La remise officielle du rapport de fin de mission d’élaboration du fichier électoral classique s’est déroulée ce Samedi 14 Mai au cabinet du ministre d’Etat chargé de l’intérieur, de la sécurité publique, de la décentralisation et des affaires religieuses.

Dans son allocution, le Coordonnateur national du fichier électoral biométrique (CFEB), M. Oumarou Mallam a rappelé qu’il y a : « deux ans déjà que le CFEB a été installé officiellement pour sa mission d’élaboration du fichier électoral biométrique, conformément à la loi électorale ». Et de préciser que : « Pour de multiples raisons, toujours conformément à la loi, une nouvelle orientation a été prise, celle d’élaborer un fichier électoral classique pour les échéances électorales de 2016 ».

C’est ainsi que le CFEB avec l’appui de tous les partenaires et avec professionnalisme avait officiellement remis le fichier électoral classique à la Comission électorale indépendante (CENI) le 21 Décembre 2015. Ce fichier compte au total, selon M. Oumarou Mallam 7. 581. 540 électeurs avec 25. 792 bureaux de vote, répartis sur toute l’étendue du territoire national.

Avant d’étaler les recommandations de son comité au ministre d’Etat, Oumarou Mallam a bien voulu ‘’souligner quelques éléments déterminants qui magnifient notre fichier électoral’’. Il s’agit selon le Coordonnateur du CFEB de :

1 Le taux de couverture qui a atteint 90% de la population électorale potentielle ;

2 l’aspect inclusif du processus ;

3 le professionnalisme imprimé au travail où, pour la 1ère fois, des spécialistes ont été recrutés et ont permis de conduire le processus dans les règles de l’art ;

4 le fichier électoral est un produit purement national, parce que réalisé avec ressources (humaines et financières) exclusivement nationales.

Et d’ajouter que : « Le CFEB a régulièrement observé le principe de reddition des comptes aux Autorités et au Conseil National du Fichier électoral (CNF) ».

Avant la remise proprement dite du rapport en question, M. Oumarou Mallam a exposé au ministre d’Etat Bazoum les huits (8) recommandations  du CFEB :

R1. Sur l’encadrement du processus : une nécessaire relecture de la loi électorale s’impose et doit s’accompagner de l’adoption de textes de procédures ;

R2. Sur la représentativité : les acteurs électoraux doivent avoir une représentation crédible et effective sur le terrain ;

R3. Sur le consensus : c’est assurément un maitre-mot dans les décisions électorales au Niger. Il est temps de le repenser, voire l’encadrer par un texte ;

R4. Sur les bonnes pratiques : il s’agit d’entreprendre et perpétuer le benchmarking à chaque occasion et retenir les meilleures pratiques en termes de gestion ;

R5. Sur l’extension du projet : le produit fourni est suffisamment ouvert pour intégrer la biométrie et permettre d’autres applications (état civil par ex) ;

R6. De la protection des données : le sujet est devenu une exigence internationale qu’il est impératif de penser protéger les données à caractère personnel ;

R7. De la capitalisation : il est temps de penser à pérenniser les acquis et mettre fin aux recommencements perpétuels et à l’escalade des dépenses en matière électorale ;

R8. Des prescrits internationaux : il faut veiller à respecter certains principes comme « un électeur, une voix » et celui de l’ »inaltérabilité de la liste électorale ».

Et le Coordonnateur du CFEB de conclure sur ce chapitre recommandations en mettant en évidence  l’impérieuse nécessité des audiences foraines pour délivrer des actes d’état civil aux citoyens car notre registre électoral actuel comporte plus de 15% de témoignage et plus de 61% d’inscrits sur présentation de carnet de famille, a-t-il rappelé.

Après avoir réceptionné le rapport, le ministre d’Etat, M. Bazoum Mohamed a tenu a remercié au nom du gouvernement le CFEB qui a eu le mérite d’honneur cette importante mission à lui confiée. « Votre pays vous est reconnaissant », a dit le ministre d’Etat avant de prendre acte des recommandations du CFEB.

Satisfait du travail abattu par le CFEB, M. Bazoum Mohamed a dit : «  Nous partirons du bon pied pour réaliser un fichier biométrique. Je suis déterminé là-dessus ». Et avec ce rapport du CFEB sur la table qu’il considère comme un « soubassement solide », le ministre d’Etat  a déclaré : « Pour les élections de 2021 le Niger disposera d’un fichier biométrique conforme aux normes internationales ».

EMS