêtés). En dépit de la volonté politique de nos dirigeants et l’activisme de la société civile, la mise en œuvre de cette Convention a été mise à rude épreuve par l’industrie du tabac à travers diverses manœuvres telles que la corruption, le renfort de publicité et la promotion du commerce illicite des produits du tabac, a relevé le ministre de la santé Publique. C’est en réaction à ces nouveaux défis imposés par l’industrie du tabac à nos pays que l’opinion internationale a choisi de focaliser la réflexion cette année autour du thème: se préparer au conditionnement neutre, standardisé des produits du tabac.

En outre, le conditionnement neutre désigne les mesures qui limitent ou interdisent l’utilisation de logos, de couleurs, d’images de marque ou de textes promotionnels sur les conditionnements hormis les noms de la marque et du produit imprimés en caractères normaux et dans une couleur standard. Il est une importante mesure en ce sens qu’il permet de réduire la demande qui rend les produits du tabac moins attrayants, freine l’utilisation du conditionnement comme moyen de publicité et de promotion, limite les emballages et étiquetages trompeurs et augmente l’efficacité des mises en garde sanitaires.

Ainsi, la célébration de la présente édition vient fort opportunément rappeler les directives pour l’application des articles 11 et 13 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac qui recommandaient aux parties d’envisager d’adopter le conditionnement neutre. C’est conscientes de la gravité de la pandémie du tabac et de ses conséquences dévastatrices que les autorités nigériennes n’ont pas hésité à signer et ratifier la Convention Cadre pour la Lutte Antitabac d’une part mais aussi et surtout doté notre pays de tout l’arsenal juridique nécessaire à la lutte antitabac (loi, décret, arrêtés) d’autre part. En plus, le ministre de la santé publique a assuré que les autorités de la septième République ne manageront aucun effort pour faciliter l’adoption de la législation relative au conditionnement neutre dans notre pays.

Hassane Daouda (onep)
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