Niamey est sale. Très sale même. Les immondices et autres dépotoirs çà et là à travers la ville ternissent l’image de notre capitale. Les niaméens vivent à leur corps défendant un paradoxe : l’état d’hygiène de la ville qui laisse à désirer et les investissements consentis par les autorités dans le cadre de Niamey « Nyala » ou Niamey la coquette.

L’état de putréfaction très avancé de la capitale conforte cette  interrogation d’un confrère : « A quoi sert le maire central de Niamey ? »  En effet, malgré les efforts colossaux du gouvernement à faire de Niamey une capitale moderne, à l’instar de certains pays de la sous-région, hélas, nous assistons à une sorte de « je m’en fou » de la part des autorités municipales qui semblent avoir démissionnées de leurs missions.

La ville de Niamey est très salle, cela est tout simplement frustrant. Elle l’est davantage, non parce que les habitants font preuve d’incivisme, mais parce que les autorités  des différentes municipalités dorment sous leurs lauriers.

Dans certains quartiers, les caniveaux construits pour laisser passer l’eau de ruissellement sont devenus des fourre-tout ou simplement des dépotoirs.

Triste constat établi par le Premier ministre chef du gouvernement en personne lors d’une tournée dans les différentes communes : «  la ville est très salle ».

Apparemment, les différents maires n’ont rien retenus de la leçon du Premier Ministre. Du moins on ne voit pas venir le changement tant souhaité pour l’amélioration du cadre de vie des populations.

« Les responsabilités sont partagées : d’une part, les riverains qui, par manque de sensibilisation à la base et de civisme préfèrent verser à même le sol ou dans les caniveaux les ordures au lieu des poubelles, installées par les mairies. Et d’autre part, la municipalité indexée car, elle crée une atmosphère de dégout en ce sens qu’elle met assez de temps pour débarrasser les poubelles », nous confie, cet habitant du quartier Talladjé.

En attendant que les autorités communales se ressaisissent, à cette allure, les niaméens doivent prendre leur mal en patience. Et chacun doit revisiter  le code d’hygiène en observant les règles les plus élémentaires, mais aussi faire de la sensibilisation à la base dans un élan citoyen pour préserver ce qui peut l’être.

C’est peut-être pour créer les conditions de rupture avec les mauvaises attitudes de nos maires que les plus hautes autorités de la 7ème ont créé le Ministère de la ville et de la salubrité urbaine. Ce ministère qui doit prendre le taureau par les cornes  pour enfin nous débarrasser de l’incurie des maires de Niamey.

Halilou Nouhou (Le Républicain no 2074)