Le président de la République et le premier ministre viennent de recevoir la star nationale  en Taekwondo, Issoufou Alfaga Abdoul Razak. Une fierté nationale. Niger Inter reprend ici le portrait que lui a dédié notre confrère Oumarou Moussa de l’ONEP.

Le taekwondo nigérien est en train d’écrire en lettres d’or ses plus belles pages dans l’histoire mondiale de cet art martial née en Corée du sud, et qui signifie  »voie du coup de pied et du coup de poing ». En effet, depuis la révélation de ce jeune homme, Issoufou Alfaga Abdoul Razak, les couleurs nationales du Niger et l’hymne national de notre pays ne cessent de marquer les salles des grandes compétitions internationales de taekwondo à travers le monde entier.
De ses premiers pas sur le tatami en 2001, Abdoul Razak ne garde qu’un vague souvenir sur le nom de son club du quartier Jangorzo où ses frères et lui, grâce à un cousin taekwondoiste, avaient eu un contact initial avec cet art. La malencontreuse blessure de ce cousin au cours d’un combat, et son décès quelques semaines plus tard, avaient poussé le père de Abdoul Razak à interdire la pratique du Taekwondo à ses enfants. Trois ans se sont écoulés depuis ce tragique événement, et Abdoul Razak s’est retrouvé au Togo. Comme il était sur la frontière entre le Togo et le Bénin, il s’inscrit dans un club béninois et s’engage dans le championnat local. La même année, il remporte la médaille d’or et, par amour pour sa patrie le Niger, il décline une offre de sélection dans l’équipe nationale de taekwondo du Bénin.
De retour au pays en 2009, Issoufou Alfaga Abdoul Razak intègre le club  »CHO » sis dans l’enceinte de la Samaria Lacouroussou de Niamey. Il débute alors une carrière des plus prometteuses. Plusieurs fois champion national du Niger, Issoufou Alfaga Abdoul Razak accumule les trophées et les distinctions.  »J’ai tout gagné au Niger au point où la fédération de taekwondo m’a conseillé, en mars 2015, de ne plus participer aux compétitions nationales, pour me consacrer uniquement aux tournois internationaux », confie-t-il.
L’ascension de Issoufou Alfaga Abdoul Razak a continué ainsi au niveau international. En décembre 2011, il participe, pour la première fois, à Ouagadougou au Burkina Faso, à son premier tournoi international organisé par l’ONATEL. Il rentre à Niamey avec la médaille d’argent. En juin 2012, il participe à la coupe du monde francophone de Taekwondo à Abidjan en Côte d’ivoire et remporte la médaille d’argent.
En 2013, il dispute à Lagos, au Nigeria, avec l’équipe nationale du Niger, la coupe de l’ambassadeur de Corée et termine 2ème de ce tournoi. La même année, il participe à l’Open d’Abuja et remporte la médaille d’or de sa catégorie. En 2014, à l’occasion du Championnat d’Afrique de Taekwondo à Tunis, Issoufou Alfaga Abdoul Razak se classe 2ème et s’adjuge la médaille d’argent. Au mois de novembre de la même année, il participe à Dakar à la coupe du monde francophone où il remporte la médaille d’or. A cette occasion, il a été désigné  »meilleur combattant du tournoi ». En janvier 2015, il s’envole pour les Etats Unis d’Amérique où il participe à l’US Open de Floride. A cette occasion, il livre six combats contre 2 américains, 1 Polynésien, 1 Brésilien,
1 Canadien et 1 Anglais. Il remporte ces six combats en infligeant un KO à l’un des deux américains, avant de battre en finale son adversaire anglais. Il gagne donc une prestigieuse médaille d’or qui vaut véritablement son pesant d’or. Au championnat du monde qu’il dispute en mai 2015 en Russie, Issoufou Alfaga AbdoulRazak perd en 16ème de finale.
Mais quelques jours, après il participe à l’Open d’Autriche et prend sa revanche en remportant la médaille d’or du tournoi. En août de la même année 2015, il retourne en Russie pour participer au Grand Prix, une compétition qui réunit les 32 meilleurs taekwondoistes du monde. Il perd lors de son premier combat contre un Azerbaïdjanais.
Aux jeux africains de Brazzaville du mois de septembre dernier, Abdoul Razak surclasse ses adversaires et remporte la médaille d’or, la seule de la délégation du Niger. Au passage, il inflige de cinglantes défaites au vice-champion du monde en titre et au vice-champion olympique en titre. Au mois de novembre 2015, il participe à l’Open de Croatie et s’illustre de nouveau. Il remporte la médaille d’argent en s’inclinant en finale face à un Iranien (après une égalité au nombre de points). Enfin, dans le cadre des phases qualificatives aux Jeux Olympiques de Rio 2016 qui se sont déroulées du 4 au 6 février dernier à Agadir au Maroc, Issoufou Alfaga Abdoul Razak décroche son ticket en remportant la médaille d’argent, et après avoir battu le Malien, double champion du monde de la catégorie des +87 kg, et l’Ivoirien, vice-champion du monde de la même catégorie.
Agé de 21 ans, ce colosse haut de ses 2m07, est très optimiste pour les Jeux Olympiques de Rio.  » Je sens une deuxième médaille olympique pour le Niger à Rio parce que c’est mon objectif et j’ai l’expérience », dit-il avec conviction. Pensionnaire du Taekwondo Competence Center (TCC) à côté de Munich en Allemagne, Abdoul Razak s’entraine trois fois par semaine et ne vit que pour cet art martial, objet de sa passion.  »Je ne fais rien d’autre que le Taekwondo, parce que le sport de haut niveau est inconciliable avec une autre activité. Il faut toujours penser à ce que l’on fait et Dieu fera le reste », ajoute-t-il.
Ceinture noire 2ème dan, Issoufou Alfaga Abdoul Razak occupe actuellement le 15ème rang au classement mondial de Taekwondo, et le 2ème en Afrique. Malgré son immense talent et ses monumentales prouesses au plan mondial, Abdoul Razak est resté un garçon très modeste, disponible, serviable et respectueux. Cette semaine encore, il vient d’embarquer pour Antalia en Turquie où il participera, du 18 au 20 février au Championnat d’Europe des clubs. Une compétition qui lui permettra de glaner des points supplémentaires pour le classement final aux prochains Jeux Olympiques de Rio où il sera incontestablement le porte étendard de la délégation du Niger.

Oumarou Moussa(onep)

Photo Moctar Le Panafricain