La 1ère Session extraordinaire de l’Assemblée Nationale au titre de l’année 2016 a ouvert ses travaux hier matin sous la présidence de SEM Ousseini Tinni. Etaient présents à la cérémonie le Premier ministre, Chef du Gouvernement SEM Brigi Rafini ; les Présidents des Institutions de la République, les membres du Gouvernement et du Corps diplomatique ainsi que plusieurs autres personnalités invitées. La cérémonie a été marquée par l’allocution d’ouverture prononcée par le Président Ousseini Tinni dont nous publions l’intégralité.

«Mesdames et Messieurs,
Par la grâce de Dieu, le Tout Puissant, Maître du temps et des circonstances, à peine partis, nous voici revenus dans l’hémicycle pour entamer de nouvelles assises, repoussant ainsi notre légitime rendez-vous avec les citoyens de base. Il en est ainsi car il y a un appel du devoir auquel il faut répondre. En effet, il faut le souligner, d’impérieuses nécessités président à la convocation de cette toute première session extraordinaire au titre de la présente année.

Il s’agit, notamment, de procéder à la première rectification de la loi de finances 2016, d’examiner trois lois de Règlement et surtout d’adopter la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre. Pour ce qui concerne la loi de finances 2016, il s’agit d’en faire l’adaptation nous permettant de conduire le programme de renaissance avec des moyens financiers appropriés.

Dans ce cadre, comme vous le savez, Mesdames et Messieurs, aux variables climatiques et aux pesanteurs démographiques qui ont toujours fortement impacté le taux de croissance de notre économie s’ajoute, ces dernières années, la problématique sécuritaire dont la solution conditionne l’existence même de l’État. C’est dans ce contexte contraignant et particulier qu’il faut analyser les prévisions et les réalisations budgétaires et surtout leur besoin d’amélioration par la mobilisation encore plus conséquente des ressources internes.

Au regard de la situation actuelle de notre pays, face aux défis de toutes sortes qui nous assaillent, devant l’instabilité de notre environnement et de notre voisinage immédiat, nous n’avons nulle alternative que de repenser tous les paradigmes de notre vécu économique, social et culturel.

Notre salut ne viendra pas uniquement du sol, ni du sous-sol, il ne pourra venir que de nous-mêmes, de ces Nigériens des villes et des campagnes qui, animés d’une farouche volonté, s’organisent pour vaincre l’adversité d’un climat incertain et les caprices du marché international.

A l’instar des nouveaux pays émergents, notre capacité de résilience et d’innovation représente, à mon avis, la réponse structurelle qui nous permettra de maîtriser notre destin.assemblee-2 A cet égard, je voudrais inviter tous les pouvoirs publics à prôner, en toute circonstance, les principes de bonne gouvernance et surtout à donner à ces principes un contenu plus précis, plus opérationnel.
Il faudra, avant tout, renforcer l’État de droit et développer les capacités nationales d’une gestion plus efficace du développement. En un mot, en faisant respecter la loi et l’ordre, il nous faudra utiliser rationnellement les ressources publiques grâce notamment à une affectation judicieuse des crédits budgétaires.

Dans cet ordre d’idée, Je voudrais rappeler aux animateurs de l’administration publique qu’il est grand temps que la Gestion axée sur les résultats quitte les thématiques des séminaires et ateliers pour devenir le principe cardinal de la gestion de nos services publics. Elle pourrait être un des outils les plus efficaces pour accompagner le programme de renouveau sur lequel nous comptons tous pour transformer radicalement ce pays.

Cette transformation que nous appelons de tous de nos vœux devra être une œuvre collective pour laquelle, en dépit de nos différences, nous regardons dans la même direction, vers un lieu ailleurs de la politique politicienne, ailleurs du corporatisme étroit, ailleurs du sectarisme, bref un lieu de convergence où se situe l’intérêt général, j’allais dire l’intérêt national. Je voudrais convier chaque Nigérien à chercher et à retrouver ce lieu où, ensemble nous nous accepterons mieux pour réussir mieux.
A cet égard, il faut se réjouir qu’à l’Assemblée nationale, les députés, en dépit de la diversité de leurs familles politiques, ont compris qu’il y a des situations pour lesquels il n’y a ni majorité, ni opposition, mais l’intérêt collectif. C’est pourquoi, pour l’essentiel des lois structurantes, le vote se fait à l’unanimité. Cette attitude des députés doit avoir des vertus pédagogiques et inspirer tous nos compatriotes.
Chers collègues députés, s’agissant de ces deux semaines de session, je sais pouvoir compter sur votre esprit de responsabilité et de sacrifice afin que tous les points retenus à l’ordre du jour de cette session extraordinaire soient examinés dans les meilleures conditions possibles.

Distingués invités, chers collègues, en espérant que le jeûne du mois de ramadan, qui va bientôt commencer, nous apporte piété et sérénité au niveau individuel, bénédiction et paix pour notre pays, je déclare ouverte la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2016.

Vive la République,
Vive le Niger,
Je vous remercie.

Onep
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