Les leaders de la coalition d’opposition nigérienne sont tombés d’accord sur la nécessité de faire évoluer la Coalition pour l’alternance en 2016, née avant la présidentielle de février. Non sans pression de la part des militants.

La Coalition pour l’alternance 2016 devrait, sinon disparaître, tout au moins changer de forme. « Elle avait été créée pour soutenir un candidat à la présidentielle, puis gouverner en cas de victoire. Elle devrait donc disparaître tôt ou tard », confie un proche de Seini Oumarou, du Mouvement nigérien pour la société du développement (MNSD).

« Il faut regarder l’avenir et certainement l’élargir, à la société civile par exemple », explique Amadou Boubacar Cissé (ABC), de l’UDR Tabbat, qui réfute de son côté l’idée d’une disparition pure et simple de la coalition. « Il faut continuer d’être ensemble pour la défense de la démocratie et des libertés publiques », ajoute l’ancien candidat à la présidentielle.

Celui-ci refuse en revanche d’en dire davantage quant aux contours précis de la future structure. Les contacts entre la Copa 2016 et la société civile sont en tout cas régulier, notamment via le collectif « Résistance citoyenne », qui a appelé à des manifestations pour la défense de la démocratie à plusieurs reprises fin avril et début mai.

« Il faut maintenir la pression »

Depuis le 17 avril et la réintégration de leurs députés au sein de l’Assemblée nationale, les leaders de la coalition, dont Hama Amadou, par téléphone depuis Paris, sont en tout cas d’accord sur la nécessité de faire évoluer leur alliance. Officiellement, Mahamane Ousmane, Amadou Boubacar Cissé, Seini Oumarou et Hama Amadou sont sur la même longueur d’ondes et ont engagé une réflexion.

Le changement est toutefois urgent : depuis plusieurs semaines, des militants, notamment du Moden Fa Lumana, ne cachent pas leur mécontentement face à l’attitude, jugée trop conciliante envers le pouvoir, de leurs chefs. Beaucoup n’ont pas apprécié la fin du boycott de l’Assemblée et certains s’en sont même ouvertement pris à des responsables de la Coalition le 17 avril.

Si Hama Amadou a présenté, en privé et toujours par téléphone, ses excuses aux autres leaders du mouvement, la tension n’est pas tout à fait retombée. « On ne comprend pas qu’Hama ne s’exprime pas clairement et publiquement sur ces questions  pour calmer ses militants », confie-t-on au MNSD. D’autant qu’avec, en point de mire, les élections locales qui devraient se tenir en 2017, les rivalités entre partis risquent inévitablement de resurgir.

« Ce sont des petites rivalités mais tout le monde est d’accord pour continuer la lutte », rétorque ABC. Et de conclure : « Il faut maintenir la pression et trouver un cadre pas uniquement au niveau électoral ».

Mathieu Olivier (Jeuneafrique.com)